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A quelques encablures des élections présidentielles prévues pour le 12 décembre prochain, le FLN traverse une situation inédite. Pour ne pas rester en marge de ce processus électoral, il doit se positionner dans moins d’un mois concernant ce scrutin. La mise en prison du secrétaire général du parti a accentué sa crise notamment après que Mohamed Djemaï a décidé de placer son intérimaire avant de se soumettre à la justice.

Selon le sénateur FLN, Fouad Sebouta, l’actuel bureau politique n’a aucune base juridique. « Le BP aurait du s’autodissoudre juste après la mise en détention provisoire du SG du parti », a-t-il souligné. En outre, Sebouta reproche à Djemaï d’avoir délégué indument ses pouvoirs à Ali Seddiki. Selon lui un tel scénario n’est envisageable que dans deux situations : en cas de maladie du SG ou d’un déplacement.

En attendant, il demande au membre le plus âgé du comité central (CC), en l’occurrence Mustapha Boumehdi, de convoquer cette instance suprême en vue de prendre une position définitive concernant les élections présidentielles. Cette réunion doit intervenir dans moins d’un mois. « Nous sommes contraints de trancher rapidement car le processus électoral est lancé.  Nous sommes dans une situation de hors jeu. Ce bureau politique n’a aucun droit de prendre des décisions », a-t-il précisé. La solution réside donc, selon lui, dans la démission de Djemaï et son remplacement par Boumehdi qui convoquera dans moins de quinze jours le CC pour élire un nouveau SG. « Nous sommes majoritaires au sein du CC à opter pour cette solution. Le bureau politique est responsable devant le SG mais pas devant le comité central. D’ici le 10 octobre nous devons nous réunir pour convoquer le CC », a-t-il ajouté.

Une option que Boumehdi ne rejette pas. Contacté par nos soins, il se dit pour l’application des statuts du parti. « D’ici trois jours on comprendra mieux les motifs de l’incarcération de Djemaï. Le CC doit se réunir pour soit élire un nouveau SG ou designer un groupe de cadres pour gérer le parti durant la période électorale », a-t-il soutenu, assurant que le FLN qui produisait par le passé les présidents de la République est toujours debout avec ses structures.

« Le comité central doit assumer ses responsabilités. Il renferme plus de 600 militants. Il ne peut pas être écarté. On a toléré notre marginalisation durant le dialogue pour l’intérêt du pays, mais on compte peser de tout notre poids pour que le FLN demeure une force politique non négligeable », ajoute-t-il.

Mais pour le sénateur Abdelouahab Benzaim, le FLN fait face à une « guerre de leadership ». Il a rappelé que Boumehdi réclame son droit de diriger le parti en tant que membre le plus âgé du comité central et refuse de coopérer avec l’actuel bureau politique. Sentence : « Le FLN d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. Pour preuve il a été décrié par le mouvement populaire qui l’a éloigné même du dialogue national ». Devant cet état de fait, il a estimé  plus judicieux de laisser les militants choisir individuellement leur candidat. Et pour cause, « le soutien du FLN pour une candidature peut lui nuire au lieu de la servir », met-il en garde.

Karima Alloun Kordjani