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Mohamed Djemaï, élu dernièrement nouveau secrétaire général du FLN, évoque dans cet entretien le soutien au mouvement populaire national ainsi que le rôle de l’institution militaire dans la prise en charge de la crise actuelle et la situation organique du FLN.

 

Quelles sont les importantes décisions que vous allez prendre prochainement en tant que nouveau secrétaire général du FLN ?

Dans les décisions, il y a des priorités. A cet effet, nous plaidons notamment le retour à la légalité et à la légitimité des structures du parti dont essentiellement le comité central qui a repris son pouvoir décisionnel. Nous envisageons des actions efficaces. Sur les priorités actuelles, figurent la désignation d’un nouveau bureau politique, afin de redynamiser les structures de base du parti. Ainsi, beaucoup de choses restent à faire, vu que le FLN a connu des déboires, provoquant une vague d’indignations auprès des militants et de la population. Afin de préserver la place de ce parti, un énorme travail nous attend qui exige patience, volonté et bonne foi. Malgré les difficultés qu’on peut rencontrées dont des accusations infondées, nous allons nous concentrer sur d’autres priorités et d’autres missions. Le parti va consacrer la démocratie et la transparence totale dans son fonctionnement.

Justement, quel est votre programme pour y arriver?

En premier lieu, je compte réunir l’ensemble des militants du FLN. En second lieu, j’envisage de créer une nouvelle dynamique au sein du parti. En troisième lieu, j’ambitionne de redonner la crédibilité au parti.

Quelle lecture faites-vous du mouvement populaire enclenché le 22 février dernier?

Le mouvement populaire qu’a connu l’Algérie et cette révolution citoyenne ont dissuadé plusieurs parties qui pensaient que l’Algérie allait sombrer et s’enliser. Le patriotisme et la spontanéité des jeunes ont eu le dessus. Notre peuple a fait montre d’un haut niveau de conscience et de maturité, manifestant ses revendications et ambitions légitimes à travers un comportement civilisé, qui a forcé l’admiration du monde entier. Nous nous mettons en adéquation avec les revendications populaires car nous sommes issus de ce peuple. Nous devons tout autant être aux côtés des institutions de l’Etat et en particulier de l’armée qui est actuellement la cible d’attaques importantes.  Je salue sa position et sa parfaite cohésion avec les exigences populaires. C’est une institution forte, cohérente et qui a joué pleinement son rôle et de manière exemplaire. Elle a préservé l’Algérie et même le mouvement populaire. Il est important que l’Etat prenne en considération les différentes difficultés de la population. L’Etat doit traiter, dans le fond, les différentes préoccupations des citoyens, d’une manière effective et non à travers les médias. Je citerais l’exemple des mesures d’expulsion des harraga qu’on montre à la télévision. L’idéal est d’aller en profondeur pour cerner la problématique.

Quelles sont vos propositions pour sortir le pays de la crise actuelle?

Pour moi, il est nécessaire qu’il y ait un dialogue intelligent, constructif et de bonne foi, et non celui qui est proposé par des parties non sincères, qui insultent l’institution militaire. Le dialogue auquel nous appelons vise essentiellement à construire un consensus fécond.

Vous avez dernièrement déclaré que Saïd Bouteflika était le pilier des forces anticonstitutionnelles. Qu’en est-il au juste ?

Je maintiens et confirme cette déclaration. En effet, il est le pilier des forces anticonstitutionnelles du pays. Ces forces ont marginalisé beaucoup de cadres du FLN et se sont ingérés dans la gestion de nos affaires. C’est pour cela qu’actuellement le FLN est la cible de beaucoup, dont ses propres militants.

Entretien réalisé par Samira Sidhoum