Mohamed Achir, économiste : «L’entreprise en Algérie est très fortement influencéepar les effets pervers de l’économie rentière»
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Jeudi 04 Mars 2021
Journal Electronique

Entretien réalisé par Amokrane H.

 

Il est économiste. Mohamed Achir a proposé sa recette pour voir l’entreprise algérienne renaître de ses cendres et relever le défi de la croissance. Il estime qu’il faudrait une réelle autonomie et une refondation de leur système de gouvernance selon les règles de la commercialité, de la concurrence et profitabilité. Selon lui, l’économie nationale recèle un grand potentiel, mais très faiblement activé et capitalisé par les entreprises publiques et privées. Pour cet expert, le nouveau modèle économique soutenu par le gouvernement doit s’orienter davantage vers le développement des entreprises compétitives.

Le gouvernement mise sur l’entreprise pour  assurer la réussite de son nouveau modèle  économique.  Celle-ci est-elle  en mesure  de relever ce défi et d’en être à la hauteur des attentes des pouvoirs publics ?
L’entreprise est fondamentalement  le meilleur levier de création de la richesse et de l’emploi dans une économie. C’est pourquoi toutes les politiques économiques des pays développés, notamment, se fixent comme objectif prioritaire la création des meilleures conditions susceptibles de favoriser l’entrepreneuriat et l’investissement des entreprises nationales et étrangères. En Algérie, les opportunités d’investissement existent dans pratiquement tous les secteurs d’activité. Autrement dit, l’économie algérienne recèle un grand potentiel, mais très faiblement activé et capitalisé par les entreprises publiques et privées. Nous avons d’ailleurs des faiblesses structurelles dans la création des nouvelles  entreprises. Les 9 premiers  mois de l’année 2020 ont vu une création de quelque  107 967 nouvelles entreprises, dont 90 780 composées de personnes physiques et seulement 10 887 personnes morales, soit 10%. Cela relève une faible création d’entreprises par rapport au potentiel  existant et surtout la prépondérance du statut de la personne physique et de la très petite entreprise. Le nombre d'entreprises qui ont cessé l’activité durant cette période a atteint environ 50 mille entreprises, cela montre les difficultés rencontrées par ces dernières et les effets de la crise sanitaire de la Covid-19. En tout cas, l’Algérie a besoin de créer des centaines de milliers d’entreprises par an pour relever le défi de la croissance et de la création d’emploi. Le nouveau modèle économique soutenu par le gouvernement doit s’orienter davantage vers le développement des entreprises compétitives.

Qui empêche réellement l’entreprise        algérienne d’atteindre un haut  niveau de performance ?  (Les raisons d’un manque de performance)
Plusieurs causes peuvent être citées, mais sans pour autant les détailler. En somme,  il y a des causes qui sont liées à l’environnement de l’investissement ou le climat des affaires, qui est très défavorable à l’égard de l’entreprise avec un classement à la 157e place dans le monde dans le doing business établi par la Banque mondiale (BM) en 2019. Le système bancaire et financier algérien, les institutions et l’administration, l’insécurité juridique et l’instabilité des décisions du gouvernement, la corruption, les technologies de l’information et de communication, la valorisation de la recherche scientifique et universitaire etc., sont autant d’éléments dont l’Algérie a eu de mauvaises notes dans l’évaluation faite par la BM. Nous pouvons également citer les faiblesses structurelles dans le management des entreprises publiques et privées.

Quels sont les défis auxquels  les entreprises sont et seront confrontées. Est-il de l’intérêt de nos entreprises d’apprendre à  composer une politique qui soit celle du monde ?
L’entreprise en Algérie est très fortement influencée par les effets pervers de l’économie rentière et la distribution de la commande publique, surtout le cas  des entreprises publiques. La majorité de ces dernières est très peu compétitive et souffre dans leur organisation managériale qui ne répond pas aux standards internationaux. En effet, le management est réduit à une fonction décorative, puisque ce sont les structures politiques et bureaucratiques centrales qui détiennent le pouvoir de décision. C’est l’une des caractéristiques des régimes politiques rentiers. Le management est un élément structurel, il faudrait une réelle autonomie des entreprises et une refondation de leur système de gouvernance selon les règles de la commercialité, de la concurrence et profitabilité. Toutefois, en plus des facteurs structurels, les déséquilibres financiers des EPE peuvent être expliqués par des éléments conjoncturels liés à l’environnement économique global du pays. En effet, on peut citer : les départs massifs à la retraite surtout depuis 2016, la dévaluation du dinar algérien, la concurrence déloyale et l’augmentation des coûts d’achats et des implorations des CKD ont affaibli les trésoreries de la majorité des entreprises publiques. Les entreprises privées doivent également faire face au défi de la compétitivité et envisager leur insertion dans l’économie mondiale.

La crise a fait mal. Faut-il, néanmoins, la prendre comme une occasion et non comme une fatalité pour se lancer dans l’innovation?
Bien entendu, on peut transformer une crise en opportunité, mais avec une planification stratégique et une vision globale et cohérente. Il faut mettre fin à la centralisation de la décision,  donner une  réelle autonomie aux entreprises et revoir les attributions des organes bureaucratiques (CPE, CNPE, Ministères etc.). Il faut également bannir dans le secteur public économique les nominations tendancieuses ou partisanes, les interférences politiques et même syndicales et créer une sécurité juridique permettant aux dirigeants de prendre des initiatives entrepreneuriales en fonction du coût d’opportunité et de la rentabilité. Autrement dit, une primauté de la rentabilité économique sur la procédure juridique. Je pense que pour le moment l’Etat n’a pas encore fixé une stratégie nationale de management des EPE. Ce qui d’ailleurs rend difficile leur évaluation en termes des objectifs économiques (participation à la croissance économique, performances financières) et sociaux (équité et politique publique de l’emploi). Autrement dit, le secteur public économique doit être inséré dans une politique économique nationale et lui donner des objectifs mesurables à atteindre en termes de performance économique et sociale. Les entreprises algériennes en général (publiques et privées) doivent impérativement relever le défi de l’innovation technologique et de la recherche et développement, car ce sont les leviers qui tirent la productivité des facteurs et la compétitivité.

Les années à venir s’annoncent difficiles. D’aucuns estiment que seules les        entreprises qui «seront plus aptes à tirer profit des opportunités et réduire les menaces auxquelles elles seront confrontées» peuvent tirer leur épingle du jeu.  Partagez-vous cet avis ?
Bien entendu, il n’y a que les entreprises compétitives ayant une veille concurrentielle et technologique qui peuvent résister sur un marché globalisé et tiré par l’internationalisation de la concurrence. L’entreprise doit développer des leviers de compétitivité lui permettant de s’insérer dans la chaîne de valeur mondiale. Nous sommes à l’ère du capitalisme cognitif dont les leviers de recherches technologiques et numériques sont devenus  déterminants dans la concurrence des firmes multinationales et la pénétration des marchés internationaux. Cela veut dire que les économies d’échelle et les avantages comparatifs classiques en dotation de ressources sont insuffisants sans la maîtrise des connaissances technologiques. C’est la fin, justement,  de l’entreprise traditionnelle.
 A. H.

  • reboisement  barrage Douira
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Santé

Destination Algérie

    • 61 projets en cours de réalisation à Tizi Ouzou

      Pas moins de 61 projets d’investissement touristiques privés sont en cours de réalisation dans la wilaya de Tizi Ouzou a indiqué le directeur local du tourisme, Rachid Gheddouchi. Ce dernier nous a indiqué que 440 projets d’investissement dans le domaine du tourisme ont été déposés au niveau de ses services. Ainsi ces différentes structures «mettront à la disposition du secteur quelque 7 200 lits et généreront quelque 3 564 emplois» a-t-il indiqué. Sur les 61 projets on compte des hôtels, des auberges, des centres et villages de vacances, des terrains de camping ainsi que des résidences touristiques.

Sciences et Technologies

L'agenda

Ministère de la Santé
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Pr Abderrahmane Benbouzid, présidera, le 04 mars à partir de 8h30, à l’hôtel Sofitel, la célébration de la Journée mondiale contre l’obésité qui aura pour thème «L’obésité, un facteur de risque redoutable, notamment avec la Covid-19».

Radio DGSN
L’émission Li Amnikoum de l’espace radio de la Sûreté nationale, diffusée sur les ondes de la Chaîne 1 à 15h, sera consacrée le 04 mars au «danger de l’angle mort et l’importance de l’usage des rétroviseurs externes».

Palais de la culture
Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, le Palais de la culture, Moufdi-Zakaria organisera, le 6 mars à 13h, deux expositions, l’une artisanale et, l’autre, de beaux-arts féminins.


Opéra d’Alger
L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh lance des ateliers d’initiation au chant ouverts dans les répertoires traditionnels et universels. Les inscriptions auront lieu jusqu’au 15 mars 2021.


DGF
La Direction générale des forêts célébrera, le 3 mars à 9h30, à la réserve de chasse de Zéralda, la Journée mondiale de la vie sauvage.

UGCAA
L’UGCAA organisera, le 3 mars à 9h30, au siège de l’Union, une conférence sur l’impact de la Covid-19 sur les crèches et les maternelles.

Don de sang

La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

Sports Divers

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