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Commando Ali Khodja –Souvenirs d’un combattant – de Hocine Aït idir
Mercredi 18 Juillet 2018
Journal Electronique

« Les souvenirs d’un combattant » de Hocine Aït idir se situent hors de toute écriture savante. L’auteur les déroule comme témoignages des moments forts de sa vie militante, souvent avec des imprécisions ou des raccourcis, qui font de son texte définitivement un texte de mémoire.

Par Mohamed Bouhamidi

C’est bien son ultime intérêt.

Mais ce n’est pas le seul. A peine adolescent Hocine Aït idir frôle par les marges l’action militante. Il se sent attiré par la grande insurrection qui met le feu à la colère de notre peuple presque par simple déterminisme social. Il est fils de pauvre, accablé directement par la condition coloniale, en butte aux brimades et à la persécution d’une garde-champêtre dès sa petite enfance, survivant beaucoup par la grâce de la solidarité d’une contre-société des pauvres obligés à la solidarité, nourri aux rêves d’une surcompensation adlérienne, pouvait-il échapper au chant d’une guerre de libération qui portait en elle une promesse de justice ?

Il entrera dans cette lutte par les marges : les amitiés du quartier, les actions spontanées, le vol d’une arme, les hasards du voisinage qui le mettront en contact avec l’organisation, ici, en ville à Alger, dans ce quartier si pauvre et si emblématique de Z’ghara ou au maquis.

Si l’écriture n’est pas savante, la lecture peut l’être au plus haut point. D’une part, et à l’insu de l’auteur, nous voyons dans la première partie du livre, comment une révolution qu’un BenM’hidi a jetée dans la rue a été reprise par le peuple par une infinité de canaux, de chemins, de rencontres, de hasards. Un peu comme un vague entraîne dans un même mouvement des millions de gouttelettes et de bulles d’air.

Ce n’est pas la seule lecture savante, que de détecter dans ce simple récit que la logique incontrôlable de notre guerre de libération tenait justement à cette espèce de métaphysique de la volonté nationale. Quand Hocine Aït Idir restitue sa mémoire de la bleuite, du soupçon généralisé envers les citadins montés au maquis, des frères de combat torturés ou tués injustement, des dissensions des « mouchaouichines » de la Wilaya I, de ces moments de fractures qui auraient dû briser la révolution, le lecteur se demandent : mais comment l’ALN a tenu ? L’auteur ne pose même pas cette question. Il répond par les marges d’où il est entré dans le combat, c’était la lutte de tout un peuple dont on peut se demander aujourd’hui, quelle métaphysique, quelle volonté métahistorique il a mis dans sa lutte.

Le lecteur le sent dès les premières exaltations de Hocine au maquis. Il a fallu l’intervention d’un officier pour qu’un responsable local avoue qu’il avait en stock les vêtements et les souliers dont avait besoin Hocine. Déjà, une sorte de goût pour le pouvoir sur les autres s’installait dans les rouages administratifs. Hocine en retiendra, au contact avec le commando Khodja que les véritables moudjahidines était les djounoud. Entendez ces hommes qui formaient l’élite militaire et dont il découvrait le haut sens de la bravoure, du sacrifice, du désintérêt. Bref, une élite morale et politique portaient le fardeau de la compétition avec les parachutistes dans l’art du combat parce qu’ils portaient ces valeurs morales.

Cette mémoire par le bas de la hiérarchie politique et militaire ne nous fournit pas les clés d’une histoire par le bas, si difficile à restituer. Elle nous ouvre par contre accès à une parole par le bas. Celle qui ne laisse pas les grandes questions politiques et stratégiques estomper les détails des petites questions qui font le quotidien des hommes qui se battent. Elles s’appellent ces questions de détail, la faim prolongée, le froid, la peur, l’exaltation au combat, la fatigue, les marches harassantes, les traumatismes moraux, la lassitude…

Le moment le plus critique, nous le sentons, restera le drame de la bleuite. Nous sentons chez Hocine Aït Idir comme chez Abdelmadjid Azzi, la profonde blessure que l’ALN ait pu contenir en son sein l’horreur d’officiers tortionnaires qui avaient pris goût à la torture. Cette honte d’une pathologie difficile à reconnaître car il est encore plus difficile de comprendre et dire que la bleuite est un crime dans la guerre, un crime du déshonneur d’une armée coloniale qui, au fond n’avait vécu que de cela, depuis 1830.

Il aurait fallu que cette métahistoire et cette métaphysique de notre lutte de libération se soit armé d’une philosophie pour que le réquisitoire contre le colonialisme ne soit pas seulement de la douleur mais d’abord aussi du droit.

Cette écriture de la mémoire non académique peut être l’occasion de cette lecture savante à l’écoute d’un contenu latent si proche du manifeste. Car ici, le manifeste est une interrogation humble d’un acte historique qui a mené Hocine et les membres célèbres ou anonymes du Commando Khodja à être plus haut et plus grands qu’eux-mêmes.

M.B      

 

 

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Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, effectuera, jeudi, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj.

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Sous le haut patronage du Haut-Conseil islamique et avec la collaboration de l’association Saafi, spécialisée dans la finance islamique, un colloque international sera organisé les 24 et 25 novembre au palais de la culture, à Alger, sur le thème  «L’assurance takâfoul et son rôle dans le développement économique global».

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