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Pour faire Face à la situation, la mobilisation des médecins, infirmiers retraités qui peuvent  rejoindre les structures sanitaires et les étudiants en fin de cursus s’avère une nécessité, selon les professionnels de la santé.

 

Le coronavirus, aidé par la baisse des températures et un relâchement dans l’application des mesures barrières, continue de se propager à grande vitesse. Face à cette situation, la mobilisation des médecins, infirmiers retraités qui peuvent rejoindre les structures sanitaires et les étudiants en fin de cursus s’avère une nécessité, selon les professionnels de la santé. Ces volontaires vont renforcer le personnel médical sur qui pèse une grande pression depuis des semaines. Le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), a réitéré son appel lancé en mars dernier pour la mobilisation des professionnels de la santé à la retraite et même des infirmiers ayant suivi des formations dans des instituts privés. Le Snpsp a adressé un écrit au ministère de la Santé et au Premier ministère à cet effet. «L’anticipation dans une situation de crise devient une urgence extrême», souligne le syndicaliste. Selon lui, les autorités sont appelées à être prévoyantes en anticipant des situations qui peuvent être plus graves dans les prochains jours. «Après plus de neuf mois de mobilisation, les professionnels en exercice sont fatigués. Nous nous considérons en situation de guerre qui exige une médecine de guerre où tout le monde doit être mobilisé», souligne-t-il. Et d’ajouter : «Nous avons besoin d’un plus grand nombre de professionnels». Autrement dit, les praticiens de la santé ont besoin de respirer et d’être soulagés.
Le Snpsp a réitéré son appel urgent pour la mobilisation de toute la communauté médicale, notamment au niveau des établissements qui enregistrent plus de cas de contamination afin de faire face à une situation qualifiée d’exceptionnelle. Le Dr Merabet estime également que les étudiants en médecine, encadrés par les professeurs, peuvent aider à la prise en charge au premier et second niveau, c’est-à-dire faire des consultations, assurer le tri et le suivi des malades en ambulatoire. «La formation des jeunes médecins et infirmiers ne demande pas des formations poussées, mais juste comment dispenser des soins de base qui sont à la portée du corps médical et paramédical», poursuit-il.
Dans cette optique, le Dr Merabet a affirmé que le Snpsp a reçu des demandes, en mars dernier, de médecins retraités se disant prêts à rejoindre les structures de santé. Pour lui, les personnes chargées de gérer la crise sanitaire n’ont pas su s’organiser et mettre en place un encadrement spécial pour identifier les besoins, répartir ce potentiel et définir les tâches de chacun. «Il est temps pour les autorités de mettre en place un dispositif qui s’étalera sur une année ou plus puisque la fin de la crise n’est pas pour demain, même avec la commercialisation du vaccin», renchérit-il. Pour sa part, le président du Syndicat national des médecins généralistes de la santé publique, le Dr Salah Laouar, a lancé aussi un appel à toutes les personnes qui peuvent aider dans la prise en charge des patients. «Je considère qu’en cette période de crise, toute personne ayant une formation dans le domaine sanitaire peut être utile», indique-t-il.
Samira Belabed