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La période des soldes a commencé depuis le début de ce mois à Bejaïa, et les commerçants, comme leurs clients, ont encore jusqu’au 12 février pour, les uns, gonfler leur chiffre d’affaires, et les autres, satisfaire leur boulimie d’achat sans se mettre à plat leur budget. Mais il faut tout de même relativiser tout cela. Dans la capitale des Hammadites, il n’y a qu’à peine une vingtaine de magasins qui proposent des promotions. La plupart font dans l’habillement, même s’il y a quelques francs-tireurs dans l’ameublement ou l’électroménager, par exemple. Par rapport aux années précédentes, il y a certainement un léger mieux. Dans tous les cas, cela dénote que les campagnes de soldes ne sont pas encore bien ancrées, non pas chez le consommateur, mais plutôt chez les commerçants. Pour pouvoir proposer des soldes, il est nécessaire de demander une autorisation auprès de la direction du commerce, introduire un dossier qui détaille les articles à solder, qui doivent avoir au moins déjà trois mois en vitrine, leurs prix, anciens et nouveaux (que le commerçant fixe lui-même) qu’ils doivent distinctement afficher, les factures... Bref, même si la procédure est très simple, certains sont rebutés. Pour différentes raisons, bien sûr, que chacun peut deviner, connaissant les pratiques. Certains, d’ailleurs, ne se prennent pas trop la tête avec la réglementation, et affichent des soldes sans être autorisés. Ce qui, d’évidence, constitue une concurrence des plus déloyales. Pour autant, l’administration évite de sévir, pour promouvoir cette culture commerciale, et préfère jouer sur la corde sensible afin d’amener plutôt ces récalcitrants à se conformer à la loi. Le client, quant à lui, n’est pas toujours content également. Les soldes varient entre le petit mensonge et l’arnaque. Ainsi, le plus souvent, les articles soldés sont de piètre qualité et ne constituent qu’un petit rayon du magasin qui utilise en fait cette astuce pour attirer de la clientèle avec l’espoir d’écouler des articles bien plus chers, si le client fait preuve de naïveté, et nombre d’équipements proposés au solde sont en fait défectueux. Certains commerçants réduisent même la promotion sur les articles qui se soldent trop vite ! Bien sûr, les services de contrôle tentent tant bien que mal de circonscrire les malhonnêtetés, mais pour l’heure, ils font avec les moyens du bord. Malgré toutes ces anicroches, le consommateur est tout de même content que s’installe cette culture commerciale. Surtout en ces temps où tout flambe. Et puis, malgré tout, il reste toujours possible de dégotter la bonne affaire, car il y en a.

Ouali M.