Imprimer

Des moyens financiers supplémentaires favorisent un meilleur rendement dans la prise en charge des autistes et autres catégories de malades.

Les sujets concernés fréquentent les locaux de l’association «Waha» chaque jour de 8h 30 jusqu’à 15 h. «Un tel volume horaire dispensé à une centaine de malades nécessite autant d’engagement que de moyens», reléve la présidente de l’association, Mme Badia Boufama. Implantée dans une école (rétrocédée) située à l’avenue de Roumanie, au chef-lieu de Constantine, l’association Wafa continue de servir ses patients autistes. Leur suivi nécessite des moyens financiers et un staff psychopédagogique approprié. «La prise en charge des autistes interpelle pouvoirs publics, parents et mécènes, pour disposer des conditions nécessaires aptes à améliorer le quotidien de cette catégorie de malades. Ce n’est pas facile d’assister une centaine d’autistes avec des moyens dérisoires». Elle ne baisse pas les bras. Mme Badia Boufama lutte, depuis 2004, date de création de ladite association, pour garantir aux sujets malades un examen adéquat. Seule la DAS a octroyé à Wafa une enveloppe de 3 millions de dinars en 2019, après trois années sans apport. La CNAS y concourt parfois. En revanche, les deux assemblées, de wilaya et communale (APW et APC), demeurent aux abonnés absents. «Depuis 2010, aucune n’aide ne nous est parvenue des deux assemblées. D’ailleurs, devant ce gel on ne leur présente aucune situation financière en amont à un probable appui financier», a révélé notre interlocutrice, saluant le rôle des parents des enfants qui malgré leur situation peu confortable mettent la main à la poche. «Notre souci actuel est de doter le centre d’un bus pour le transport des élèves qui souffrent au quotidien ainsi que leurs parents», espère la présidente. L’association enrôle une trentaine de personnes entre orthophoniste, psychologues et éducateur.

80 autistes suivis quotidiennement
«Tous employés à contrat déterminés. Ils sont rémunérés par l’association et bénéficient d’une couverture sociale», a-t-elle ajouté. Délocalisée en novembre 2016 dans un établissement scolaire, cédé par la direction de l’action sociale en contrepartie d’une prise en charge de deux listes d’attentes des deux centres étatiques Daksi I et II, wafa se charge actuellement de 140 enfants parmi lesquels 80 autistes et 21 trisomiques. Tandis que 40 déficits intellectuels, âgés de plus de dix-huit ans, qui ont quitté les établissements étatiques (âge requis l’oblige), suivent des cours d’apprentissage en diverses spécialités. «Des ateliers informatiques en informatique, pâtisserie, jardinage, cuisine… leur sont proposés pour entrevoir par la suite une éventuelle insertion professionnelle», a indiqué Mme Boufama.
Les fruits de la prise en charge ont permis une scolarisation de quatre autistes pour l’année 2019/2020. «On a inscrit quatre enfants à l’âge normal dans des établissements scolaires. Ils fréquentent en parallèle notre centre pour bénéficier du régime nécessaire», dira-t-elle à Horizons. En 2016, l’assocaition a obtenu un agrément pour la création de son centre psychopédagogue au même endroit -c’est à dire à l’école Brahim Bensihamdi-, et ce, conformément au décret 350/08 stipulant que la gestion des associations est régie par un agrément délivré par le ministère de la Solidarité. Elle détient un projet à moyen terme, celui de fusionner avec une quinzaine d’autres associations du genre établies en diverses régions du pays pour aspirer à une méthode commune dans la prise en charge des handicapés mentaux et la gestion des centres. «Cela nous permettra d’échanger nos expériences, unifier les programmes d’apprentissage et méthode de prise en charge, former le personnel et nous entraider financièrement», a révélé la présidente. Et de renchérir : «Le dossier a été ficelé et déposé le 4 novembre passé. Nous attendons l’agrément pour entamer notre œuvre.»
 Nasser Hannachi