Slimane Bouterfaïa, chercheur senior au Centre nucléaire d’Alger et de Draria :    «Le secteur minier est un levier de la diversification économique»
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Vendredi 25 Septembre 2020
Journal Electronique

Entretien réalisé par Hakem Fatma-Zohra

Très doué dans son domaine, Bouterfaïa peut se targuer d’une riche carrière professionnelle. Membre du projet de tirage de silicium monocristallin déjà en 1986, il a depuis lors chapeauté une multitude d’autres. Il a été chef de projet PNR en 2001, une initiative en rapport avec l’élaboration d’alliage réactif à base de zirconium, tout comme il a été chargé du projet entre le commandement des forces navales, division recherche et développement (MDN) ainsi que responsable du projet alliage de zirconium au laboratoire de métallurgie CRND. Bouterfaïa est aussi enseignant universitaire et membre du comité scientifique de la DTC/CRND.

 
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit récemment le gouvernement à l’effet d’entamer l’exploitation de la mine de fer de Ghar Djebilet et celle de zinc d’Oued Amizour après une longue attente. S’agit-il d’une volonté des pouvoirs publics de valoriser les richesses naturelles inexploitées ?
Effectivement, il s’agit d’une volonté des pouvoirs publics de valoriser les richesses minières inexploitées. Comme par le passé, des tentatives ont été initiées dans le domaine. Il faut savoir que pour développer le secteur minier algérien et lui permettre de jouer un rôle substantiel dans le développement économique et social du pays, à la hauteur de son potentiel géologique et minéral, les pouvoirs publics doivent mobiliser les ressources et moyens nécessaires devant aboutir à un certain nombre d’objectifs. Je peux citer, dans ce domaine, la valorisation de toutes les ressources minérales disponibles dans une perspective de développement durable, l’encouragement du partenariat dans l’investissement minier, le développement des grands projets de fer de Ghar Djebilet et de transformation des phosphates, du sel, du marbre, des polymétaux… Dans le même temps, il faut tout autant aboutir à l’accroissement de la production des ressources minérales insuffisamment exploitées, au développement d’une industrie minière de transformation performante, à la satisfaction des besoins de l’économie nationale en substances minérales et l’exportation des excédents dégagés, au renforcement des capacités et la modernisation des outils de production des entreprises publiques, ainsi qu’à la formation du personnel des mines à l’Institut algérien des mines et à l’Ecole des métiers de la mine d’El Abed.
 
Peut-on considérer l’exploitation du secteur minier comme un levier pour la diversification de notre économie ?
Oui, on peut considérer l’exploitation du secteur minier comme un levier du développement économique et sa diversification de l’économie du pays, jusque-là basée sur les hydrocarbures. L’importance du secteur minier dans l’économie de tout pays résulte de son rôle de pourvoyeur de matières premières nécessaires aux industries de transformation situées en aval, mais également de son rôle de créateur d’emplois dans des régions dépourvues d’activités économiques. Si la mise en exploitation des minéraux industriels, notamment les granulats et les argiles, est relativement aisée, la situation est différente pour les autres substances minérales. Je peux citer, à titre d’exemple, les réserves minérales non renouvelables qui doivent être renouvelées en permanence par l’effort de recherche. Les délais sont relativement longs pour la maturation des investissements miniers. La recherche, le développement et la mise en exploitation des substances minérales nécessitent, en moyenne, 10 à 15 années. Et le facteur risque est élevé.

L’exploitation minière peut-elle offrir la perspective de la création d’emplois dans notre pays, notamment dans le Grand-Sud ?
L’exploitation minière peut offrir la perspective de la création de centaines de milliers d’emplois dans le Grand-Sud et permettre de stabiliser et de sédentariser la population du Sud par la création des infrastructures nécessaires à la vie au sud par des emplois additionnels, à savoir écoles, hôpitaux et commerces.

Comment appréciez-vous l’exploitation du secteur minier en Algérie ?
L’exploitation du secteur miner est actuellement focalisée sur certains secteurs ou produits plus faciles et simples à exploiter. Le reste des autres produits est inexploré dans le détail et nécessite un savoir-faire plus sophistiqué et des technologies de pointe avec des procédés spéciaux d’exploitation. Notre pays est vaste et sous-exploré. Nous avons un potentiel géologique et minéral  riche et varié.

Quels sont les minerais non exploités en Algérie ?
Les minerais non exploités en Algérie sont nombreux. Il s’agit, entre autres, des PGE (platine, palladium, iridium, ruthénium, rhodium, osmium) du nickel-cobalt, des métaux rares : wolfram, étain, molybdène, tantale, niobium, béryllium, du cuivre et de l’argent. Il en est de même s’agissant des terres rares (REE) avec un élément de numéro atomique 57 à 71. Idem pour les minéraux industriels à l’image du baryte, bentonite, diatomite, magnésite, qui ne sont pas exploités, au même titre d’ailleurs que les pierres précieuses et semi-précieuses dont le diamant, le topaze, le béryl. Pour être plus exhaustif, je vous citerai la non-exploitation dans le nord du pays de la barytine et de la fluorine, du bentonite et carbonates de calcium. Idem pour le quartz très pur en plus des phosphates, charbon et bauxite. Sachez que des études ont été faites par la recherche minière pour mettre en valeur ces produits. Un inventaire détaillé a été élaboré à ce propos. En outre, et s’agissant des minerais exploités en Algérie, il est question de l’or, l’argent, le zinc, le plomb, le cuivre, la barytine-fluorine, le carbonate de calcium, le gypse, les sables siliceux, les sels, les phosphates, le charbon et le soufre natif.

Comment sont exploités l’or et l’uranium en Algérie ?
Pour l’or, l’exploitation étatique Enor Tirek Amesmassa extrait de faibles quantités. Au vu des procédés utilisés, une nouvelle approche orientée vers la recherche de gros tonnages et faibles teneurs dans les environnements (VS) doit être mise en œuvre.

Une technologie précise est requise dans l’exploration de chaque minerai. Doit-on recourir à une expertise internationale pour ce faire ?
Non. Les experts existent en Algérie, ils sont motivés et possèdent le domaine de l’expertise ainsi que des connaissances techniques. Toutefois, on peut faire appel à des collaborations ou partenariats dans des cas bien précis.

Quels sont les obstacles pour une exploitation en bonne et due forme du secteur des mines dans le Grand-Sud ?
Les obstacles au développement réel pour une exploitation en bonne et due forme dans le Grand-Sud sont surtout les conditions environnementales et l’accessibilité des terrains. La géologie des sites pose aussi problème. Le personnel qui y travaille doit être issu des localités du Sud, et habitué aux climats et conditions de vie propres au Sud. Cela requiert la réalisation des infrastructures de base (routes, électricité, communications…) car la majorité des gisements se trouvent dans des zones isolées. A titre d’exemple, je citerai l’uranium de Tahaggart qui se trouve à 60 km du Niger et à 400 km de Tamanrasset. Je dirai que le désenclavement du Sud va avec le projet extraordinaire du président de la République qui a parlé du chemin de fer reliant le Nord, d’un côté, et l’Afrique subsaharienne, de l’ autre. Ce sera une initiative grandiose qui marquera l’histoire de notre pays.

En dehors du Sud, existe-t-il d’autres régions du pays qui recèlent des minerais ?
Bien sûr. Le nord du pays recèle beaucoup de gisements et minerais exploités. Parmi ceux non exploités et ceux qui sont en cours d’exploitation ou en attente, on pourra citer le zinc, le plomb, les phosphates, les argiles et le kaolin.

L’Etat gagnerait-il à créer des pôles miniers ?
Bien évidemment. L’Etat y gagnerait beaucoup puisque cela permettra à la population du Sud  d’être plus productive et actrice de l’accroissement du PIB de l’Algérie et rompra avec sa dépendance d’antan. Cela permettra aussi d’apprendre à ces populations à créer de la richesse essentiellement à travers la valorisation de toutes les ressources minérales disponibles dans une perspective de développement durable, l’encouragement du partenariat dans l’investissement minier, le développement des grands projets de fer de Ghar Djebilet et de transformation des phosphates, et surtout l’exploitation des minerais à valeur ajoutée.

Pour quelles raisons le projet Desertec a fait long feu en Algérie ?
A mon sens, il y a 4 raisons qui ont conduit au  non-aboutissement du projet. Il est ainsi question de l’aspect politique : la négociation avec le partenaire allemand sur les modalités formulaires, l’accessibilité des terrains, bail ou vente, de la problématique du transfert technologique, de la rudesse des conditions climatiques propres au Sud, à savoir températures élevées, vent de sable, ainsi que du prix de revient du kwh, qui reste encore très élevé.
H. F. Z.

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Santé

Environnement

Destination Algérie

    • Projets touristiques : L’étude de la ZET d’Aïn Ajroud achevée

      Pour promouvoir le tourisme balnéaire dans la wilaya de Tlemcen qui compte de nombreuses plages tout le long d’une façade maritime de 72 km, l’étude de la zone d’extension touristique (ZET) d’Aïn Ajroud a été achevée et adressée au ministère pour validation. Selon Ababsa Yacine, directeur du tourisme de Tlemcen, cette zone s’étend sur une superficie de 105 ha tout le long de trois km de littoral. Elle regroupe trois plages. Il s’agit d’Aïn Ajroud, Bider et Bider 2. Nous avons lancé un plan d’aménagement de cette zone et l’étude a été approuvée et validée par l’APW et l’APC de Tlemcen.

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

    • Google ouvre son application de conférences vidéo au grand public

      Google a annoncé mercredi la mise à disposition gratuite de la plateforme de conférences vidéo, Google Meet, destinée au grand public.

      L'application va être progressivement étendue au grand public dans les prochaines semaines, à condition de disposer d'un compte Google (Gmail) ou d'une "identité Google", que l'on peut créer avec n'importe quel email personnel ou professionnel.

      Google Meet était jusqu'à présent réservé aux clients professionnels, soit 6 millions d'entreprises et organisations qui utilisent G-Suite, la gamme de logiciels de Google (avec les emails, le calendrier, le partage de documents, etc).

L'agenda

 

Conseil de la nation

Le Conseil de la nation organise, le 24  septembre , à 10h, une séance consacrée aux questions orales adressées aux ministres.

Ministre de la Justice

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, effectuera, le  24 septembre , une visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Oran.

Ministère de l’Energie
Le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, effectuera, les 24 et 25 septembre, une visite de travail et d’inspection aux wilayas d’Annaba, d’El Tarf et de Skikda.

Ministère des Ressources en eau
Le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, effectuera, le 26 septembre, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Chlef.

Ministère de l’Environnement

La ministre de l’Environnement, Nassira Benharrats, effectuera, le  24 septembre, à 7h, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tipasa.

DGSN
L’émission «Li Amnikoum» de la Sûreté nationale, diffusée à 15h sur les ondes de la Radio Chaîne I, sera consacrée, le 24  septembre , aux questions des auditeurs autour de la sécurité routière.

Wilaya d’Alger

Le wali d’Alger, Youcef Cherfa, organisera, le 26 septembre, à 9h à l’USTHB (Alger), une rencontre avec la société civile .

 

 

Ministère de la Santé

 *Le ministère de la Santé organise, en collaboration avec Algerian Network of Youth, jusqu’au 7 novembre prochain, une caravane sanitaire au profit de plusieurs wilayas. 

 

Assurance et finance islamique
Sous le patronage du Haut-  Conseil islamique, le 2e Symposium algérien de l’assurance et de la finance islamique aura lieu les 22 et 23 novembre 2020 à Alger.

Afic

Le Forum africain sur l’investissement et le commerce Afic 2020 aura lieu les 10 et 11 octobre à l’hôtel Sheraton d’Alger sous le thème «Transformation énergétique, l’économie alternative».

Safex

A l’occasion de la 1re Foire nationale de l’agriculture et de l’agroalimentaire, la Safex animera le 20 septembre , à 10h30, au Palais des expositions d’Alger, une conférence de presse.

Djazagro
Le salon professionnel de la production agroalimentaire Djazagro aura lieu du 21 au 24 septembre au Palais des expositions des Pins  Maritimes 

 

Algérie Télécom

Algérie Télécom a lancé, depuis le 27 mars, le service de demande de ligne téléphonique et celui de la signalisation des dérangements via son site web : www.algerietelecom.dz 
Les nouveaux demandeurs de ligne pourront suivre à distance, via le courrier électronique, les étapes de l’étude de réalisation, et les abonnés professionnels pourront signaler le dérangement de leur ligne directement sur le site web sans déplacement.

Don  de sang
La Fédération   algérienne des  donneurs de sang  lance un appel à  l’ensemble de la  population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire un don de sang.

 

Hebergement/Kdhosting : kdconcept