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Des citoyens bloquent depuis quelques jours l’accès aux carrières d’extraction de tuf situées au mont Chenoua, en guise de protestation contre les conséquences de cette activité sur la santé des riverains et l’environnement. Les protestataires exigent la fermeture immédiate et sans conditions de ces carrières. Parmi eux, des habitants de Sidi Moussa, bourgade relevant de la commune de Nador et situé justement au pied du mont Chenoua.

«En plus des fissures qui lézardent nos murs et qui s’accentuent à chaque explosion dans les carrières, des maladies respiratoires telles que la bronchite et l’asthme commencent à prendre de l’ampleur parmi nos enfants», soutient un commerçant de Sidi Moussa. En effet, il suffit juste qu’il vente pour qu’un nuage de poussière constitué de fines particules de tuf s’abatte sur les maisons des localités ceinturant Chenoua, notamment son flanc du côté de Nador. «Cela fait trois ans qu’on suit avec inquiétude l’évolution de la situation au mont Chenoua. Nous avons effectué des visites pour constater de visu l’étendue de la catastrophe», affirme le président de l’Association de protection du consommateur et de son environnement à Tipasa, Hamza Bellabès. Pour lui, le mont Chenoua subit une véritable agression. «Ce lieu est vivant et recèle une richesse faunistique et floristique diversifiée avec certaines espèces qu’on retrouve rarement ailleurs. A cela s’ajoute sa dimension patrimoniale, touristique et culturelle», assure-t-il. Les exploitants des carrières ont pratiqué trois immenses cratères de couleur jaunâtre visible de loin. Pour ce responsable, il est inadmissible que cette richesse naturelle puisse dépérir dans l’indifférence. «Depuis juillet 2017, le mont Chenoua est devenu une aire protégée. Ce statut devrait lui garantir une exceptionnelle protection. Nous demandons à ce que ce site soit préservé», espère-t-il. Pour lui et les autres protestataires, la protection du mont Chenoua transcende l’enjeu économique, et ce, à bien des égards. «Nous ne voulons pas du tout bloqué le développement économique. Des alternatives existent pour délocaliser l’extraction du tuf dans d’autres endroits qui ne représentent pas un impact négatif sur la santé public et l’environnement», conclut Hamza Bellabès.

Amirouche Lebbal