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Des partis politiques, des organisations syndicales et des personnalités nationales et des collectifs qui ont émergé du mouvement populaire, ont appelé, mercredi à Alger, lors de la rencontre des partis appelés "Forces de l'alternative démocratique", à des actions communes pour instaurer un dialogue "sérieux" en vue de sortir de la crise politique que traverse le pays.

Les forces de l’alternative démocratique, qui regroupent des partis politiques, des organisations du mouvement associatifs, des syndicats, des personnalités nationales et des collectifs qui ont émergé du mouvement populaire, exigent des préalables sans lesquels   aucune négociation et aucune transition démocratique ne seront possibles.

« La libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion, la libération du champ politique et médiatique, l’arrêt immédiat des harcèlements judiciaires et des menaces contre les citoyens, les militants des partis politiques et de leurs organisations, du mouvement associatif, des syndicalistes, des militants de droits de l’Homme, des journalistes », lit-on dans la déclaration, signée hier à Alger par les participants à l’issue d’une rencontre organisée au siège national du RCD. Pour une transition démocratique et pacifique, le document a mentionné également « l’arrêt immédiat du bradage des richesses nationales et la récupération des biens spoliés ». Pour les signataires (FFS, le RCD, le PT, le PST, MDS, UCP, PLD, la LADDH, réseau NADA…) « cela passe par l’organisation d’une période de transition qui réunit les moyens politiques pour l’expression d’une véritable souveraineté du peuple et l’édification d’un Etat de droit démocratique ». Les fondements de l’Etat de droit auquel aspire le peuple algérien sont « l’indépendance de la justice, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, la non utilisation de la religion à et du patrimoine et des symboles de la Nation à des fins politiques, l’égalité en droits entre les Hommes et les Femmes, la non utilisation de la violence pour la conquête et l’exercice du pouvoir ». Il s’agit également du « droit d’association, d’organisation syndicale soumis au seul régime déclaratif, le droit de réunion, d’organisation et de manifestation, la garantie par l’Etat des droits sociaux et économiques fondamentaux des citoyens ».

La déclaration insiste sur « la consécration des libertés individuelles et collectives, syndicales et le droit de grève, la souveraineté populaire sur les richesses naturelles de la nation, la Consécration du rôle de l’Etat dans la conduite du développement national et la lutte contre les inégalités socio-économiques et la pauvreté, le respect de tous les pluralismes », lit-on encore.

Les participants se disent déterminés à œuvrer dans un cadre unitaire ouvert à toutes les forces qui se reconnaissent dans l’alternative démocratique pour permettre au peuple algérien de recouvrir toute sa souveraineté.

La rencontre des forces de l’alternative démocratique sera rééditée le 6 juillet prochain, a annoncé l’ancien ministre de la communication et diplomate, Abdelaziz Rahabi, chargé de la coordination entre toutes les parties pour la conférence. « Les recommandations qui sanctionneront cette rencontre seront transmises au chef de l’Etat », a-t-il ajouté. «L’objectif est de dégager des mécanismes pour sortir de la crise et aller dans des délais raisonnables vers la   présidentielle», a noté l’ancien ministre.

La totalité des participants à la rencontre sont unanimes à appeler le pouvoir à prendre d’urgence des initiatives pour l’apaisement de la situation pour garantir les conditions idoines pour un dialogue inclusif sans exclusion. « La démission du gouvernement de Bedoui est une exigence pour rassurer le hirak et montrer la volonté du pouvoir de répondre et de s’impliquer dans l’apaisement de la situation », a expliqué Mme Zoubida Assoul, présidente de l’UCP, notant « la nécessité d’une période transitoire pour un assainissement politique et institutionnel pour écarter les figures de l’ancien système ». Pour sa part, le président du RCD, Mohcen Belabés, a affirmé que « les forces progressistes ont le devoir de contribuer à trouver une issue à la crise en réunissant tous les acteurs autour d’un dialogue sérieux, qui prendra le temps qui faut ». "Il faut s'entendre sur les mécanismes de cette transition pour la mise en place d'une nouvelle gouvernance, car le peuple est sorti pour dénoncer le système corrompu", a-t-il dit, ajoutant qu'"actuellement, c'est toujours l'Etat profond qui tient les rênes du pays".

Karima Dehiles