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Le poids du cartable, souvent trop lourd, nuit à la santé des élèves. L’Association nationale des parents d’élèves a tiré la sonnette d’alarme. Pour son président, les enfants se plaignent, non sans raison. Un avis tranché que ne partagent les enseignants.

Khaled Ahmed affirme que l’ association a établi un rapport alarmant au sujet du poids des cartables des écoliers en 2010 et invité alors le ministère de l’éducation de prendre des dispositions adéquates pour régler ce problème . « Nous avons mis l’accent sur les maladies que peut générer un cartable trop lourd pour les frêles épaules de nos enfants », a-t-il rappelé. « La scoliose a touché, hélas, pas moins de 4.000 écoliers selon un sondage mais le phénomène n’a pas cessé, bien que des efforts et des réformes aient été menés par les autorités compétentes », a-t-il déploré. Selon lui, Benghabrit, ex ministre de l’Education nationale a allégé le poids du cartable. « Les élèves se rendent chaque jour   à l’école munis de deux livres au lieu de cinq. Le cartable est de fait moins encombrant mais reste toutefois lourd à cause des fournitures scolaires », a-t-il renchéri. Khaled Ahmed s’interroge sur les raisons qui poussent les enseignants à exiger des   élèves des cahiers de 288 ou de 400 pages. « Réellement, ils n’ont besoin que de cahiers de 96 pages pour les cours d’un trimestre », lance notre interlocuteur. Pourquoi encombrer les gosses du cycle primaire et moyen avec trop d’affaires ? », S’emporte un parent d’élève.  Plusieurs journées de sensibilisation ont été menés au profit des enseignants mais nombreux, se désole enfin Khaled Ahmed qui plaide vivement pour la « révision à la baisse de la liste des fournitures scolaires afin d’ alléger le poids des cartables ».

Pour Abdelwahad Zougar, porte-parole de l’Union Nationale des Personnels de l’Education et de la Formation (UNPEF), les réformes introduites dans le programme scolaire ont eu pour effet d’augmenter le volume des fournitures. « Le nouveau programme scolaire comporte beaucoup de livres », a-t-il fait remarquer. Selon le syndicaliste, il faut prévoir un programme qui tient compte des capacités physiques et morales des écoliers .Pour une parente d’élève rencontrée près d’une école primaire à la rue de la Liberté, à Alger-centre, le cartable est de plus en plus lourd. « Ma fille en troisième année emporter beaucoup d’affaires et rentre épuisée. Même avec un cartable à roulette, elle ne s’en sort pas  », confie t-elle sur un ton de dépit. La mère en appelle à la compréhension et la compassion des enseignants pour réduire la liste des fournitures. « Ma fille doit prendre deux à trois cahiers, un pour chaque matière. Il est pourtant possible de se contenter d’un seul qu’on peut partager en plusieurs parties », a-t-elle ajouté. Fahima abonde dans le sens de sa mère. « Je dois le trainer. Les jours pluvieux, je porte le cartable sur mon dos pour pas mouiller mes affaires », raconte t elle. Selon la mère ,   Fahima s’est déjà plaint d’un mal de dos. « Je l’accompagne alors pour se rendre à l’école et je l’attends à la sortie pour l’aider à porter son cartable », soupire la dame. Une enseignante, dans la même école, rapporte que la liste des fournitures scolaires établie par le ministère de l’éducation a allégé le poids du cartable. «. Il faut s’y conforme  », s’exclame t-elle déplorant que beaucoup d’enseignants continuent à garder leurs vieilles habitudes.

Walid Souahi