Scolarisation des enfants handicapés:Les lois peinent à s’appliquer
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Mardi 25 Juin 2019
Journal Electronique

Il existe des textes législatifs et réglementaires qui organisent la scolarisation des enfants et adolescents handicapés mais l’application peine à suivre. Interrogé à ce sujet, Mme Bendaraa, membre de l’association de l’enfant autiste de la wilaya d’Alger, est revenue longuement sur les obstacles rencontrés par les enfants et leurs parents.

 «L’accès à l’école pour les enfants en situation de handicap est un long parcours du combattant. Lors de la construction des établissements scolaires et l’élaboration des programmes, la question des enfants handicapés n’est pas prise en compte», regrette-t-elle. Toutefois, ces dernières années, les choses commencent à changer.  Des centaines d’enfants rejoignent les bancs de l’école. «Trois modes sont mis en place. Il y a les classes intégrées, créées dans des établissements de l’éducation nationale et gérées par un personnel spécialisé. des enfants handicapés sont intégrés dans des classes normales et d’autres suivent le programme scolaire, tout en étant accompagnés par des auxiliaires de vie», explique t-elle. L’autre problème est lié au diagnostic. Avant la scolarisation, l’enfant doit être examiné pour identifier son handicap avant de l’orienter vers l’un des modèles qui lui convient. «Le manque de spécialistes compétents freine la démarche des parents. Nous proposons des équipes pluridisciplinaires, qui regroupent des pédopsychiatres, des psychologues… Elles existent dans les établissements psychiatriques Frantz-Fanon et Drid-Hocine. Pour des diagnostics justes et exacts, nous appelons à la formation de ce genre de groupes», suggère Mme Bendaraa. Selon elle, ce manque est cruel surtout dans les régions du Sud. Au Nord, des formations sont dispensées aux intervenants dans le domaine.

Qu’en est-il de la loi ?

Pour notre interlocutrice, «les textes consacrant l’insertion scolaire des enfants handicapés existent mais ne sont pas suivis d’application». «La législation algérienne garantit le droit des enfants handicapés à la scolarisation. La loi de 2008 comporte, entre autres, des dispositions sur l’intégration des handicapés dans le système éducatif national, protège ces enfants et préserve leurs droits», relève-t-elle. Le problème, déplore -t-elle, «réside dans la non-application des textes». «Cette frange vulnérable a le droit constitutionnel à l’insertion dans le système éducatif national. Ce n’est pas de la charité. Certains parents ne sont pas conscients de cet état de fait. Ils sont malmenés entre les services des ministères de la Solidarité et de l’Éducation», affirme-t-elle, s’attardant sur la gravité de la situation dans les régions reculées. Mme Bendaraa invitent les DAS et DE à s’impliquer et à prendre en compte les doléances des parents. «Les parents d’élèves handicapés se sentent délaissés et désorientés», soupire t-elle. Enfin, elle insiste sur «la nécessité d’intégrer l’enfant handicapé dans le système scolaire, à travers, notamment, l’accompagnement adéquat, la formation des éducateurs spécialisés et la mise en place de stratégies d’adaptation didactiques et pédagogiques». «Cette catégorie de la société souffre de la marginalisation, de l’exclusion voire de la discrimination. Les choses s’améliorent certes mais beaucoup reste à faire», conclut-elle. La présidente de la Fédération nationale des parents d’élèves confie avoir abordé la situation de ces enfants avec la ministre de l’Education nationale. «Nous enregistrons les préoccupations des parents. Notre objectif est également d’assister ces enfants et leurs parents. Nous constatons une amélioration. Les programmes et établissements scolaires doivent être adaptés à ces enfants. Des éducateurs spécialisés doivent encadrer ces élèves dans leur environnement scolaire», dit-elle. «Les parents ont un devoir envers leurs enfants. Certains tabous ont la peau dure. Les parents ne déclarent pas leurs enfants en situation de handicap. Ils pensent que c’est une fatalité», regrette Mme Khiar .  

Karima Dehiles

 

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Prise en charge des trisomiques: Plus de 800 enfants sont scolarisés

Plus de 800 enfants trisomiques ont rejoint les classes intégrées ouvertes par le ministère de l’Éducation nationale, selon le vice-président l’Association nationale pour l’insertion scolaire et professionnelle des trisomiques (ANIT). Omar Hellal fait savoir que plus de 89 classes ont été ouvertes à l’échelle nationale. L’ouverture de ces classes se fait selon la demande des établissements et les besoins de chaque région. Pour notre interlocuteur, «la prise en charge des enfants trisomiques a connu une amélioration». L’association continue de militer toutefois pour insérer tous les enfants dans des écoles intégrées. «À la veille de la rentrée scolaire, beaucoup de parents se rendent au siège de l’association pour demander de l’aide», confie Hellal. Ce dernier explique que les enfants trisomiques sont appelés aussi «enfants lents» car le développement physique, moteur et psychique est plus lent. «Ils peuvent apprendre à lire et écrire comme les autres», soutient-il. Rassemblés en petites classes de 8 à12 élèves, ils sont suivis pendant toute la scolarité par des éducateurs qui ont bénéficié d’une formation spécialisée. L’Association leur offre une enfance «normale» en leur permettant de se socialiser et de s’épanouir comme les autres. « l faut savoir que ces enfants ont un grand potentiel d’apprentissage. S’ils grandissent dans un environnement épanoui, ils peuvent être utiles à la société et être créatifs comme les autres enfants», souligne t-il. La concrétisation de tous les programmes nécessite néanmoins plus de moyens financiers et d’encadreurs pour permettre aux       trisomiques de suivre un parcours scolaire «ordinaire». Le responsable a ensuite déploré l’absence des statistiques officielles sur le nombre d’enfants atteints de trisomie 2. Le vice-président de l’ANIT est revenu sur les difficultés que rencontre l’association, notamment pour retenir les orthophonistes et les éducatrices en poste, alors que leurs salaires ne dépassent pas le SMIG. «Le départ massif d’encadreurs qui souvent travaillent un ou deux mois avant de s’en aller pour 5.000 DA de plus, a perturbé le processus d’apprentissage des enfants», a-t-il regretté. Hellal a mis l’accent sur la sensibilisation des parents ayant des enfants trisomiques. Ils doivent se rapprocher des bureaux de l’ANIT pour inscrire leurs enfants aux programmes de l’association avant l’âge de scolarisation. «Beaucoup de parents ignorent l’existence de l’association malgré notre présence sur les réseaux sociaux et une le site internet : http://anitalgérie.org», a-t-il ajouté. Il a enfin lancé un appel aux autorités pour qu’elles s’impliquent dans l’intégration sociale des trisomiques par la mise en place de structures adaptées à leurs besoins et leur admission dans les structures sportives ou relevant de la formation professionnelle pour ceux qui ont 18 ans. Selon lui, «l’objectif est de promouvoir toute démarche susceptible de faire de l’insertion scolaire et socio-professionnelle des trisomiques une réalité».

Samira Belabed

 

Abdelyamine Lebsari (directeur de l’éducation et de l’enseignement spécialisés au ministère de la Solidarité nationale):«La scolarisation est un droit»

 

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Entretien réalisé par Karima Dehiles

Le droit à la scolarisation des enfants en situation de handicap est protégé par la loi…

Le droit à la scolarisation des enfants en situation de handicap est consacré par la Constitution (articles 54, 59, 119 et 126) et la loi 02-09 du 8 mai 2002 relative à la protection et la promotion de la personne handicapée. L’Algérie a également ratifié des conventions internationales notamment celle de 2009 relative aux droits des personnes handicapées. Celle-ci est entrée en vigueur le 1er Août 2009 après son adoption par l’ONU. L’État a consacré un grand budget à notre département pour répondre aux besoins de cette frange de la société (10 milliards de dinars en 2018). La prise en charge est globale et concerne l’aspect social, l’accompagnement familial, la restauration, l’hébergement, le transport, l’encadrement, la scolarité...

 

Quels sont les différents modes de scolarité ?

Il en existe plusieurs. Il y a des classes spéciales dans les établissements scolaires, des enfants qui intègrent le milieu ordinaire de l’éducation. Nous avons aussi la prise en charge dont la scolarité dans des centres spécialisées. A cet effet, le ministère de la Solidarité nationale, en collaboration avec celui de l’Education, a élaboré un programme scolaire adapté à ces enfants. Des experts des deux départements ont mis en place des moyens pédagogiques et éducatifs qui aident les enfants à assimiler et à acquérir des connaissances. L’intégration des enfants handicapés dans le système éducatif   ordinaire a été appliquée au début des années 1990, notamment le handicap sensoriel (cécité et surdité). En 2014, en application de la convention de 2009, nous avons également adapté le programme scolaire aux déficients mentaux (légers). Nous en sommes à la quatrième année primaire. Pour les scolarisés en milieu ordinaire, un accompagnement et un suivi sur d’autres aspects leur sont consacrés. Des orthophonistes, psychologues et des auxiliaires de vie sont chargés de cette tâche.

 

Pour une meilleure orientation, le volet «diagnostic» est important…

Effectivement. C’est la première démarche. Aujourd’hui, les enfants naissent dans un milieu hospitalier. Le pédiatre décèle dès la naissance certains handicaps, tels que la trisomie 21, les déficiences psychomotrices, la cécité… Toutefois, certains handicaps ne paraissent pas tôt et sont compliqués et difficiles à identifier, à l’instar de l’autisme. Actuellement, on parle «des autismes». Des méthodes multiples sont suivies. A ce propos, le ministère de la Santé a installé un comité intersectoriel qui se penche sur ce sujet. Des recherches et des méthodes apparaissent chaque jour et un travail permanent se fait. Dans nos établissements psychopédagogiques, 134 espaces sont dédiés à ces enfants. Ils y trouvent un encadrement spécialisé et les moyens nécessaires pour leur prise en charge. A ce stade, la prise en charge se fait au niveau des structures de santé. Nos établissements prennent ces enfants à partir de l’âge de 3 ans. Des commissions     pluridisciplinaires interministérielles (psychologue, pédagogue, orthophoniste, pédiatre…) font des tests et des examens pour diagnostiquer le genre de déficience et les capacités de l’enfant. Par la suite, des recommandations sur l’orientation sont émises.

 

La prise en charge précoce facilite la capacité d’acquisition des enfants. Y a-t-il des améliorations dans ce sens ?

Notre plan d’action se base sur la prise en charge précoce. Son objectif est de préparer l’enfant à la scolarité et la socialisation. Ce dernier point est primordial dans l’évolution durant la petite enfance. Il s’agit également d’apprendre à être autonome et de stimuler leurs aptitudes à réaliser des choses et à s’intéresser à d’autres. 1.616 déficients mentaux, 784 sourds, 64 handicapés moteurs et 64 non voyants ont été inscrits l’année dernière. Pour 2018, les inscriptions sont toujours en cours. En octobre, les listes seront finalisées. Mais selon les premiers chiffres, le nombre sera sûrement plus important.

 

Qu’en est-il de la formation de personnels spécialisés ?

La formation est l’un des facteurs pour la réussite de notre politique de solidarité. Nous disposons de 300 centres, répartis sur les wilayas. A ce propos, des cycles sont organisés conjointement avec les ministères de l’Education et de la Santé. Des journées thématiques animées par des experts sont également programmées le long de l’année pour mettre à jour nos connaissances et s’imprégner des nouvelles méthodes en la matière.

La ressource humaine reste un élément essentiel pour l’efficacité de notre travail. Les professionnels spécialisés sont constamment en stage de performance.  

 

Les structures d’accueil sont-elles suffisantes ?

Nos établissements prennent en charge les enfants sur tous les plans. On compte 238 centres qui sont régis par le décret 12-05 du 4 janvier 2012 portant statut-type de l’établissement spécialisé. Il faut également savoir qu’il existe deux sortes de structures. Celles de l’enseignement et celles de l’éducation. Ces établissements sont répartis à travers le pays selon la demande.

 Un dernier mot…

La politique suivie par notre département commence à porter ses fruits. Des personnes en situation de handicap mènent une vie normale. Elles étudient et travaillent. C’est le cas de la lycéenne classée parmi les premiers lauréats au baccalauréat session 2018. Cela nous encourage à faire davantage d’ efforts.

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

Conseil de la nation

Le Conseil de la nation poursuit, ses travaux en séance plénière consacrée à la présentation et au débat du projet de loi relatif aux règles générales de l’aviation civile ainsi qu’aux réponses du ministre des Travaux publics et des Transports aux questions des sénateurs.

 

 Protection civile
Dans le cadre du Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (P3A), la Direction générale de la Protection civile organise, le 24 juin  à 8h30 au niveau de l’Unité nationale d’instruction et d’intervention de Dar El Beïda (Alger), un séminaire de clôture de ce jumelage institutionnel en présence des directeurs généraux de la Protection civile algérien, français et espagnol.

 HCLA
Le Haut-Conseil de la langue arabe organisera, les 26 et 27 juin à 9h à la Bibliothèque nationale d’El Hamma (Alger), une rencontre nationale autour de «la citoyenneté linguistique et son rôle dans le vivre-ensemble entre les langues nationales en Algérie», et le 1er et 2 juillet de 9h à 13h au siège du HCLA, la dernière session de formation pour cette saison au profit des journalistes.

Forum d’El Moudjahid
A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la drogue, célébrée chaque 26 juin, le forum d’El Moudjahid recevra, le 25juin  à 10h, le Pr Mustapha Khiati, président de la Forem.

Musée du moudjahid    
Le Musée national du moudjahid organisera, le 27 juin à 10h à la kasma de Gué-de-Constantine (Alger), simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, la 374e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

 

 Institut français d’Oran

L’Institut français d’Oran organise chaque samedi, jusqu’au 27 juillet, des ateliers de slam.  

Vente-dédicace
Les éditions Média Index organisent, le 22 juin  à 14h, à la librairie «La Renaissance» de Riadh El Feth, à Alger, et le 29 juin à la librairie Chihab, à Constantine, une vente-dédicace avec l’auteur Abdelmadjid Sana, de son ouvrage «Les Cris de douleur des profondeurs du Rhumel».

 Salon des équipements des sports nautiques et la gestion des plages
Le 1er Salon des équipements des sports nautiques et la gestion des plages aura lieu du 25 au 29 juin de 10h à18h au port d’El Djamila la Madrague (Alger).

 Institut français d’Oran
L’Institut français d’Oran organise chaque samedi jusqu’au 27 juillet des ateliers de slam.

Editions Média Index
Les Editions Média Index organiseront le 29 juin à la librairie Chihab de Constantine, une vente-dédicace avec Abdelmadjid Sana de son ouvrage «Les cris de douleur des profondeurs du Rhumel».

 ONCI
Dans le cadre de son action de soutien aux jeunes talents, l’ONCI et la maison Hafsa Couture  organiseront, le 29 juin à 15h30 à la salle Atlas (Alger), un concours de jeunes stylistes et mannequins.

Théâtre de verdure d’Alger
Le Théâtre de verdure d’Alger accueillera, le 27 juin à 20h30 pour la première fois en Algérie, le concert du célèbre chanteur français Kendji Girac.

CNMA
La Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA) organise, le 29 juin à 8h30, à l’hôtel El Aurassi, Alger, la rencontre nationale avec les conseils interprofessionnels des différentes filières agricoles.

 

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