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En plus de la hausse des prix des légumes et le déficit en matière de pain et de lait, comme rapporté par des associations des consommateurs, ces derniers se plaignent aussi des perturbations dans la distribution de l’eau et de l’électricité durant les deux jours de la fête de l’aïd el Adha. «Nous avons enregistré, le premier jour de l’aïd, des coupures fréquentes d’eau sur le territoire national. Mais surtout au niveau de la capitale où plusieurs communes étaient privées d’eau alors que nous savons tous que, ce jour là, nous avons besoin de ce liquide précieux plus qu’à un autre moment», rapporte-le directeur exécutif de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), Mohamed Toumi, déplorant que des familles n’ont pas pu s’adonner au sacrifice du mouton dans de bonnes conditions. Le représentant de la FAC assure que l’association s’est rapprochée du SEAAL ainsi que de Sonelgaz pour s’enquérir des raisons de ces coupures mais sans résultats. «Ils ne nous ont donnés aucune explication», souligne-t-il. Le transport également semble avoir posé un problème, surtout le premier jour de la fête religieuse. Selon Toumi, le transport était disponible mais pas suffisamment. Chose que le représentant de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Abdelkader Bouchrit, déplore également. «Nous avons surtout constaté un déficit en matière de transport urbain. Le transport urbain public a assuré une permanence mais il ne répondait pas, à lui seul, à la demande. Il est nécessaire de réquisitionner les transporteurs urbains privés et les soumettre au même système de permanence que les commerçants», estime-t-il. A propos des commerçants, il a remarqué que, ceux qui n’étaient pas concernés par la permanence, ont prolongé jusqu’après l’aïd la fermeture de leurs commerces, les restaurateurs surtout. «Nous avons constaté déjà, qu’en dépit du manque de lait, il n’ya pas eu pénurie. Les consommateurs ont pris leurs dispositions auparavant pour se doter, à l’avance, de tout ce dont ils auront besoin. Nous nous réjouissons d’ailleurs que le consommateur, même s’il a pris ses devants, n’est plus animé, comme auparavant, par la frénésie des achats», observe-t-il. Toumi a déploré que des commerçants ne respectent pas le décret exécutif de 2013 qui les oblige à reprendre leurs activités après les deux jours de la fête de l’aïd. Mais d’après Bouchrit, la plupart des commerçants ignorent l’existence de ce décret. Pour ce qui est des restaurateurs, d’après lui, si la plupart sont fermés, c’est en raison du manque de la main d’œuvre qui habite généralement à l’extérieur des grandes viles et qui prend son temps pour célébrer, en famille, les fêtes religieuses. C’est aussi le cas des agriculteurs, indique le directeur exécutif de la FAC. «Les marchés de gros, concernés par la permanence, ont ouvert mais pour rien, car il n’y avait pas de marchandises. Si les marchés de gros sont soumis au système de permanence, ce n’est pas le cas des agriculteurs», dit-il, estimant qu’une logistique de chambres froides et de stockage est nécessaire pour combler le manque de disponibilité durant les périodes des fêtes. Les fruits et légumes, cela dit, de même que les produites alimentaires de large consommation, étaient disponibles en quantités suffisantes jusqu’à la veille de l’aïd, assure Bouchrit. «Mais il est vrai que les prix des légumes ont augmenté de 20 à 30%. La courgette et la carotte notamment, très demandées, ont passé de 50 DA à plus de 100 DA. Pour ce qui est des fruits, seul le prix de la banane a connu une hausse, de 250 Da et 300 DA/kilo», fait-il savoir. Il soutient, toutefois, que les choses commencent à revenir à la normal en matière de prix comme en matière de transport et de réouverture des commerces.

Farida Belkhiri