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Environ une personne âgée sur six a été victime de maltraitance dans son environnement en 2018, a annoncé l'ONU, indiquant que cette proportion risque de s’accroître compte tenu du vieillissement rapide de la population dans de nombreux pays.

"Nous devons tous être plus attentifs et signaler les cas présumés de maltraitance des personnes âgées", a exhorté l'experte indépendante sur la jouissance de tous les droits fondamentaux des personnes âgées, Rosa Kornfeld-Matte, citée dans un communiqué de l'ONU à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation aux mauvais traitements infligés aux personnes âgées, célébrée le 15 juin."L'abus sexuel et le viol des personnes âgées est un sujet rarement abordé, mais demeure néanmoins une réalité", a déploré la responsable onusienne. Pour Mme Kornfeld-Matte, la plupart des mauvais traitements ne sont pas détectés et signalés, même en présence de signes avant-coureurs clairs. "Les abus sexuels et le viol des personnes âgées restent tabous. Il reste en grande partie non signalé et non détecté et donc invisible", a-t-elle regretté.

L’ONU signale que la maltraitance des personnes âgées peut entraîner de graves traumatismes physiques et avoir des conséquences psychologiques à long terme. "Il faut plus d'éducation, de formation, de données et de recherche pour combler les lacunes dans les connaissances sur l'incidence, les niveaux de déclaration, la nature des enquêtes, les interventions nécessaires pour mieux aider la victime et les interventions nécessaires pour prévenir les agressions sexuelles", a conclu l'experte.

L’ONU avertit qu’avec le vieillissement de nos sociétés, ce problème devrait s'aggraver considérablement et que le manque de données et d’études ne permettent pas d’estimer les dimensions concernées. Le nombre des plus de 60 ans dans le monde devrait passer de 900 millions en 2015 à quelque 2 milliards en 2050.(APS)