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Le Hoggar, une destination touristique hors du commun
Samedi 21 Juillet 2018
Journal Electronique

On a souvent tendance à penser Tamanrasset exclusivement comme une destination touristique de rêve. Pourtant, la capitale du Hoggar recèle d’autres richesses que quelques pionniers tentent de promouvoir. Sa position géographique et la culture ancestrale de ses habitants sont, paradoxalement, autant d’atouts que de contraintes. Notre reporter vous fait, ici, découvrir certaines facettes ignorées de cette immense wilaya.

De notre envoyée spéciale Nouria Bourihane

(Ce reportage avait été réalisé au début de l’année 2018. Pour des raisons liées à l’actualité, nous le publions avec quelques mois de retard)

La relance du tourisme dans le Hoggar n’a toujours pas atteint le niveau espéré par les opérateurs de la région qui continuent de se plaindre de la complexité de la procédure et du manque de clarté à propos de l’ouverture des circuits touristiques. «Ramener des touristes étrangers est devenu très difficile pour nous», se plaint Lahcen Idabir, président de l’Association des agences de voyages (AAV). Il estime qu’il serait plus judicieux de sécuriser un circuit précis comme celui de l’Askrem, Hirafok, Ilaman, et de proposer aux agences de voyages d’inviter leurs clients dans ces endroits. «Nous organisons des sorties sur des circuits proches du centre-ville, mais nous ne travaillons pas à l’aise en raison de l’absence de tout contact avec les services concernés. Nous ne savons pas avec précision quels sont les sites fermés et ceux qui ne le sont pas. Cette situation a fait que nous recevons des touristes qui arrivent jusqu’à Tam mais nous ne sommes pas sûrs qu’ils seront autorisés à aller à tel ou tel site», déplore Idabir.

                                                                                                                 Trop de paperasse pour un visa

Même son de cloche chez Toufik Boughali, directeur de M’zab Tours, qui regrette «la complexité des formalités». «Pour avoir un seul visa, nous envoyons neuf copies du dossier, ce qui fait que la discrétion n’est plus respectée. Cela s’ajoute à la longue attente des touristes à leur arrivée à l’aéroport. Il nous faut plus d’une heure et demie pour les faire sortir, alors qu’ils sont déclarés bien à l’avance», explique-t-il. «Il y a trop de formalités entre Alger et Tamanrasset et une absence totale de l’utilisation des nouvelles technologies censées nous permettre d’économiser du temps et de la paperasse», ajoute-t-il. En outre, la nouvelle instruction selon laquelle les étrangers sont autorisés à visiter l’Askrem soit le dimanche ou le mercredi a choqué les opérateurs. Pour Idabir, le souci de la sécurité des touristes est d’abord celui des agences de voyages.

«La sécurité de nos touristes relève d’abord de nous. Nous sommes très conscients de la situation et nous avons un haut sens du nationalisme. Nous savons comment travailler et nous sommes outillés pour assurer la sécurité des touristes. Nous avons des téléphones cellulaires qui nous permettent de rester joignables partout et nous allons introduire des applications permettant de détecter notre localisation plus facilement. Et nous sommes disposés à travailler en collaboration avec les services de sécurité, pour peu qu’on nous clarifie les choses». Selon lui, le Tassili Hoggar est «un site très demandé par les touristes». Les trois circuits ouverts sans possibilité de bivouac sont l’Askrem, Hirafok, Idless et Tahifet en passant par Tirhanet au retour.

Concernant les touristes nationaux, il regrette que le tourisme saharien «n’intéresse pas les locaux qui préfèrent les galas, les soirées, la mer mais pas le désert».

N. B.

Chercheur aux Etats-Unis, Noureddine Melakchi découvre les richesses du Hoggar

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Noureddine Melakchi, professeur de physique, doyen de cycle à l’université de Delaware et chercheur à la Nasa, a choisi la capitale du Hoggar pour passer le réveillon de 2018. Rencontré à Tamanrasset avec tous les membres de sa famille, il ne regrette pas d’avoir choisi cette destination «fascinante». «C’est une région du Sud que je n’ai jamais visitée. Je voulais la faire connaître à ma famille. Le voyage est très agréable. C’est une région très belle. Les gens sont très accueillants et chaleureux. En outre, les paysages sont extraordinaires et peut-être même uniques au monde», a-t-il confié. Les paysages féeriques, l’immensité du désert et les traditions des Touareg ont impressionné les autres membres de la famille. Le seul hic reste l’escorte de la gendarmerie qui ne les a pas quittés une minute depuis qu’ils ont atterri à l’aéroport de Tamanrasset. «Pourquoi tous ces gendarmes nous accompagnent-ils partout ?», s’est d’ailleurs demandé son épouse.                                                                                  

N. B.

Un espace ouvert sur les arts : L’association «Sauvez l’imzad»

La Maison de l’imzad de Tamanrasset est un espace où fusionnent tous les arts traditionnels de l’extrême sud du pays au milieu d’une verdure soigneusement posée dans un paysage féerique. Une promenade dans ce lieu est un voyage dans le temps et dans l’espace qui permet de raconter la passionnante histoire d’amour née entre la fondatrice de l’association, Mme Farida Sellal, et ce désert mythique. Tout a commencé en 1979 quand Mme Sellal s’égara dans ce désert du Hoggar et se réveilla, quelques jours plus tard, sous les notes tendres d’un imzad joué par une femme artiste de la région. «Cet instrument m’a sauvé la vie. J’ai donc décidé de payer ma dette en le sauvant de la disparition et de l’oubli. C’est ainsi que j’ai créé cette association», a-t-elle confié. L’amenokal du Hoggar de l’époque, Moussa Akhamoukh, a offert le premier imzad à Mme Sellal, le premier instrument d’une grande collection qui témoigne des nombreux voyages et de la grande passion qu’a eue cette femme pour cette vièle traditionnelle. Le Musée de la maison de l’imzad renferme une belle collection des produits du patrimoine des populations touaregs, à commencer par la fameuse tente traditionnelle, les habits des hommes et des femmes, les objets utilisés dans le chasse et la vie quotidienne, les pierres rocheuses, le sable fin,  jusqu’aux reproductions des gravures rupestres en passant par les photos signées par Farida Sellal.

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«J’ai commencé à photographier les paysages féeriques de mon pays au moment où l’Algérie souffrait seule contre le terrorisme. Je ne sais pas faire de photos, c’est l’Algérie qui est belle. Il suffit juste de savoir la regarder», note-t-elle. La transcription de toutes ses émotions que seuls les connaisseurs du désert peuvent détecter a donné naissance à plusieurs ouvrages dont «Nomade». « Nous n’avons pas besoin d’aller à l’école. Le désert est un grand apprentissage», dira-t-elle. L’association «Sauver l’imzad» a beaucoup apporté au Hoggar en matière de sauvegarde et de préservation du patrimoine de la région. D’ailleurs, ses ateliers sont ouverts pour l’apprentissage et la production de tous types d’art et d’artisanat du Hoggar. Les réalisations de Dar l’imzad ne s’arrêtent pas là. L’ouverture prochaine d’un studio d’enregistrement pour les artistes de la région aura certainement un grand impact dans la diffusion des chansons des jeunes Algériens.

 N. B.

Le troc frontalier Face au défi sécuritaire

La fermeture, pour des raisons sécuritaires, des frontières algériennes avec le Mali et le Niger le 13 janvier 2013 a complètement bouleversé l’activité du troc, à Tamanrasset notamment. Quelques mois plus tard, l’exercice de cette activité a été soumis à des autorisations délivrées par les autorités locales qui ont instauré un système d’ouverture exceptionnelle des frontières vers le Niger pour l’importation et l’exportation des produits conformément à la réglementation régissant cette activité.

«Avant la fermeture des frontières, le commerce avec les pays voisins s’exerçait à travers le troc, la Foire de l’Assihar et le commerce libre. Ce sont les mêmes commerçants grossistes qui travaillent dans ces trois créneaux. Depuis 2013, tout ce mouvement a pratiquement cessé et l’activité du troc a fortement baissé en raison de la réduction des déplacements», souligne le sous-directeur de la technique douanière à Tamanrasset, Amara Abdessatar Ghemam. Le durcissement des procédures de l’exercice du troc trouve son origine dans «l’exploitation de cette importante activité comme une colonne de fraude et de contrebande», a expliqué le responsable des Douanes, «ce qui explique d’ailleurs la suspension de certains commerçants». Durant cette conjoncture, deux évènements phares ont marqué l’activité. Il s’agit de la suspension, en 2016, de l’importation du cheptel suite à l’apparition d’une maladie au Niger et des mangues, en janvier 2017, suite à une alerte déclenchée par le ministère de l’Agriculture.

«Ces décisions ont concerné deux produits fortement importés. Elles ont eu un impact considérable sur l’activité du troc qui vient ainsi perdre son importance et sa consistance en dépit de la continuité de l’activité», estime le même responsable. L’établissement de la liste des commerçants qui exercent le troc est assuré par une commission intersectorielle au niveau de la wilaya. La dernière réunion a élaboré une liste de 32 commerçants pour 2018. Ces derniers ont le droit d’effectuer deux sorties (le 1er et le 15 du mois) et deux entrées (7 et 25 du mois) mensuellement par le poste frontalier d’In Guezzam pour déposer et récupérer la marchandise au Niger. La mission des services des Douanes consiste à contrôler la qualité de la marchandise importée et exportée, et les conditions du commerçant. «Pour les commerçants de Tamanrasset, le contrôle se fait dans deux postes à savoir Tamanrasset et In Guezzam. Les commerçants d’Adrar, après la fermeture du poste frontalier de Tinzaouatine, passent par In Guezzam, mais ils ne sont pas soumis à notre contrôle puisque tout se fait au niveau d’Adrar et les camions sont scellés jusqu’à ce qu’ils dépassent la frontière», relève le responsable douanier. Au retour des commerçants, les éléments des Douanes, en collaboration avec les éléments de l’ANP, œuvrent pour assurer la sécurité des personnes en leur permettant de rentrer en Algérie avant la date prévue et de compléter les formalités à la date réglementaire.

Pour 2018, les décisions de suspension de l’importation de la viande et de la mangue n’ont pas été levées, ce qui maintient l’interdiction «pour des raisons de santé» en dépit des sollicitations des commerçants au wali et au ministère du Commerce. «La question du cheptel a été traitée au sein du comité bilatéral avec les autorités du Niger qui ont affirmé que leur cheptel ne présente plus un danger pour la santé mais officiellement, le ministère de l’Agriculture du Niger n’a adressé aucun écrit officiel aux autorités algériennes pour qu’elles puissent lever cette interdiction», explique Ghemam.

Pour la mangue, la note des services algériens de l’agriculture stipule que l’importation de ce fruit est subordonnée à une autorisation technique préalable, qui exige, à son tour, une procédure très compliquée dont la présentation des échantillons de la ferme où est cultivé ce produit.

En attendant, en cas de libération des échanges commerciaux, «nous pouvons exporter beaucoup de produits car le marché africain est encore vierge. La demande est trop forte et il y a déjà des exportateurs qui veulent se lancer dans cette activité. Mais tant que la situation sécuritaire ne le permet pas, nous ne pouvons pas nous permettre de lancer le commerce libre», conclut le responsable.

N. B.

Déséquilibre de la balance commerciale

Introduit officiellement en 1994, par la promulgation d’un arrêté interministériel fixant les règles et modalités de son application, le troc frontalier a été décidé à une période où le Fonds du Sud qui subventionne le transport des produits de première nécessité n’existait pas encore. «Il y avait la Foire de l’Assihar, un héritage des tribus du Sahel qui se rencontraient et s’échangeaient différents produits», a expliqué le directeur du commerce, Abderrahmane Berchiche.

En 2017, 32 commerçants ont participé au commerce de troc, «qui a moins d’importance qu’avant depuis la limitation du nombre d’entrées et de sorties des troqueurs», a indiqué le même responsable, précisant qu’actuellement, «la ville de Tamanrasset ne compte pas beaucoup sur le troc pour son approvisionnement, mais plutôt sur le commerce des produits à partir du nord du pays». Durant les 11 mois de 2017, les commerçants de Tamanrasset ont importé 1.669 tonnes de marchandises pour un montant de plus de 452 millions DA dans 75 opérations effectuées. Les principaux produits importés sont le henné, le gingembre, le thé, le piment rouge, les tissus locaux et le miel. Quant aux exportations durant les dix premiers mois, elles ont atteint le volume de   16.513 tonnes pour une valeur de plus de  247 millions DA. Le seul produit exporté est les dattes sèches. «Il faut trouver une solution pour exporter les produits algériens non subventionnés comme le ciment, le yaourt, les jus, en dehors du troc, car le marché africain est prometteur.

 

Nous avons un accès libre et terrestre qui nous permet de bien maîtriser le marché africain», estime Berchiche. Pour lui, les Chambres de commerce doivent faire le nécessaire pour promouvoir cette politique d’exportation. L’autre initiative qui peut également réussir est la réhabilitation de la Foire de l’Assihar. «Les appels se multiplient pour reprendre cette foire du Sahel. Je pense qu’il faut une refonte de l’Assihar et sa réadaptation de manière à permettre de dégager un gain pour les collectivités locales, les commerçants et autres. L’Assihar doit fonctionner comme fonctionne la Foire d’Alger qui dégage des bénéfices. Il est également nécessaire de revoir les produits exposés. Ce travail doit être confié aux collectivités locales, aux spécialistes et autres instances chargées qui doivent se pencher sur cette question», observe Berchiche.                     

N. B.

Qu’est-ce que le troc ?

Le commerce de troc frontalier est un type «exceptionnel» de commerce extérieur dont le but est d’approvisionner les quatre wilayas frontalières, à savoir Tamanrasset, Adrar, Tindouf et Illizi afin de répondre aux besoins des populations locales en certains produits. Pour Tamanrasset, le commerce de troc frontalier se pratique avec le Mali et le Niger. Ce type de commerce est réservé «exclusivement» aux commerçants grossistes résidant dans la région et disposant des infrastructures de stockage et de moyens de transport appropriés. Les quantités à l’importation sont, en cas de nécessité, fixées par le wali, et ce, en fonction de la situation du marché, indique l’arrêté interministériel du 14 décembre 1994 fixant les modalités d’exercice du commerce de troc frontalier. Le même texte évoque la création d’un compte spécial «troc», qui n’a jamais eu lieu. Les produits algériens commercialisés dans le cadre du troc frontalier sont les dattes communes, dattes Frezza à l’exclusion des autres variétés de dattes dont Deglet nour, sel domestique, objets domestiques en plastique, aluminium, fonte, fer et acier, couvertures, artisanat local, à l’exception du tapis en laine. Concernant les produits en provenance du Mali et du Niger, il s’agit du cheptel vif, henné, thé vert, épices, viandes sèches, tissus turban, tissu tari, miel, beurre rance de commercialisation locale, légumes secs, riz et mangues. Actuellement, les produits les plus échangés sont le thé vert, les tissus locaux, le gingembre et le henné.

N. B.

Remboursement des frais de transport des produits alimentaires : 60 milliards de centimes dépensés annuellement

En 2017, l’Etat a déboursé 60 milliards de centimes pour le remboursement des frais de transport d’environ 86.000 tonnes de produits alimentaires, bétail et bois de coffrage destinés aux 270.000 habitants de la wilaya de Tamanrasset. En ces temps de crise, ces aides risquent de prendre fin.

«L’Etat ne peut plus prendre en charge et subventionner tous les produits. C’est pour cela d’ailleurs que le transport des produits de luxe et des fruits et légumes n’est pas pris en charge», prévient le directeur du commerce de la wilaya de Tamanrasset, Abderrahmane Barchiche. Pour l’année 2018, quelques légères modifications ont été apportées dans l’évaluation des besoins, «afin réduire l’enveloppe destinée au Fonds du Sud», a-t-il indiqué. La révision et la rationalisation de ces dépenses seront perceptibles, notamment pour le transport en intra-wilaya, c’est-à-dire vers Tinzaouatine et In Guezzam où une quantité de 1.000 tonnes de huit produits de base y sont acheminées mensuellement.

Barchiche

Le remboursement des frais de transport des produits destinés au sud du pays a débuté en 1995. Les prix appliqués à cette époque n’avaient pas suscité l’intérêt des commerçants, ce qui a poussé les pouvoirs publics à procéder à une augmentation des prix et à la création d’un fonds de compensation en vue d’approvisionner correctement ces régions. Ainsi, le transport d’une tonne de marchandises vers Tamanrasset est subventionnée à hauteur de 3 DA le kilomètre. Un tarif qui a suscité l’engouement des commerçants, ce qui a nécessité l’organisation de l’activité à travers la mise en place de cahiers des charges.

Ce Fonds prend en charge le remboursement du transport de 27 produits dont la semoule, la farine, le lait en poudre, le riz, les aliments de bétail, la pomme de terre (30 tonnes par mois), le savon, l’huile de table, le sucre, le rond à béton et le bois de coffrage. «La liste est plus longue, mais les commerçants évitent de commercialiser certains produits pour des raisons de taxes, de non-rentabilité ou d’absence de demande. Il s’agit notamment du concentré de tomates, café, farine pour enfants, thé, levure, légumes secs, articles scolaires, médicaments, blé dur, gaz butane, emballage en plastique et la presse écrite», a expliqué le responsable. Des mesures ont été mises en place pour le contrôle de toute marchandise transportée par route. Ainsi, des agents de contrôle se déplacent pour faire le constat et vérifier le produit et la facture.

Les demandes de remboursement sont établies par les agents de contrôle tous les trois mois et le payement est entamé dès que les crédits sont débloqués.

L’approvisionnement des zones intra-wilaya et frontalières offre des conditions avantageuses aux transporteurs. Ainsi, 62 opérateurs assurent l’arrivée des différents produits jusqu’à In Guezam (390 km au sud de Tam) à raison de 8,15 DA la tonne pour un kilomètre parcouru, 60 opérateurs vont jusqu’à Tinzaouatine (508 km) où le tarif est de         7,76 DA la tonne pour kilomètre. Il en est de même pour Idless           (225 km), cotée à 8,35 le kilomètre la tonne et Tazrok (301 km) cotée à 8,25 DA le kilomètre où un seul opérateur assure le transport pour chaque région.

Outre le constat à l’arrivée des marchandises, le rôle des agents de contrôle est de veiller au respect des prix par les commerçants de détail pour éviter toute inflation. «Tout contrevenant risque la suspension, la fermeture du magasin, des poursuites judiciaires et même son inscription sur le registre national des fraudeurs», a souligné Barchiche.

N. B.

«Oléa Tam» : Première huile d’olive produite dans la région

Ce qui était, il y a une dizaine d’années, une tentative pour tester la culture de l’olivier dans le Grand Sud, est devenu aujourd’hui une réalité qui a donné lieu à une récolte qui entame sa troisième saison et à une huilerie. L’aventure a commencé en 2003 par la plantation d’une vingtaine d’oliviers dans un champ agricole acheté par M. Sadek, retraité. «Feu Frentina a commencé à cultiver l’olivier, mais de manière artisanale qui lui demandait énormément de temps. Il ne savait pas comment produire l’olive de consommation», raconte Sadek, propriétaire de ce champ, situé à quelques kilomètres du centre-ville de Tam. Le temps passé dans l’entretien du champ et son approvisionnement en plantes d’oliviers de consommation, a donné ses fruits au bout de quelques années. Non loin du champ agricole, un pressoir est déjà opérationnel. «Je suis à la deuxième récolte et je prépare la troisième», note l’agriculteur.

D’une capacité de 50 kg par heure, cette mini-huilerie a déjà produit 100 litres d’huile en moins de cinq heures. «Nous pouvons produire 28 litres d’huile pour 93 kg d’olives. Le rendement est plus important que dans le nord du pays», souligne Sadek. En sa qualité de président d’honneur de l’Association des jeunes fellahs, il a encouragé les adhérents à planter l’olivier pour donner un élan à un nouveau type de culture dans le Hoggar. «La publication de mes premières récoltes sur les réseaux sociaux a motivé, encore plus, ces fellahs pour tenter l’expérience. L’expérience a donné d’excellents résultats et c’est ainsi que cinq jeunes fellahs ont récolté leur production et sont fiers d’avoir pu produire de l’huile d’olive dans l’extrême sud du pays». Selon Sadek, la région est propice à la culture de l’olivier dont l’entretien n’exige pas beaucoup de technicité. En 2017, le pressoir de Sadek a produit 220 litres d’huile pour les 20 arbres plantés, d’une qualité excellente.

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«Le résultat obtenu s’explique par le climat de Tamanrasset, qui est semblable à celui de la Méditerranée. En outre l’eau souterraine est de bonne qualité», précise l’agriculteur, dont les investissements ont été consentis sans aucune aide des pouvoirs publics. Le coût de la machine acquise en Italie est de l’ordre de 5 millions de dinars. «Je pense que le ministère de l’Agriculture doit soutenir ce genre d’investissement pour inciter les gens à planter l’olivier dans la région», a-t-il suggéré, d’autant que la demande en huile d’olive du Hoggar est déjà «très forte». «C’est un produit pur et authentique qui ne contient aucun mélange et ni aucun produit chimique», a-t-il assuré. Le champ agricole a été renforcé par 100 arbres supplémentaires, pour atteindre une production de 800 litres en 2018. En outre, Sadek va acquérir un autre pressoir d’une capacité de 200 kg par heure, «pour pouvoir prendre en charge la production de tous les fellahs». Les producteurs de l’huile baptisée «Oléa Tam» (Olivier de Tam) se voient déjà exporter leur production, après le parcours de sa labellisation.

N. B.

Laiterie «Assekrem» : Des difficultés pour approvisionner les populations

La deuxième laiterie «Assekrem» de Tamanrasset produit 11.650 litres quotidiennement alors qu’elle est d’une capacité de 100.000 litres. «J’arrive tout juste à couvrir les besoins du tiers de la population du centre-ville de Tam où la demande en la matière est très forte», indique Sofiane, propriétaire de la laiterie. Deux raisons empêchent l’augmentation de la production. D’abord, la limitation du quota de la poudre de lait à 36 tonnes par mois et la grande superficie de la wilaya qui ne permet pas d’atteindre toutes les villes.

«La production n’est pas suffisante pour répondre à la demande, surtout que nous avons beaucoup de conventions avec les corps constitués», a-t-il expliqué. Les tentatives d’approvisionner en lait pasteurisé In Salah et In guezzam «où la demande est importante » se sont avérées «non rentables». La laiterie est dotée d’un matériel pour l’intégration du lait, conformément aux orientations des pouvoirs publics, mais plusieurs contraintes font que l’opération semble vouée à l’échec. «Il est impossible de faire de l’intégration dans une wilaya aussi vaste. Il y a la contrainte de la collecte de lait de chamelle en raison de l’éloignement des lieux d’élevage mais aussi le problème de la faiblesse de la production. Nous devons commencer par au minimum 1.000 litres pour faire l’intégration, alors que sur le terrain, cette quantité ne peut pas être atteinte», regrette Sofiane. A cela s’ajoute le fait que la région est dépourvue d’élevage de vaches et de chèvres. Face à cette situation, la laiterie «Assekrem» compte développer d’autres activités pour élargir la gamme de ses produits. Il est question notamment de la production du petit-lait (L’ben) en bouteille «en vue de son exportation», de la cherbet, du yaourt, et du beurre. Mais là aussi les choses ne semblent pas faciles pour cette usine entrée en production en 2016.

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Outre les contraintes administratives, l’eau utilisée dans la production a nécessité, à elle seule, un investissement colossal. «J’utilise l’eau du transfert In Salah-Tam, qui n’est pas potable et contient un taux très élevé de sels minéraux. Pour pouvoir l’exploiter, j’ai mis en place un système de dessalement et je perds 50% de la quantité qui m’est réservée dans l’air», a-t-il expliqué, dénonçant «un grand gaspillage». Les mêmes tracasseries ont été relevées pour le raccordement en gaz, électricité et gasoil afin de faire fonctionner l’unité. Même l’assiette attribuée pour l’implantation d’une grande usine destinée à la fabrication de tous les produits laitiers a été divisé en deux, à la dernière minute. «J’ai beaucoup galéré pour avoir tout cela. Et je me demande où est le soutien accordé par les pouvoirs publics aux opérateurs désireux d’investir dans le Grand Sud», s’interroge-t-il.

N. B.

Recherche illégale de l’or : Une activité en plein boom

La recherche et l’exploitation illégales de l’or dans le désert de Tamanrasset ont explosé ces dernières années. Et malgré les arrestations effectuées par les services de sécurité dans le milieu des chercheurs d’or qui s’est créé, des centaines de personnes de la région et des pays limitrophes tentent chaque jour leur chance.

«Outre la saisie de produits alimentaires de large consommation, il y a lieu de signaler l’ampleur prise par les équipements de recherche de l’or», a déclaré le sous-directeur de la technique douanière de Tamanrasset, Amara Abdessatar Ghemam. Ainsi, le responsable relève «l’explosion» de l’activité de recherche de l’or dans le désert en dépit des mesures de sécurité prises et le durcissement des peines à l’encontre des personnes arrêtées.

«La recherche de l’or reste une activité très en vogue malgré les arrestations opérées. En 2016, nous avons mené une vaste opération avec les éléments de l’ANP au nord-est de la wilaya, qui s’est soldée par l’interpellation de 1.189 personnes étrangères. C’était en fait une ville entière qui s’adonnait à cette activité», souligne-t-il. Pis, les douaniers ont trouvé des cadavres de personnes tuées après avoir terminé leur travail de recherche de l’or. «Les réseaux mafieux exploitent ces gens en les dotant d’équipement de détection de l’or et une fois leur mission terminée, ils les tuent et font appel à d’autres», a indiqué Ghemam.

La surveillance du grand désert de Tamanrasset n’est pas une mission facile. L’étendue de la wilaya, ses reliefs, sa proximité des pays qui connaissant des turbulences internes font que la mission des douanes reste difficile, d’autant qu’ils ne disposent pas de beaucoup d’effectifs. «C’est pour ces raisons que nous optons pour les sorties ciblées et la collecte du renseignement», indique le responsable.

N. B.

 

Contrebande : Le phénomène prend de l’ampleur

La contrebande, notamment des produits alimentaires subventionnés, est devenue un phénomène tres répandu à Tamanrasset. La différence entre les quantités transportées annuellement du nord du pays vers cette wilaya et le nombre d’habitants renseigne sur l’ampleur de ce trafic.

En dépit de la forte réduction depuis 2013, du nombre des sorties des équipes des douanes pour traquer les contrebandiers, il a été saisi 75 détecteurs de métaux, 60 groupes électrogènes, 38 marteaux piqueurs, 19 véhicules de tourisme, 11 camions, 372.000 litres de mazout, 2 appareils téléphoniques satellitaires, 1 fusil de chasse, des quantités de sucre, de pâtes alimentaires, de chaussures. Ceci lors de 35 opérations.   800 personnes de nationalités algérienne et étrangère ont été arrêtées.

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«Il est inadmissible que l’Etat assure la subvention et le transport de produits de base qui finissent chez les contrebandiers et des fraudeurs», a déclaré le directeur du commerce de la wilaya, Abderahmane Barchiche, pour qui «la lutte contre ce phénomène   doit se faire dans un contexte de coopération et de coordination avec tous les services concernés ».  

En affirmant le principe d’égalité qui donne aux populations du Grand-Sud le droit d’être approvisionnées au même titre que celles des autres villes du pays, le responsable a souligné que cette situation ne peut plus continuer. «Nous ne pouvons plus se permettre ce laisser-aller. Nous allons essayer de trouver un moyen d’évaluer les besoins et de faire parvenir les produits aux populations en procédant à des contrôles inopinés chez les commerçants bénéficiaires du fonds du Sud», a-t-il indiqué.

En attendant, les produits subventionnés traversent les frontières pour être écoulés dans les pays du Sahel. Dans cette immensité désertique, traverser les frontières est un fait tout à fait anodin. D’autant qu’à Tamanrasset, le chômage endémique et l’absence d’investissements dans les domaines industriel et agricole encouragent le marché informel. L’éloignement et l’absence de développement font que cette ville dépendra encore longtemps du Fonds du Sud et du soutien des pouvoirs publics.

N. B.

La route In Salah-Tamanrasset : Un tronçon meurtrier

La dégradation du tronçon routier reliant In Salah à Tamanrasset (600 km) sur la RN1 est à l’origine de la survenue de nombreux accidents de la circulation mortels. Selon les chiffres de la Protection civile de Tamanrasset, 145 personnes sont décédées et 1.537 autres ont été blessées dans 719 accidents de la circulation survenus sur ce tronçon durant les cinq dernières années. Une petite comparaison avec les autres routes nationales traversant cette wilaya donne une idée sur l’importance de l’écart existant. Ainsi, durant la même période, 4 personnes sont mortes et     78 autres ont été blessés dans 46 accidents enregistrées sur la RN52 reliant In Salah à Adrar. Sur la RN55 reliant Silet à Tinzaouatine,           24 personnes sont mortes et 91 autres ont été blessées dans 33 accidents. Le nombre des accidents connaît une hausse constante sur le tronçon de la RN1 passant de 79 en 2012, à     155 en 2016. «Beaucoup de ces accidents se produisent au niveau des virages dangereux ou dans les zones inondables», a indiqué le directeur de la Protection civile de la wilaya de Tamanrasset, le colonel Chabane Mostefa. La région connue pour ses nombreux oueds n’a pas beaucoup d’ouvrages censés protéger les passants en cas de crues. La fatigue, l’excès de vitesse, la surcharge des camions notamment ceux de transport de carburant et l’imprudence des chauffeurs des transports en commun sont les autres facteurs expliquant l’ampleur des accidents de la route sur ce tronçon.

N. B.

Santé

Environnement

Société

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

Ministère de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, effectue, samedi et dimanche, une visite de travail dans la wilaya de Laghouat.

Ministère de la Formation professionnelle

Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels organise, jusqu’au 15 septembre, une caravane pour faire connaître le secteur.

Ministère du Tourisme

Le ministre du tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, présidera, dimanche, à   9h30, à l’hôtel El Djazaïr, une rencontre qui regroupera les acteurs du tourisme, les cadres de l’administration centrale et des institutions sous tutelle.

Ministère de la Santé

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organisera, le 23 juillet à 9h30, à l’Institut national de la santé publique (El Biar, Alger), une conférence de presse sur le moustique tigre.

Ministère des Travaux publics

Le ministre des Travaux publics et des Transports et le wali d’Alger effectueront, dimanche, à partir de 7h30, une visite de travail dans la wilaya d’Alger.

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