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La confédération des syndicats algériens (CSA) s'est réunie jeudi dernier au siège du syndicat national des praticiens de la santé publique afin d'évaluer la situation et préparer la rentrée sociale qu'elle juge d'emblée difficile et complexe, selon les propos de son porte parole Liés Merabet. Contacté, le coordinateur adresse un tableau noir de la situation actuelle dans laquelle intervient la rentrée sociale soulignant que la grogne sociale s'accentue de plus en plus. Il a fait savoir que lors de cette rencontre, les différents syndicats constituant la composante de la CSA et représentant sept secteurs d'activité (santé, éducation, agriculture, transport, formation professionnelle, poste et affaires religieuse) ont décidé de lancer des consultations auprès de leurs bases respectives afin de peaufiner un plan d'action qui sera mis en exécution au nom de la Confédération. " D'ici la fin septembre nous devons mettre en place un plan d'action lequel doit être validé par les le conseil national de chaque syndicat qui fait partie de la confédération", a t-il expliqué. Peut-on s'attendre à des grèves? Dr Merabet n'a pas écarté cette option soulignant que la décision reviendra à la base ouvrière. " La situation est explosive sur le plan social ", a t-il avancé indiquant que les secteurs d'activité sont en souffrance, notamment économique dont la production a connu une baisse vertigineuse influant ainsi sur la situation des entreprises mais aussi sur les conditions de vie des travailleurs.   Il a précisé que la CSA reviendra à la charge quant aux dossiers socioprofessionnels qui restent bloqués citant entre autre le droit à la liberté syndicale, l'amélioration du pouvoir d'achat des Algériens, la révision du code du travail. Il va sans dire également que le dossier de la retraite est toujours d'actualité. La CSA exigera la révision de la loi de telle manière à revenir à la retraite promotionnelle qui est un acquis pour les travailleurs, a t-il précisé. Le dossier de la santé sera également remis sur table. Merabet a précisé que la CSA campe sur ses positions et rejette de négocier avec le gouvernement actuel qu'elle qualifie " d'illégitime". D'après lui il revient à l'administration centrale et locale de gérer les affaires courantes. S'agissant de la loi des finances 2020, le porte-parole de la confédération a estimé" qu'il ne faut pas trop s'attendre à des changements ou a des mesures à même d'améliorer le pouvoir d'achat des algériens d'autant que la situation financière du pays est en mauvaise phase". Il a fait observer, cependant, que le gouvernement actuel affiche une contradiction dans sa gestion. « d'un côté la situation financière du pays est en crise mais de l'autre côté des décisions ont été prises pour valoriser la prime de scolarité a 3000da , d'accorder des crédits bonifiés aux jeunes..." a t'il ajouté. Sur les présidentielles, la CSA affiche son souhait d'y aller " mais avec des conditions négociées ". " les élections présidentielles ne sont qu' une étape. Le plus important est de lancer des réformes structurelles »a t-il ajouté. À la question de savoir la position de la confédération par rapport à l'instance de Karim Younes Merabet a déclaré que la CSA n'est pas en concurrence avec cette instance mais plutôt elle salue tout initiative qui va dans le sens de trouver une solution de sortie de crise" a t-il souligné tout en informant que la CSA qui elle aussi s'inscrit dans ce processus de médiation et de dialogue compte organiser une deuxième réunion avec la société civile à la mi-septembre.