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Karim Younes coordinateur de l’instance nationale de médiation et de dialogue est intervenu, Dimanche , à l’ouverture d’une rencontre avec des représentants du hirak des wilayas de l’est pour dire que, « nul ne peut empêcher le peuple de choisir la voix du dialogue, car il y va de l’intérêt du pays ». À l’adresse de ceux qui refusent justement cette option, il adoptera un ton ferme et tranchant : « celui qui veut rester dans cette ambiance électrique est libre. Seulement, il ne peut pas empêcher les autres de choisir la voix du dialogue civilisé. Celui qui veut bruler le pays, qu’il en soit responsable tout seul.

Qu’il ne nous entraine pas avec lui. Nous ne voulons pas mettre le pays à feu. Nous voulons dépasser cette crise dont les retombées peuvent êtres très fâcheuses »a-t-il alerté. Par ailleurs, il a affirmé en marge de cette rencontre que l’instance essaye d’imaginer les solutions les plus à même de ramener de l’ordre dans le pays. « Nous ne sommes pas les portes paroles ni de la population ni du mouvement révolutionnaire qui bat le pavé tout les jours. Nous sommes seulement un groupe d’homme et de femme qui s’interposent en tant qu’interface entre l’autorité du pays et les masses algériennes. Nous parlons au nom de notre raison qui nous pousse à penser que le dialogue est la meilleure voie pour trouver des solutions à la crise qui sévit actuellement dans le pays. Si on ne trouve pas des solutions, le pays peut aller vers des lendemains incertains faisant craindre le pire ». Karim Younes a illustré ses propos en rappelant que lors de l’installation du conseil consultatif de l’instance, il avait demandé à ce que les jeunes soient accordés à investir la salle. Bien plus, à leur sortie, il a demandé à la police de ne pas procéder à des arrestations quelques soit la véhémence de leurs. « On ne peut pas bâillonner la voix du peuple. La presse était présente quand j’ai dit aux services de la sureté nationale gare aux arrestations. D’ailleurs, je l’ai remercie puisque aucun des jeunes n’a été arrêté » a-t-il rassuré.

Des jeunes insistent sur le départ du gouvernement

Lors de cette rencontre initiée par la commission de la jeunesse, des femmes et de la société civile de l’instance, des représentants de cinq wilayas de l’est ont tenté de transmettre leurs revendications qu’ils ont défendus depuis le 22 février, date du déclenchement de la révolution populaire. Le jeune Alaa Eddine Bourezk de Tébessa a exigé avant d’aller à la conférence nationale du dialogue de mettre fin à la polémique suscitée par l’actuel gouvernement. D’après lui, « le gouvernement de la issaba doit partir, il faut également mettre en place une commission indépendante d’organisation des élections pour tenir à scrutin présidentiel qui ne souffre d’aucune défaillance. Ishak a plaidé également pour la dissolution du FLN, pour que le parti soit un patrimoine national à mettre au musée. Il s’est attaqué par ailleurs aux organisations estudiantines ayant fait allégeance au cinquième mandat. Soumia Chreyet de la même wilaya a estimé que le dialogue est un outil de démocratie avant qu’il ne soit un recours pour résoudre la crise. Elle a rappelé que le hirak revendique un Etat civil loin de toute ingérence étrangère. D’après Soumia, il faudrait mettre à profit les différences pour que le dialogue soit une réussite. Le jeune Chekhab Ramzi de Khenchla a affirmé pour sa part que celui qui a engendré la crise ne peut pas être une partie de la solution. Bilal Meghelri de Guelma a insisté à répondre à Karim Younes en disant « que les jeunes ne sont pas là pour bruler le pays, mais pour contribuer à apaiser les âmes en vue d’engager la voie du dialogue, seule issue devant épargner au pays la faillite. Hadda Hezam animatrice de cette réunion a déclaré que les jeunes sont libres de s’exprimer, car ce sont « l’avenir du pays et ceux qui vont construire l’Algérie de demain ». Elle a rappelé que les présents avaient tous refusé le dialogue au début, mais ils ont finis par revoir leur position. Expliquant que l’instance a pour seul tache de collecter leur proposition pour en faire des lois et des textes à soumettre à la conférence nationale de dialogue. « Toutes les guerres ont été résolues sur la table du dialogue. Et dieu merci, nous ne sommes pas dans une guerre » a-t-elle fait remarquer.  

L’instance se déplacera à d’autres wilayas

Fatiha Benabbou membre de la commission juridique du panel a fait savoir pour sa part que la prochaine étape consisterait à aller à la rencontre de l’Algérie profonde. Les membres de l’instance devraient se déplacer dans différentes wilayas du pays pour écouter les doléances politiques des citoyens, sans distinction aucune, a-t-elle expliqué. « Nous n’avons pas une plateforme préétablie. Nous partons sur une page blanche »a-t-elle précisé. Interrogé sur « les kachiristes » ayant intégré le conseil consultatif de l’instance, Benabbou s’est contenté de dire qu’elle ne fait pas dans la chasse aux sorcières, car elle ne connait pas l’ensemble des membres de cette commission. D’après elle, le panel ne peut pas exclure celui qui n’a pas été condamné par la justice. Benabbou a indiqué toutefois que certaines corrections peuvent être apportées, mais dans le cadre d’une décision qui peut être prise collectivement. Par ailleurs, elle a expliqué qu’elle a favorisé la voie des élections car, selon elle «  le vote est indépassable ». Peut-on aller justement à ces élections dans ces conditions ? Elle a affirmé que l’instance veillera à ce qu’il y est un climat démocratique le jour « j », tout en soulignant que l’installation de l’autorité d’organisation des élections constitue une garantie non négligeable, puisque elle exclue complètement l’administration du processus électoral. « Je ne fait pas dans l’angélisme politique. Le citoyen doit s’impliquer pour défendre ses voix » a-t-elle rétorqué. Invité à expliquer cette charte d’éthique que les candidats à la présidentielle doivent signer, elle a indiqué que le futur président de la république doit s’engager dans cette charte à refaire la constitution du pays et il ne peut pas se rétracter une fois élu.

Karima Alloun Kordjani