L’entreprise algérienne à la croisée des chemins : Réussir ou disparaître
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Dimanche 28 Février 2021
Journal Electronique

Comment se portent les entreprises algériennes ? Bien mal ! Et c’est elles qui le disent. Des entités souffrent. D’autres ont déjà brandi le drapeau blanc. Elles n’arrivent toujours pas à atteindre un haut niveau de performance. La pandémie liée au coronavirus n’explique pas tout. Celle-ci n’a fait qu’aggraver une situation déjà intenable. Elle a surtout démontré à quel point les assises des unités de production sont fragiles. Preuve en est : durant les 9 premiers mois de l’année 2020, le nombre d’entreprises qui ont cessé l’activité a atteint environ 50 mille.

Relevant du secteur public ou privé, des fleurons de l'industrie nationale sont plongés dans un interminable marasme. L’outil de production national  ne vit pas des jours meilleurs. Eniem, Enie, SNVI, Complexe El Hadjar autrefois «cœurs battants» de l'industrie nationale sont, aujourd’hui, à bout de souffle.  Elles n’en peuvent plus.  L’Etat leur injecte souvent de l’adrénaline pour augmenter leur chance de survie.   Jusqu’à quand ? Le fera-t-il toujours  maintenant qu’Il va devoir apprendre à se serrer la ceinture pour faire face à la chute des cours du pétrole et avec elle la fonte des réserves de change ?   Pas si sûr ! Le diagnostic est extrêmement inquiétant pour l’entreprise privée et le secteur des PME-PMI. Directeur général de  l'Agence nationale de l'aide et de développement des entreprises Anade, nouvelle appellation de l'Ansej, Cherif Baoud a révélé récemment que pas moins de 220.000 PME sont en situation de faillite depuis 2011. Pourquoi ça ne marche pas ? Quelles sont les raisons de la panne ?



Un mode de management pas assez mature
Le monde de l’entreprise explique sa méforme chronique par diverses raisons : lourde bureaucratie administrative, système financier et bancaire contraignant, pénalisation de l’acte de gestion, concurrence déloyale, environnement hostile, instabilité juridique en matière d’investissement et un climat des affaires défavorable, entre autres.  Ce n’est pas tout à fait faux. Ce sont-là de tangibles barrières qui découragent l’esprit d’entreprise. Est-ce la seule  explication ? Et si le décrochage  de l’entreprise algérienne relevait, aussi,  de la mauvaise qualité de leur management ? Fondateur de la société AITECH, Mabrouk Aïb a reconnu la mauvaise qualité de management des fermes algériennes. Il témoigne : «Notre métier à nous consiste à apporter des solutions pour améliorer l’organisation et le fonctionnement des entreprises. En face, nous avons des  clients potentiels qui manquent terriblement de maturité en matière de management moderne  condition sine qua non pour qu’ils puissent se développer et pouvoir s’imposer  dans un monde de compétition féroce». Le président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), Boualem Marrakech a admis que la formation est l’élément moteur de  l’action de développement de l’entreprise en permettant d’atteindre les objectifs recherchés. «La recherche, le développement et l’innovation technique et scientifique  sont,  indubitablement, des éléments centraux d’une importance vitale  dans l’organisation et la modernisation de l’entreprise. La formation devrait être inscrite  à l'actif des entreprises», a-t-il insisté. Et de renchérir d’un ton de regret : «Nous avons un dispositif de formation qui n’est, malheureusement, pas mis en exergue ».  

L’inévitable bureaucratie…
Mabrouk Aïb a estimé que le principal problème tient en partie à la   bureaucratie. «Elle alourdit le fonctionnement normal, adéquat et efficace de la société», a-t-il expliqué. «La bureaucratie vous empêche de booster la visibilité des activités et des tâches au sein de l’entreprise. Elle représente tous les maux possibles et inimaginables qui bloquent l’évolution  de cette dernière. Même avec un tissu industriel et économique probants, la bureaucratie va anéantir tous les efforts fournis par les entreprises pour améliorer leur productivité», a constaté pour sa part Boualem Marrakech. En plus de la bureaucratie, Mabrouk Aïb a indiqué que la liste des principaux obstacles auxquels se heurte l’entreprise est longue comprenant, entre autres, un manque d’accompagnement financier, un régime fiscal et parafiscal précaire et inadapté sans omettre  le développement rapide et prospère de l’économie du marché noir. «Les contraintes sont multiples et de toutes sortes  allant des  systèmes financiers et bancaires lourds à la législation et dispositions des lois anachroniques et paradoxales», a résumé le président du CAP.   N’empêche, Marrakech s’est dit convaincu de l’existence de toutes les conditions requises pour pouvoir réagir et agir dans et pour  le développement durable. Il a mis en avant l’importance de réunir tous les acteurs autour d'une même table et s’entendre sur les instruments et mécanismes d’une véritable  et réelle politique de relance. «Le temps est venu de construire un nouveau modèle économique. Il faut en finir avec les politiques conjoncturelles en mettant en place une structure permanente et pérenne qui aura  pour mission  d’établir une projection  pratique des actions à mener», a-t-il préconisé.  

Le discours est une chose, le terrain en est une autre…
Directeur général de CM Consulting, Mokhtar Benali a relevé sans peine une «différence énorme» entre le discours politique et  la réalité. «Nous manquons toujours de visibilité. La politique du pire se poursuit sans bornes. D’une part, nous avons un discours porteur d’espoir et d’autre part une réalité du terrain beaucoup amère. Nous avons l’impression que nous vivons dans deux pays différents. Les discours successifs sont parfaitement inutiles. Assez parlé, passons aux actes », lâche-t-il d’une sombre satisfaction. Notre interlocuteur sait de quoi il parle : «J’ai une expérience très récente avec la connexion internet. La procédure est très lente. Elle  prend  cinq mois. Le prix est exorbitant. Comment voulez-vous qu’on se développe dans ces conditions ?», s’est-il interrogé avec regret et amertume. Comment faire pour que  l’entreprise puisse  renaître de ses cendres ? Il a recommandé l’engagement des  réformes bancaires et fiscales profondes et la  création de passerelles entre l’entreprise et l’université pour encourager la  recherche et le recrutement des compétences à tous les niveaux. «Il n’y a pas de doute que la pandémie de Covid-19 a bouleversé le monde de l’entreprise, mais il est tout aussi vrai que des blocages incompréhensifs et inexplicables subsistent encore dans plusieurs domaines. Nous sommes victimes d’un sort injuste. Si nos voisins explosent, ce n’est pas par ce qu’ils ont de meilleures compétences que nous, mais ils ont réussi à bannir toutes lois susceptibles de  ruiner la machine de la production…», a-t-il souligné sans pour autant achever sa phrase.   

«état qui gouverne, état propriétaire…»
Un ancien PDG d’une entreprise publique, sous couvert de l’anonymat, a affirmé que le problème de la performance de l’entreprise s’explique par au moins trois facteurs essentiels.
 Primo : une défaillance en matière d’organisation et  de management. Selon lui, «les entreprises vivent une véritable crise de management. Elles adoptent  des systèmes qui encouragent malheureusement la médiocrité à tous les niveaux». Secundo : contraintes imposées par le pouvoir politique lui-même. Il explique : «Au sein de l’entreprise publique on n’arrive pas encore à faire la différence entre l'État qui gouverne et l’Etat propriétaire. L’état se comporte toujours en tant que puissance publique vis-à-vis des entreprises publiques et non en tant que propriétaire qui gère un capital et des actions»,  confessa-t-il à demi-voix, regrettant l’absence d’un organe qui puisse décider de la gestion des capitaux marchands de l’Etat.  Tertio : non-respect du code de commerce. Il dit que l’entreprise publique est constamment gérée d’une manière administrative et nullement selon les dispositions du code de commerce.  Pour ces raisons et bien d'autres,  il urge de donner un coup de pied dans la fourmilière». «Le social ne doit pas être le guide de la réflexion économique. Il reste un élément essentiel mais on ne doit pas baser toute notre démarche et toute notre action sur la préservation des emplois. Il faut avoir le courage de dire basta !», tonne-t-il.
 Il a soutenu que l’entreprise publique n'agit pas dans un environnement  serein et stable. Il a plaidé pour le retour de l’Etat régulateur. «L’Etat doit jouer un rôle de stratège et de régulateur dans l’économie. Il doit élaborer des politiques industrielles, fiscales et monétaires. Il ne doit pas s’occuper  de la gestion des entreprises», a-t-il appuyé, non sans noter l’existence d’un rapport de force en défaveur de l’entreprise publique. «L’informel gagne de plus en plus de terrain. Un marché noir prospère. La surenchère au niveau des emplois bat son plein. L’Etat doit intervenir pour remettre de l’ordre. Ce n’est surtout pas à l’entreprise de le faire», a-t-il insisté.   

«On n’a jamais voulu d’une solution définitive»
Notre source a estimé que les problèmes des entreprises publiques ne datent pas d’aujourd’hui. «On n’a jamais voulu les résoudre d’une manière définitive par la modernisation de la gestion et l’adoption des novations technologiques», a-t-il lâché, sans oublier un détail important : «On n’a jamais donné de l’argent à l’entreprise publique contrairement à ce qui se dit çà et là. On a mis à leur disposition des sommes d’argent moyennant un taux d’intérêt». Malgré les obstacles auxquels sont confrontées les entreprises publiques, notre interlocuteur a reconnu que certaines d'entre elles ont pu tirer leur épingle du jeu. Il a évoqué, notamment, celles activant dans les secteurs des assurances, bancaires, voire même les secteurs industriels et travaux publics. «Il y a  des entreprises potentiellement viables. Celles-ci nécessitent des plans de redressement, d’assainissement et de formation pour les relancer et redresser. Il y en a d’autres qui sont malheureusement défaillantes et irrécupérables», dit-t-il. En tout et pour tout, notre source suggère la nécessité urgente de soigner les  schémas de pensée concernant le modus operandi de l’entreprise algérienne et par voie de conséquence le fonctionnement de l’économie nationale. «Il faut cesser de revenir aux sentiers battus. La modernisation affecte certainement l’offre des facteurs de production nationale. Il faut négocier son positionnement par rapport à toutes ces forces concurrentielles. Il nous faut travailler de manière à permettre à l’entreprise de gagner une longueur d’avance sur ses concurrents. Si on ne change pas de cadre économique et notre façon de voir et concevoir les choses et si nous continuons à tourner le dos à la modernité et aux nouvelles technologies, nous risquons de disparaître», a-t-il averti.     

Start-up…  nouvelle ère qui manque d’air….
Les start-up bousculent les codes de l’entreprise traditionnelle. Innovantes, digitales, transparentes… Elle dispose d'atouts que celle-ci n’en a pas. Ces deux dernières années, le gouvernement a affiché sa volonté franche de mettre la start-up au centre de la stratégie économique. L’Etat encourage les jeunes à y investir. Mais voilà que le nombre de start-up créées, bien qu’en constante évolution, reste en deçà du potentiel et surtout des attentes. Le chiffre n’a pas atteint 1.000. Dernièrement, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’économie de la connaissance et des Start-up, Yacine El Mehdi Oualid en a donné le chiffre de 816. Quels sont les écueils qui entravent l’essor des start-up ?
Président du Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN), Bachir Tadjeddine a expliqué que les porteurs de projets continuent à se heurter à bon nombre de difficultés, particulièrement dans la création de l’entreprise. «Pour monter une entreprise  en Algérie, il faut accomplir une multitude de formalités et autorisations administratives. Toute une panoplie de procédures et chapelles administratives qu’il faut subir. Il  faut effectuer au moins  8 étapes pour créer une start-up», a-t-il fait remarquer d’un ton empreint de nervosité. «Nous avons besoin de 8 numéros, notamment le numéro d’identification fiscale, le numéro Casnos, le numéro d'identification statistique, le numéro de registre du commerce et j’en passe. Chaque numéro nécessite un dépôt de dossier auprès des services concernés. Les problèmes bureaucratiques sont énormes», a-t-il encore déploré. Bachir Tadjeddine estime mordicus que la start-up peut aisément  contribuer à la croissance économique tant recherchée. «Il suffit juste de révolutionner l’environnement. Le paiement en ligne est une nécessité absolue pour pouvoir promouvoir la start-up», a-t-il recommandé.  

Le K.-O.
Le coronavirus met l’entreprise à rude épreuve. Elle a été déstabilisée dans son organisation du travail et dans sa production. Le gouvernement a agi. Il n’est pas question de  laisser notre outil de production mourir à petit feu. Il a prévu de tout mettre en œuvre pour le sauver et sauver l'économie du pays. Des mesures tous azimuts sont annoncées. L’Exécutif ne veut pas se retrouver une fois la crise sanitaire dépassée face à une crise sociale aux conséquences  fâcheuses. L’enjeu est important. Il s’agit aussi de sauver des milliers d’emplois. La mission est tout sauf une affaire simple. Déjà avant la crise sanitaire, les entreprises n’étaient pas au meilleur de leur forme. Elles souffrent de problèmes de trésorerie, bureaucratie, manque de compétences managériales et tutti quanti. 95% des entreprises algériennes sont de petites PMI PME ou des unités unipersonnelles peu innovantes. La croissance de l’économie algérienne a ralenti, passant à 0,8% en 2019 contre 1,4% en 2018, en raison notamment d’une croissance réelle du secteur des hydrocarbures qui est demeurée négative à -4,9%, contre -6,4% en 2018. La situation est là et  c’est à prendre ou à laisser. La crise sanitaire est venue aggraver une situation déjà fragile. La pandémie a impacté sévèrement les niveaux d’activité des entreprises. Certaines filières comme le transport, le tourisme ont connu des baisses supérieures à 80%. D’autres comme les industries manufacturières et les matériaux de construction ont été affectées à plus de 30%. Dans son bilan d’activité pour l’année 2020, le gouvernement note que de nombreuses entreprises ont dû faire face à leurs charges fixes (salaires, loyers, charges financières, impôts et taxes) sans qu’elles aient eu la possibilité de générer du chiffre d’affaires du fait des mesures de confinement. Le même bilan a relevé que la plupart d’entre elles se sont retrouvées avec un important problème de trésorerie et une difficulté à financer leur besoin de fonds de roulement. Conscient, l’état a pris des mesures immédiates et exceptionnelles au soutien aux entreprises et aux secteurs pour garantir les conditions nécessaires à la poursuite sans grandes anicroches de l’activité de production : facilitation d’accès au crédit, voire même bonification, remboursement des créances des entreprises en difficultés financière, l’accompagnement par le Fonds national de développement de l’apprentissage et de la formation continue, subvention des entreprises activant dans les domaines stratégiques et sanitaires, l’instauration d’une certaine souplesse en matière de règlement de charges (eaux, électricité….) et des créances des entreprises en situation difficile en constituent les principales.   
Les mesures du gouvernement se veulent un signe fort  de pleine solidarité avec les entreprises et leurs salariés et une volonté sans faille de vouloir  sauvegarder l’appareil de production en perspective de la mise en place d’un  nouveau modèle économique basé sur la diversification de la croissance. Un enjeu de taille pour
l’entreprise.
A. H.

  • reboisement  barrage Douira
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Saga des entreprises

Santé

Destination Algérie

    • 61 projets en cours de réalisation à Tizi Ouzou

      Pas moins de 61 projets d’investissement touristiques privés sont en cours de réalisation dans la wilaya de Tizi Ouzou a indiqué le directeur local du tourisme, Rachid Gheddouchi. Ce dernier nous a indiqué que 440 projets d’investissement dans le domaine du tourisme ont été déposés au niveau de ses services. Ainsi ces différentes structures «mettront à la disposition du secteur quelque 7 200 lits et généreront quelque 3 564 emplois» a-t-il indiqué. Sur les 61 projets on compte des hôtels, des auberges, des centres et villages de vacances, des terrains de camping ainsi que des résidences touristiques.

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda


UGCAA
L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) organise le 3 mars à 9h30 au siège de l’Union, une conférence de presse qui sera animée par la présidente de la Fédération des crèches et maternelles, Mme Nouara Ben Kharouf,  sur l’impact de la Covid-19 sur ces établissements.


Ministère de la Culture

La Palais de la culture d’Alger organisera, le 27 février à 14h, la cérémonie de récompense des lauréats des concours de calligraphie arabe et de mosaïque.


Musée du moudjahid
Dans le cadre de la célébration des manifestations du 27 février 1962 survenues à Ouargla, le Musée national du moudjahid organisera, le  25 février , à 14h, une conférence intitulée «Le Sahara algérien dans la stratégie coloniale française».

Don de sang

La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

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