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Ce sont les premiers héros de la guerre de libération. Les premiers martyrs aussi, tombés au champ d’honneur durant le mois de novembre 1954. Au forum d’El-Moudjahid, des historiens ont cité ceux qui ont déclenché la lutte armée en novembre 1954, morts les armes à la main. Ainsi, l’historien Nadjib Ben Mebarek a évoqué mercredi les 17 moudjahidine, dont une femme, qui ont déclenché la lutte armée dans les montagnes des Aurès. Il explique que cette région, sous la responsabilité de Mostefa Ben Boulaïd, était une base pour la collecte des armes bien avant le déclenchement de la révolution, et aussi un lieu où les premiers combattants apprenaient à manipuler les armes sous le commandement des 17 moudjahidine sus-cités. Il cite le rôle de la moudjahida Fatma Loucif, femme du moudjahid Sadek Chebchoub, un bandit d’honneur qui a pris les armes bien avant 1er novembre. Fatma Loucif, décédée la veille du 1er novembre 2001, était la première femme à rejoindre le maquis. Autre combattant de la première heure, Ahmed Mezoudj, premier chahid de la région tombé au champ d’honneur le 3 novembre 1954 sous les balles de l’armée française dans le premier accrochage. Dans un ordre chronologique, l’historien évoque aussi les chahidate en se rappelant de la date du 19 novembre 1954 quand l’armée coloniale est intervenue dans un village des Aurès à la recherche des femmes résistantes. «Mansoura Boucetta, Fatma Djaghrouri, Fatma Berhayel se sont défendues en tuant deux militaires français. Ce sont les premières moudjahidate tombées en martyr au mois de novembre 1954», a rappelé Nadjib Ben Mebarek avant de citer la date du 29 novembre 1954, quand le jeune Grine Belkacem, chef de compagnie, est tombé au champ d’honneur dans la région dite Oued El-Anza, Theniet El-Had dans un accrochage avec des soldats français. L’historien a rappelé que cet enfant des Aurès a fait l’objet de huit mandats d’arrêt contre lui depuis le 17 mars 1950, suite à plusieurs affaires dont l’assassinat d’un militaire au début des années 1950. Pour sa part, l’historien Sadek Bakhouche a évoqué le courage exemplaire du chahid Larbi Ben M’hidi qui n’a pas avoué sous la torture du sinistre général Aussaresses. Ce dernier, désespéré, avait confié au non moins sinistre général Bigeard que Ben M’hidi ne dira pas un mot. «Ces héros de la guerre d’Algérie, avec leur patriotisme, leur fidélité et leur sacrifice, ont des apparences de prophètes», a estimé le conférencier.

M. Benkeddada