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Le nombre des femmes âgées divorcées qui séjournent dans nos centres, reste infime mais il est de notre devoir et de notre obligation de mette en place des mécanismes afin de circonscrire ce phénomène et de le réduire à un bas taux.

Cette déclaration émanant de la ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme, reflète une réalité qui a fait son apparition dans notre société. Il s’agit du divorce de la personne âgée. La ministre intervenant jeudi 4 Juillet ,à l’ouverture de la journée d’étude relative à la situation psychique, sociale et économique de la femme âgée divorcée a reconnait que sur « les 65 000 cas de divorce prononcé en 2018 soit 19 % du taux de mariage, des cas de divorce chez les vieux est enregistré il est même devenu ordinaire » a soutenue Ghania Eddalia.

Lors de cette rencontre organisée au niveau du Centre national des études, de l’information et des archives de la famille, de la femme et de l’enfant d’Alger, la ministre a affirmé qu’au 33 centres relevant de son secteur implantés dans 26 wilayas « des femmes âgées divorcées sont comptabilisées parmi les pensionnaires et notre rôle est de les aider à retrouver le foyer conjugal ou d’aller avec ces enfants dont certains refusent de recevoir leur mère une fois divorcée » a-t-elle déplorée. Selon elle « le nombre de femmes sans attache familiale est de 736 sur les 1645 enregistrées jusqu’à mars 2019 dans nos centres soit un taux de 44,77 % ». L’autre soutient est d’ordre moral car « l’état de la divorcée est très sensible et elle reste blessée dans son amour propre » a précisé la ministre. A cela « s’ajoute l’aide financière forfaitaire accordée aux personnes âgées et dont le nombre des bénéficiaires a atteint durant l’année écoulée, 315 145 dont 171 958 femme âgée soit 84 % ».

Lors d’un point de presse animée en marge de cette rencontre, Ghania Eddalia a déplorée « la méconnaissance des mesures pour bénéficier du Fonds de la pension alimentaire pour la femme divorcée exerçant le droit de garde des enfants ». Pour l’heure « seulement 5000 femmes et enfants disposent de ce Fonds. Pour remédier à cette situation « des campagnes de sensibilisation et d’information notamment dans les zones éparses sont programmées » avoue la ministre. Rappelant « pour se rapprocher davantage des personnes ciblée, les cellules de proximités sont impliquées ».

Cette journée d’étude a permis à l’imam, membre de la Commission des fatwas au ministère des Affaires religieuses et des wakfs, Saïd Djenan, de souligner que « l’apparition de cas de femmes âgées divorcées est la résultante de l’incompréhension de la religion ». Car « l’islam à gratifié la femme et Dieu a consacré des sourates aux noms de Meriem, Nour et a dicté les actes et le respect envers les femmes en cas de divorce » a-t-il soutenu. Pour Djenan « c’est une grande injustice que de mettre dehors une épouse ayant tout donné durant toute une vie ». L’intervenant a déploré les cas de divorce dont « l’arbitraire qui touche particulièrement la femme âgée ».

Pour sa part, l’universitaire Samia Benkouia a relevé que « le législateur algérien a consacré les droit de la femme et lui a assuré une protection juridique et constitutionnelle depuis la Constitution au Code de la famille ». Toutefois, « en dépit de cet arsenal juridique, l’application fait cruellement défaut » a-t-elle mentionnée. Ce professeur à l’université de Droit d’Alger 1, a saisie cette occasion et a appelé au renforcement des textes de loi pour « protéger davantage la femme divorcée notamment celle âgée et n’ayant pas d’enfants ».

                                                                                         Souhila. H