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Des étudiants bénévoles au secours des SDF à Alger
Samedi 22 Septembre 2018
Journal Electronique

IL EST 20H EN CE VENDREDI. LA PLACE EL KETTANI, à Bab El Oued, bourdonne de monde. La nuit étant particulièrement douce, la brise exceptionnellement printanière, des familles profitent pour s’adonner à quelques promenades nocturnes. Les enfants, quant à eux, jouent au ballon, aux manèges en se gavant de barbe-à-papa et d’autres friandises.

Une ambiance bien joyeuse, égayée encore plus par les lumières des lampadaires et l’odeur des grillades. Mais juste en face, un tableau différent. Sombre. Des silhouettes se meuvent avec lenteur. Comme des ombres. Elles occupent les rues les plus obscures. Là où les rayons des lampadaires ne peuvent les atteindre.

Elles sont emmitouflées dans leurs manteaux ou dans leurs couvertures, parfois en lambeaux. Des sans-abris quitiennent à rester à l’abri des regards, des lumières et du mouvement de la ville. Certains, toutefois, tenaillés par la faim, osent franchir la ligne qu’ils se sont imposée. Surtout quand des âmes charitables passent par là, avec des bols de soupe bien chaude. C’est le cas de cette soirée du vendredi. Un groupe d’étudiants bénévoles, âgés entre 21 et 26 ans, sillonne les rues de Bab El Oued et de la place des Martyrs dans une fourgonnette, avec à son bord, une gigantesque marmite de soupe aux légumes.

Dans de grands couffins, une centaine de sandwiches sont interposés, à côté de thermos de thé et de fardeaux de bouteilles d’eau. «Nous ne sommes pas à notre première opération. Nous avons acquis une grande expérience en participant à ce genre d’action avec des associations et nous avons décidé de la poursuivre avec notre propre méthode», explique Ryad, l’un des étudiants bénévoles. Cette méthode consiste à lancer des appels aux dons sur les réseaux sociaux, de produits alimentaires et autres ingrédients nécessaires à la confection des repas chauds. «On répond souvent à nos appels et grâce à ces dons, des SDF ne passent pas certaines de leurs nuits l’estomac vide. Un cuisinier, un bénévole également, prépare la soupe, et nous, nous nous occupons du reste», explique-t-il.

                                           Chacun son histoire

Leur expérience sur le terrain leur a appris à trouver facilement les «repaires» des sans-abris. Ces derniers ne sont pas tous des clochards. On trouve parmi eux des hommes instruits, des fonctionnaires, des travailleurs. Des familles entières avec des enfants, des couples… «Mais à chacun son histoire. Parfois, ils se confient à nous. Certains improvisent des poèmes, d’autres nous parlent de sciences, de religion, de management… Beaucoup sont victimes de querelles de familles. Certains étaient à l’étranger, et de retour chez eux, ils se sont retrouvés sans rien», rapporte Ryad. Les bénévoles commencent leur tournée en faisant escale du côté du marché Nelson. Ils détectent tout de suite un couple de SDF dans un jardin public. C’est avec empressement et gratitude que ce dernier accueille sa ration de soupe. Il s’agit de Mokhtar et de Fatima. Rejetés par leurs familles respectives, ils se sont retrouvés à la rue du jour au lendemain, sans maison et sans travail. «Pendant la journée, je bricole. J’essaie d’assurer un toit pour ma femme chaquesoir. Je me débrouille pour ne pas passer la nuit dehors. Je dors parfois dans les magasins où je bricole», confie Mokhtar. Pendant la journée, son épouse cherche aussi, de son côté, du travail, fait le ménage dans des domiciles. «Mais c’est très difficile. Mon mari, heureusement, gagne assez pour me permettre de passer la nuit chez une femme en échange de 500 DA», révèle-t-elle. Les allers et retours des étudiants, emportant les repas, ne sont pas passés inaperçus. Ceux qui étaient invisibles jusque-là, apparaissent, soudainement, devant la fourgonnette. De plus en plus nombreux. Tout en quémandant un bol de soupe, ils évoquent leurs camarades, dévoilant les endroits où ils ont élu domicile pour la nuit. «Ils ont faim aussi», précisent-ils. Le mouvement des bénévoles reprend de plus belle tandis qu’une file de SDF s’amplifie. Certains sont mal habillés, dégageant des odeurs nauséabondes ou d’alcool. D’autres par contre sont rasés de frais. Noureddine, entre autres, qui attend patiemment d’être servi.

                                       Les cages d’escalier, un luxe

Originaire de Tlemcen, la cinquantaine, de niveau universitaire, il s’exprime dans un français impeccable. Se retrouver à la rue est plus qu’une mauvaise surprise pour lui. «J’ai monté une affaire à Alger et on m’a escroqué. Un échec que mon orgueil n’a pas pu accepter. J’ai préféré rester ici, passer mes nuits dehors que de rentrer chez moi à Tlemcen et affronter la déception de ma famille», raconte-t-il, montrantdu doigt l’endroit qu’il a choisi pour dormir. Une cage d’escalier dans un immeuble. Il raconte que dormir dans ce genre d’endroit est presque un luxe pour les SDF. «Les habitants des immeubles acceptent rarement que des SDF occupent leurs cages d’escalier. Un autre sans-abri, devenu ami, et moi-même sommes favorisés en raison de notre niveau d’instruction et notre propreté. Nous nous arrangeons pour ne laisser aucune trace de notre passage», souligne-t-il. Un abri qui les protège, poursuit-il, des agressions. «J’ai découvert un autre monde la nuit, dont je ne soupçonnais pas l’existence. J’ai été agressé, et j’ai assisté à des scènes horribles. Le plus choquant pour moi, c’est de voir des femmes dehors. Certaines sont bien protégées, d’autres pas», confie-t-il. Son ami, Redouane, la soixantaine, s’est retrouvé également à la rue par orgueil. Avec son béret, ses lunettes, ses vêtements élégants, il donne l’impression de sortir tout droit d’un restaurant et non d’un coin sombre de la rue. «J’habitais chez ma sœur. Au bout de quelques années, elle m’a fait comprendre, d’une façon indirecte, que je la gênais. Elle ne m’a pas jeté dehors mais j’ai préféré partir que de rester et vivre dans l’humiliation», dit-il. Etant «officieusement» à la retraite, n’ayant pas encore les papiers officiels, il compte sur les repas distribués par les bénévoles pour survivre. «A mon âge, impossible de trouver du travail. Je mange ce qu’on me donne tous les soirs. Tous les jours, des bénévoles nous distribuent de la soupe, sauf les samedis et dimanches. Là, je dois me débrouiller comme je peux», ajoute-t-il. Vers 22h, la température a baissé d’un cran. La soupe risque de refroidir.

Des étudiants se sont vus chargés d’une mission de sentinelles pour détecter, plus rapidement, le «repaire» des SDF. Ils ne sont pas revenus bredouilles. Ils ont découvert, du côté de la mosquée Ketchaoua, un nombre important de sans-abris, regroupés sous des arcades. Mais avant d’y arriver là, les bénévoles ont d’abord marqué une pause dans la rue Zoudj-Ayoune. Quelques SDF se sont réfugiés dans une allée dégagée, installés côte à côte, sur des cartons ou bien à même le sol. Des éboueurs de nuit, affligés par ce triste spectacle, se sont employés à «faire le ménage» dans leurs «maisons» de fortune, les débarrassant des détritus qui s’y entassaient. La bonne odeur de la soupe n’a pas manqué, là non plus, d’attirer l’attention. Une vielle dame notamment qui, la tête baissée, a demandé, timidement, qu’on la serve. Elle dit accepter son sort dans la rue avec résignation. «C’est la vie», dit-elle, avec un sourire triste.

                                       L’humour malgré la misère

Du côté de Ketchaoua, les SDF, dont des migrants africains, ne se sont pas fait prier pour être servis. Y compris Salim, un sans-abri originaire de M’sila qui fouillait dans les poubelles publiques. «Je cherche des objets ou des vêtements que je peux vendre. Le peu d’argent que je gagne, je l’envoie à ma femme et à mes deux enfants, au bled. Quant à moi, je profite de ce que me donnent les âmes charitables pour me nourrir», relate-t-il. De ce côté-là, les sans-abris sont partagés en deux groupes. Les ivrognes qui papotent avec allégresse, se taquinent, se moquent d’eux-mêmes. «Je dispose de 300 millions de centimes dans mon compte et je peux m’offrir une maison. Mais je préfère rester ici avec toi !», assure ironiquement l’un d’entre eux à son ami. Un autre, qui a visiblement trop bu, affirme dormir chaque soir dans un yacht !L’autre groupe, des hommes âgés pour la plupart, s’est aménagé des sortes de tentes en carton, pour y dormir le plus confortablement possible. Une dure journée de travail les attend le lendemain, selon eux. Comme Salim, ils ont quitté leurs villages respectifs, en dehors d’Alger, pour travailler dans la capitale et nourrir leurs familles. «On bricole», confie un vieux SDF, grelottant de froid, recroquevillé sous une vielle couverture. Il a demandé, au passage, aux bénévoles de leur apporter, en plus des repas, des couvertures et des vêtements. Dans la même allée, il y a Fatima. Le regard fuyant, elle a refusé poliment une tasse de thé. Installée sur un vieux matelas, elle semblait ailleurs. Elle assurait à qui voulait l’entendre, qu’elle avait une maison au 1er Mai et qu’elle n’était là que pour garder la place à l’une de ses amies SDF. «Je n’habite pas dans la rue  ! Mon amie va venir et je vais rentrer chez moi», affirme-t-elle. Une autre, un peu plus loin, s’est mise debout à l’approche du groupe des bénévoles. Sur ses gardes, elle les regardait d’un air méfiant, ne se laissant pas approcher. «On a peur qu’on nous ramène de force aux centres pour SDF. C’est déjà arrivé et c’est un véritable cauchemar d’être là-bas. C’est plus sale que la rue et on y est entassés comme du bétail ! La plupart des SDF fuient ces endroits», signale un sans-abri. Ce dernier, comme tous les autres, confie supporter mieux leurs conditions de vie grâce aux âmes charitables qui leur distribuent nourriture et vêtements. Chose que le groupe d’étudiants a l’intention de leur offrir durant tout l’hiver. «Ces actions m’ont enrichi sur le plan personnel. J’ai découvert qu’il y avait un autre monde dans mon monde. Un monde tellement tragique que mes soucis et mes problèmes quotidiens me paraissent dérisoires», dévoile Ryad.

Mahrez, un autre étudiant, confie se sentir utile et vivant en participant à ces actions de solidarité. «Ne dit-on pas, rapporte-t-il, que si vous ne trouvez aucune bonne personne autour de vous, devenez-en une ?» La même opération de distribution de repas chauds aux SDF sera reconduite le 12 janvier. Avis donc aux âmes charitables !

F.B

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L'agenda

Radio algérienne
La Radio algérienne et en collaboration avec l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda) lance le prix du «Trophée de la poésie pour la description de la Grande mosquée d’Alger». Une conférence de presse sera animée par les membres du jury le samedi 22 septembre à 10h au centre culturelle Aïssa- Messaoudi

FFS
Le Front des forces socialistes organise, le samedi 22 septembre à 9h 30, au niveau de la mutuelle des matériaux de construction, Zeralda, (Alger) des assises sociales.

FLN
Le Front de libération nationale organise,le  samedi 22 septembr à 10h, à l’hôtel le Mouflon d’or Ben-Aknoun, une réunion avec les secrétaires des mouhafadha sous la présidence du SG du FLN, Djamel Ould Abbès.

 

Ministère de la Formation professionnelle
Le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki, effectuera, le dimanche 23 septembre , une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Relizane où il présidera les festivités d’ouverture de la nouvelle année de formation 2018/2019.

Ministère des Moudjahidine
A l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de la mort du chahid Zighoud Youcef, Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, effectuera, 22 et 23 septembre , une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Constantine.

Ministère des Moudjahidine
A l'occasion de la célébration du 62e anniversaire de la mort du chahid Zighoud Youcef,  le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, effectuera les 22 et 23 septembre une visite de travail et d'inspection dans la wilaya de Constantine

Ministère des Ressources en eau
Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, effectuera, le 22 septembre 2018, une visite de travail et d'inspection dans la wilaya d'Alger.

Ministère de la Jeunesse et des Sports
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, effectuera, 22  et 23 septembre, une visite de travail et d’inspection dans les wilayas de Biskra et Batna.

Ministère de la Santé
Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organise, le 24 septembre 2018 à 9h, au niveau de l’Institut national de santé publique, El Biar, Alger, une journée d’information sur la rage.

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 HCI

Sous le patronage du Haut-Conseil islamique et avec la collaboration de l’association Saafi, spécialisée dans la finance islamique, un colloque international sera organisé les 24 et 25 novembre au Palais de la culture, à Alger, sous le thème «L’assurance takafoul et son rôle dans le développement économique global».

FIBDA

Dans le cadre de la 11e édition du festival international de la bande dessinée d’Alger, le comité d’organisation organise, le 23 septembre 2018 à 11h, à la salle Frantz-Fanon, Oref, une conférence de presse.

Librairie l’arbre à dires

Maïssa Bey signe son nouveau roman. Après «Hizya» paru en 2015, l’écrivaine revient avec «Nulle autre voix». Elle sera le 22 septembre à la librairie L’Arbre à dires, à Sidi Yahia, pour la vente-dédicace.

Ministère de l’Industrie
Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, effectuera, les 24 et 25 septembre 2018 une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Batna.

Coupole Mohamed-Boudiaf

Le rappeur français d’origine congolaise, Gandhi Djuna, alias maître Gims, sera en concert le 28 septembre à 20h, à la coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf.


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