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Soulagement et nostalgie, le patchwork d'une cité à Birtouta,
Lundi 23 Juillet 2018
Journal Electronique

La cité des 871 Logements de Birtouta, dans  la périphérie Ouest d’Alger, un jeudi d'octobre. Les habitants vaquent à leurs affaires routinières, certes rassurés d'avoir un toit, mais parfois révoltés contre le cadre de vie d'une cité qui sombre dans la banalité, comme tant d'autres « dont le nom se résume à une succession de chiffres sans âme et qu'on ne retient pas ».

Un reportage de Karima Dehiles

Des familles issues de Bouzaréah et Bab El Oued ont bénéficié de logements sociaux depuis plus d’une année. Devant le portail de l’école primaire de la cité un groupe de femmes, guettant la sortie de leurs enfants, discutent de tout et de rien.

Une jeune dame, Khadidja, dit attendre sa fille en 2e année.  « Je viens récupérer ma fille. Elle est très jeune pour trainer toute seule», confie-t-elle, en reprenant sa discussion avec sa voisine. Une autre femme, la trentaine, qui semble impatiente de rentrer, affirme que son bébé de 18 mois est chez son amie. « Je dois repartir pour  libérer ma copine. Elle est serviable et m’aide beaucoup depuis que nous nous sommes établis ici,  il y a plus d’une année», dit elle.  « J’ai quitté mon travail à cause des enfants. Il n’y a pas de crèche dans cette cité », avoue t elle. Khalti Djamila, la soixantaine révolue est une baby Sitter.  «Je m’occupe de mes deux petits-fils car mon fils et sa femme  travaillent à l’université de Bouzaréah ». Sans elle, la belle –fille aurait abandonné son boulot.  Il y a une école  primaire, un collège et  lycée qui  n’est pas loin. «  Les enfants de bas âge n’ont  aucune crèche pour les accueillir », déplorent beaucoup de femmes, surtout celles qui travaillent.

Les nouvelles villes, qui poussent comme des champignons, ceinturent Alger.  A Baraki, Ain Naadja, Ain Malha, Sidi Abdellah, Reghaia, Rouiba, El Harrach… toutes formules confondues, des villes sont érigées. Certains ne cachent pas leur bonheur de  vivre dans des appartements décents, mais les normes urbaines et l’esthétique  sont sacrifiées sur l’autel de la grande demande en logements. « Cette cité n’a pas d’attraits. C’est un ensemble d’immeubles, rien que des immeubles à perte de vue. Ni aires de jeux pour les petits, ni espaces verts ou jardin public. Les aménagements extérieurs  sont toujours en cours alors que la cité est habitée », regrette Ammi Ali,  assis sur une marche à l’entrée d’un bâtiment. Il vient de Bab El Oued.: « En hiver, les trottoirs deviennent des marécages. Les flaques d’eau, la boue sont partout et le  décor désolant », lève t-il les bras au ciel. Autre symbole de cette froideur.  Un autre résident, accosté à côté des locaux de l’OPGI fait remarquer  que « ces nouvelles cités n’ont pas de noms. C’est une succession de chiffres sans âme et que on ne retient pas ».

Dans  une autre ruelle, une vielle dame, trainant un caddy rempli de victuailles soupire  : « Mon quartier me manque. Je suis de Bouzaréah. J’ai perdu de vue mes voisines et amies de plus de 30 ans. Mais là où va ta famille, tu suis ». « Il n’y a pas de marché. Des marchands de fruits et légumes s’installent sur les trottoirs viennent chaque matin. Nous achetons ce dont nous avons besoin mais rien ne remplace le marché  », dit elle sans se soucier  de l’épicier  du coin.  « J’ai ouvert mon commerce, juste après l’attribution des logements. Je connais presque tout le monde ici. D’autres commerçants ont également suivi  pour fournir les gens en produits alimentaires et autres», nous explique t-il .

« Dieu merci. Notre grand souci est maintenant réglé. Un toit sur la tête. L’Etat a déboursé des montants colossaux  pour endiguer la crise du logement », fait remarquer Mohamed, agent de sécurité dans une entreprise publique.  « Maintenant, ces petits détails plus faciles  par rapport à ce qui a été réalisé doivent être pris en charge. Trottoirs, espaces de loisirs,  transport urbain,  sécurité, centre de santé existent  sur  les plans initiaux », clame  Messaoud, avec un air sérieux et appliqué. « Une cité, c’est un tout. Elle doit répondre  aux besoins de la population en termes de santé, sécurité notamment », poursuit-il.

L'oisiveté, mère de tous les vices

A la cité des 871 logements,  les jeunes  notamment ceux qui ont décroché de l’école, s’ennuient. A chacun ses soucis. Eux, c’est l’internet. Agés   de 18 à 20 ans, assis dans un café, ils nous font part de leurs  préoccupations. « La cité n’est pas reliée au réseau téléphonique fixe et à l’internet. Le temps peine à passer. Les journées sont longues et se ressemblent », déplore Yacine, la vingtaine. Et son copain, bien installé sur son siège, se mêle à la discussion, tout autant déprimé.  «  Avant, à Bab El Oued, on se débrouillait. On faisait des petits boulots pour avoir un peu d’argent. Mais là, on rase les mûrs car en sus de notre situation peu reluisante, on nous accuse de tous les maux. » « Cependant, je ne reste pas beaucoup dans la cité. Chaque matin, je vais dans mon ancien quartier pour travailler chez un ami boulanger », précise t-il. « La gendarmerie effectue des patrouilles pour sécuriser les lieux. Des bagarres éclatent à tout bout de champ. C’est insoutenable », fait savoir Yani, soulignant qu’il ne sort pas de chez lui « pour éviter les problèmes ». On ne m’en manque pas visiblement dans la cité .  

K. D.

Les citadins aspirent à  un meilleur cadre de vie

Par Souhila habib

La réalisation des projets du président de la République en matière d’habitat a profondément  modifié l’espace et les paysages. A vrai dire, cette tendance a commencé, il y a longtemps et désormais plus de la moitié de la population algérienne vit dans des villes ou dans ce qui y ressemble.   Une multitude d’immeubles, des villes entières même   ont vu le jour, même sur des terres qu’on croyait éternellement réservées aux activités agricoles et au pastoralisme.

Sidi Abdellah ou Bouinan ne sont plus  de simples localités vite traversées mais de nouvelles agglomérations, voire des pôles économiques. Des terrains fertiles  dans la Mitidja ont servi d’assiettes à des cités ou  le nombre de logements  dépasse en moyenne 300 unités. Désormais, d’innombrables immeubles cernent les  villes comme Boufarik, Boumerdés qui ont connu une expansion raccourcissant les distances entre  les villes.    Cela s’est accompagné aussi  d’un transfert de populations  de grande ampleur. Des dizaines de familles se sont  retrouvées dans des régions qu’elles ne connaissaient  nullement. Cet afflux met surtout à rude épreuve la gestionnaires de sites d’accueil confrontés à des besoins supplémentaires qu’il faut satisfaire en matière d’électrification , d’AEP , de sécurité  ou de prestations administratives.    

Plusieurs opérations de relogement ont été menées et les clés de logements neufs  LSP, LPP ou AADL remis  à d’heureux   bénéficiaires.  Mais les émouvantes cérémonies d’attribution qui souvent mettent  fin à des années d’attente ne règlent  pas tout.  Beaucoup de problèmes surgissent  pénalisant notamment ceux qui sont démunis de moyens personnels de transport. Il ne s’agit pas de cités dortoirs mais de lieux décentrés ou les services publics se mettent en place avec lenteur .  Ces cités ressemblent à des « no man's land », en l'absence de lignes de transport,  d’espaces de loisirs et d’établissements scolaires. A Heuraoua , près de 30 kilomètres à l’Est de la capitale quelques écoles primaires existent,  mais  en matière de santé et de loisirs, c’est le néant . On n’y trouve  ni centre de santé ni maison de jeunes et même pas  de lycée. Les enfants de ce dernier palier doivent se déplacer sur plusieurs  kilomètres et rejoindre  les communes limitrophes,  comme Aïn-Taya, Rouïba, Réghaïa ou  Bordj El Bahri. Récemment des relogés des bidonvilles de Bordj El Kiffan et Dergana à Meftah ont dénoncé dans la rue   les  conditions de scolarisation  des lycéens. Eux et les collégiens sont contraints d’effectuer de longs déplacements.  L’éloignement  des  lieux de travail rend plus onéreux les déplacements des employés. Pire, ces  grands ensembles sont devenus de véritables champs de bataille où la délinquance  pointe le bout de son nez. A  Tessala El Merdja ou  El Karsa (Ain-Naadja), des batailles rangées  ont opposé des personnes d’âge ou d’horizons divers. La ville doit être conçue et repensée  en fonction  tous ces  facteurs. Ces cités, véritables forêts d’immeubles   ne dévoilent pas seulement les cages d’immeubles  déjà    dégradés par des locataires négligents. Elles sont quelque part le reflet de nos ambitions et de nos échecs.

SH       

Le président du Conseil supérieur arabe d’architecture et d’urbanisme des villes

L’urgence de construire a défiguré nos villes

L’aménagement de la ville doit impérativement être accompagné par une réelle politique d’urbanisation pour sortir de l’anarchie qui s’est installée dans nos villes depuis des dizaines d’années. C’est ce qu’affirme le président du Conseil supérieur arabe d’architecture et d’urbanisme des villes, Djamel Chorfi.

« L’ampleur des dégâts que subissent nos villes dans leur  urbanisation est désolant », s’offusque le responsable. La principale cause de ce marasme est à trouver, selon lui, dans la politique de réalisation de logements. En clair,  l’urgence de construire des logements a supplanté  toute  planification. « Le souci de l'Etat était de trouver une solution à cette crise de logement sans chercher ni la qualité ni l’espace et encore moins les conditions de confort. C’est une urgence qui s’est notamment ressenti avec l’exode rural massif vers les grandes villes », souligne-t-il. Conséquence : tous les programmes de construction ont été réalisés avec cet impératif de faire vite. « Et quand on fait vite, forcément, on devient très peu regardant sur la qualité. Elle est tout simplement sacrifiée », regrette-t-il. Seul compte le souci est de caser une population demandeuse de logement et de plus en plus croissante. « L'exigence politique s'est passée de toutes les normes admises. Elle a foulé aux pieds la culture architecturale et a ignoré tous les savoirs urbains », ajoute-t-il.   Et les pouvoirs publics  continuent de répondre à cette demande, à ce jour, sans se soucier du cadre de vie et du caractère civilisationnel qui devraient être reflétés par les cités d'habitation.

Autre détail: les nouvelles cités et autres excroissances urbanistiques sont dénués d’équipements. «Il fallait prévoir par exemple des aires de jeux. Ce sont des espaces qui ne coûtent pas cher mais qui vont finalement améliorer la qualité et le cadre de vie du citoyen », estime Chorfi.

                                               Une seule norme : construire sans règles

L’anarchie ne s’arrête, toutefois pas, après la décennie noire. Selon cet expert international en urbanisme,  des personnes ont occupé, peu à peu, des terrains relevant du domaine du public d’ordre public. « L’Etat qui a été dans l’incapacité d’empêcher ces pratiques, en ces temps de crise, a laissé faire », a-t-il rappelé. Les constructions étaient, signale-t-il, « bâties sans aucune norme architecturales et s’étendaient rapidement en bafouillant toutes les règles débouchant ainsi sur une anarchie urbanistique, notamment dans la Mitidja qui a été gagnée par le béton de façon totalement désordonnée ».

Dans ce sens, il relève que  la loi 90-29 sur l’urbanisation et l’aménagement de la ville de 1990 est obsolète. « Nous n’avons pas les mêmes données à l’époque et à ce jour, notamment démographiques », note-t-il. Il est donc primordial que les politiques se penchent réellement sur la question pour améliorer l’urbanisation et l’aménagement des villes.

En 2008, la loi 08-15 censée donner un coup de neuf aux grandes agglomérations en régularisant et en mettant en conformité les constructions ainsi que leur achèvement, « a connu beaucoup de modifications, n’a pas été maitrisée par les collectivités locales». Elle concernait plus de 14 secteurs et a été mal comprise, donc mal appliquée, selon Djamel Chorfi, « ce qui a laissé le champ libre à la spéculation foncière ». Il a précisé que « plusieurs décisions suivirent cette loi (08-15), notamment en 2013, soit 5 ans après, pour trouver une solution  à l’urbanisation anarchiques des villes ». Ces efforts, dira-t-il, n’ont pas était vains mais n’ont pas complètement résolu le problème de l’urbanisation. « Avec le manque de moyen d’aménagements des villes (jardins, espaces verts, aires de jeux), les citées étouffent », s’est-il- désolé. « Nous construisons sans aucune vision de long terme. Avec l'absence de planification, s'ajoute l'inexistence de sociologie urbaine. Et quand elle existe, l'Etat ne fait pas appel à son expertise », regrette-t-il. Selon lui, « ceci est le résultat évident d'une absence totale de politique urbaine et le gouvernement n'a pris que peu en considération le caractère culturel de la vie citadine en Algérie ». Et pour ne rien arranger,  «les  trois quart du bâti en Algérie sont l'œuvre du secteur privé». Selon lui, les promoteurs privés algériens sont dans une logique de gain. « Et quand on est dans cette logique, on fait bien pire que l'Etat qui construit dans l'urgence. Toutes les notions d'urbanisme sont ignorées », explique-t-il.

Walid Souahi

   

 

 

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Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, effectue, samedi et dimanche, une visite de travail dans la wilaya de Laghouat.

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Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels organise, jusqu’au 15 septembre, une caravane pour faire connaître le secteur.

Ministère du Tourisme

Le ministre du tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, présidera, dimanche, à   9h30, à l’hôtel El Djazaïr, une rencontre qui regroupera les acteurs du tourisme, les cadres de l’administration centrale et des institutions sous tutelle.

Ministère de la Santé

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organisera, le 23 juillet à 9h30, à l’Institut national de la santé publique (El Biar, Alger), une conférence de presse sur le moustique tigre.

Ministère des Travaux publics

Le ministre des Travaux publics et des Transports et le wali d’Alger effectueront, dimanche, à partir de 7h30, une visite de travail dans la wilaya d’Alger.

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