Alice Kaplan présente « En quête de l’étranger »:Sur les traces de Camus
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Mardi 26 Mai 2020
Journal Electronique

Alice Kaplan est une écrivaine américaine, historienne, titulaire d’un Phd en langue française, qu’elle enseigne actuellement à l’université de Yale aux Etats-Unis. Elle est spécialiste de littérature française du XXe siècle et considérée comme la spécialiste d’Albert Camus. Et c’est de Camus et de son œuvre « L’étranger » qu’elle est venue parler dimanche dernier, à l’institut français d’Alger.

« Si un auteur peut mourir, son œuvre reste en vie et traverse les siècles, et on peut parler de naissance d’un livre, de sa gestation, de sa formation et son accomplissement et même de ses enfants » estime l’universitaire, soutenant que « L’étranger » est le livre dont la vie a le plus compte dans la sienne. Elle décide donc d’écrire une biographie, non de Camus mais de son roman « l’étranger ».

« Comme si je racontais l’histoire de mon meilleur ami » confie-t-elle. Voulant se rapprocher autant que possible de Camus, de son travail et de son état d’esprit lors qu’il rédigeât son roman, elle se lance alors un défit « Pourrais-je lire L’étranger comme si je le découvrais pour la première fois », confie-t-elle. C’est là, dit-elle que l’Algérie est devenue l’élément central de son enquête. « L’Algérie est restée longtemps la pièce manquante de ce qu’on m’a appris de L’étranger, elle est reste absente de ma connaissance de l’œuvre » affirme Kaplan.

« Je me suis rendu compte, dit-elle, que ce qui séparait Camus de De Beauvoir et Sartre était sa naissance en Algérie dans un milieu pauvre, son éducation et sa relation avec la nature » affirme l’universitaire

Alice Kaplan a voulu restituer quelques éléments de ses promenades en Algérie qui lui ont permis de lire « L’étranger » autrement. Son livre dit-elle, « est tissé de balades, de fouilles les journaux dans les carnets de Camus et ses manuscrits. C’est donc une topographie de l’œuvre que j’ai réalisé ».

Kaplan déclare « je ne voudrais pas débattre de la position de Camus par rapport à l’Algérie, ce débat est satur » et même miné. Je m’intéresse à lieu générateur de fiction et j’entends la notion d’influence algérienne de façon très concrète non idéologique ». Camus, dit-elle, a vécu l’Algérie comme une fontaine pour tout son travail.

 

L’œuvre décortiquée

Cinq éléments principaux ont fait l’objet de la conférence d’Alice Kaplan, des éléments clés, dit-elle, dans la naissance et le cheminement de l’œuvre de Camus.

Le premier élément est la maison de Camus à Telemely, qu’il nomme « La maison devant le monde ». Cette maison fut d’abord le lieu d’un échec littéraire pour Camus, son premier livre « La mort heureuse », dont il n’était pas satisfait et qu’il avait mis dans un tiroir, « Le frère ainé de  L’étranger » dit-elle. Kaplan va à la recherche de cette maison. « Imaginez ma joie presque enfantine lors que moi aussi j’ai gravé cette  colline qui mène vers la maison de Camus». « Cette montée m’a appris quelque chose d’essentiel sur Camus. J’avais imaginé le jeune démuni de Belcourt, vivant dans le silence et la misère. J’ai découverts l’homme ambitieux, l’homme de théâtre dont les meilleures amies sont des héritières oranaises ». Lors de son écriture de son premier roman « La mort heureuse », surgit dans ses notes une autre histoire, celle d’un homme condamne à mort ; celui qui deviendra Meursault et il habite Belcourt, déclaré Kaplan.

Le second élément de sa quête est « Alger Républicain », journal où Camus écrivait. « C’est en travaillant come journaliste qu’il devient l’écrivain qu’il était ». A Alger Républicain, il écrivait sur des procès auxquels il assistait et c’est un de ces procès qui fera l’objet de son roman, celui du Cheikh El Okbi, équivalent, dit-elle, de l’affaire Dreyfus. Camus passe des heures au tribunal d’assises à écouter les témoignages. Il s’inspire des personnages pour écrire « L’étranger ».

Un troisième élément évoqué par Alice Kaplan, qui inspire également Camus, est le film « Le Schpountz » de Visconti, interprète par Fernandel. C’est ce film dit-elle qui donne l’intrigue principale de « L’étranger ». Ce film, dit-elle, constituait une détente pour Camus, dans ce métier harassant de journaliste, ou se reconnaissait-il dans le personnage de Fernandel 

Le quatrième élément est Paris. Camus est banni en 1940, par le gouvernement français d’Algérie « Pour ses écrits anticoloniaux et pacifistes à Alger Républicain ». Paris est aussi le lieu où il termine d’écrire « L’étranger ». Kaplan énumère les différents lieux où Camus avait résidé, son travail à « France Soir », « Un travail qu’il détestait » affirme-t-elle. Sa vie à Paris, sa solitude, sa nostalgie de l’Algérie, lui inspirent également quelques passages du roman.

En fin la plage de Bouisseville, près d’Ain Turc à Oran où Camus a passé le mois de juillet 1939 avant de partir à Paris. C’est aussi le lieu où se produit un fait divers qui inspire le meurtre commis par Meursault dans le roman. Kaplan va à la rencontre de la famille de la victime, qui n’est pas morte en réalité. Elle épluche les journaux de l’époque pour retracer ce fait divers et découvre que « l’Arabe » qui ne porte pas de nom dans le roman, est Kaddour Betouil et que l’auteur du forfait est Bensoussan.

Alice Kaplan déclare aussi que lors de ses recherches dans les manuscrits de Camus le personnage est transcrit « Mersault » et non « Meursault », et ajoute « la question qui reste pour moi non élucidée est « Qui a ajouté le « U » a Meursault ?

 

L’histoire d’une quête

Alice Kaplan raconte l’histoire d’une des œuvres d’Albert Camus les plus lues et les plus traduites dans le monde. Subjuguée par l’œuvre et sa réussite ainsi que l’intérêt qu’elle suscite de génération en génération, elle se lance sur les traces et sur la genèse de la première œuvre de Camus. De cette quête nait un livre, « En quête de L’étranger » qu’elle signe aux éditions françaises Gallimard. Ouvrage récemment réédité en Algérie par Barzakh.

Kaplan découvre le roman de Camus à l’âge de 15 ans. Il lui est offert en livre de poche. Comme beaucoup d’élèves de français dit-elle, « j’apprends l’imparfait et le plus que parfait, grâce à des phrases de « L’étranger » recopiées au tableau ». À l’université elle étudie Camus en même temps que De Beauvoir et Sartre. Elle apprend dit-elle « que l’existence précède les sens, Que la mauvaise foi est un formidable moteur pour la fiction et que les copains de Sartres sont deux manifestations de l’absurde ». On m’apprend, ajoute-t-elle,  « qu’une œuvre littéraire ne doit être lue, ni par rapport à la vie de son auteur, ni par rapport au engagement de celui-ci, car ce qui compte c’est le langage, la rhétorique et le style ». 

Hakim Metref

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