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Le président de la commission politique de l’Instance nationale de médiation et de dialogue, Ammar Belhimer, a annoncé dimanche, lors de son passage au forum du journal El Moudjahid la fin de la mission du panel.

D’après lui, ce travail a été mené «difficilement» dans un contexte «particulier» dans un exercice d’écoute de 27 partis politiques et de près de 6.000 associations et personnalités politiques. Il a résumé les conclusions de ces consultations à trois conditionnalités, «politique, institutionnelle et juridique». Elles regroupent «les garanties requises pour la tenue de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais, le maintien du chef de l’Etat à son poste jusqu’à l’avènement d’un nouveau Président élu, la démission du gouvernement Bedoui, la non-consultation des partis de l’ex-alliance présidentielle, les mesures d’apaisement politique et social, l’amendement partiel du code électoral et la désignation d’une instance chargée de la préparation et de l’organisation et de contrôle de l’élection pour assurer la totale neutralité de l’administration.

Selon lui, cette médiation a révélé quatre obstacles principaux, à savoir le vide constitutionnel, le désert institutionnel, l’instabilité juridique et le mépris de la règle de droit. D’où l’importance «d’instaurer un nouveau paradigme constitutionnel économique et politique, afin d’absorber le déficit démocratique qui nous sépare de l’Etat de droit». Belhimer a parlé, par ailleurs, d’une «satisfaction morale» tant qu’il a été question de servir le pays qui vit des moments de forte turbulence politique et géopolitique. Dans ce contexte, il a évoqué «une prévalence de ramifications externes dans la crise algérienne qui remettent au goût du jour les concepts de transition et de constituante». Les partisans de ces options ne veulent pas laisser le peuple choisir parce qu’ils ont «peur de son verdict», a-t-il soutenu. L’invité du forum d’El Moudjahid a certifié que la mission du panel a été menée à bien, car il a pris en charge toutes les initiatives politiques proposées sur la scène nationale. Analysant la situation actuelle, il a estimé que «le pays ne souffre pas de problème politique, mais de leadership». «Nous sommes dans une guerre de slogans et non de programmes», a-t-il observé à propos de l’évolution du hirak. Sentence : «  L’élection présidentielle se tiendra à la mi-décembre et avec des candidatures crédibles, fortes et charismatiques, et le peuple votera en masse». Toutefois, ces prévisions ne seront, à ses yeux, une réalité qu’à la condition qu’il y ait la garantie d’un scrutin propre et intègre avec des candidatures crédibles et charismatiques.

Interrogé sur la composition de l’Autorité nationale indépendante des élections, il a indiqué qu’il était évident que l’Autorité sera le reflet de la qualité d’encadrement des associations socioprofessionnelles qui seront sollicitées. Invité à se prononcer sur la désignation de l’ancien ministre de la Justice Mohamed Charfi à la tête de cette Instance, il a affirmé que dans le monde de droit, il est reconnu pour son intégrité, soulignant qu’il a été proposé par Karim Younès dans le cadre des consultations qu’il a menées à ce propos.

Karima Alloun Kordjani