Imprimer

«La commune évolue mais elle a besoin de davantage de prérogatives». Ce constat est celui de nombreuses formations politiques contactées à l’occasion de la Journée nationale de la commune. Mohamed Bouabdallah, président du groupe parlementaire du FLN, a affirmé que la commune constitue «la cellule basique et essentielle de l’Etat. Elle a connu des avancées remarquables notamment avec le passage à l’informatisation des documents d’état-civil». Il recommande toutefois une mise en place de conseils consultatifs permettant aux citoyens de participer à la prise de décision. D’après lui, «les lois actuelles sont bonnes. Il suffit juste d’introduire de nouvelles mesures afin d’engranger des recettes fiscales supplémentaires au profit des assemblées locales». Il a tenu à rappeler qu’une nouvelle loi est en phase de préparation pour combler les manques enregistrés. Cheikh Barbara, président du groupe parlementaire du MPA, estime, quant à la lui, «que la commune a besoin de réformes afin qu’elle s’épanouisse véritablement». «Il est temps que le président de l’assemblée communale se réapproprie ses droits. Ce n’est pas normal qu’il soit responsable uniquement de l’éclairage public et de l’hygiène. Le P/APC doit avoir un rôle économique afin de s’inscrire dans la politique engagée par le gouvernement. Dans le cadre du projet de loi en phase d’élaboration, l’élu local doit retrouver ses prérogatives. La Journée de la commune dure une journée mais les prérogatives de la commune et de la wilaya doivent être durables», a-t-il soutenu. Filali Ghouini, secrétaire général du mouvement El Islah, partage cet avis. Après avoir mis en avant les «grandes réalisations des assemblées territoriales acquises suite à de multiples réformes», il affirme «que la commune doit être réhabilitée non en tant que cadre administratif, mais comme espace de participation citoyenne». Parmi les défaillances relevées par Ghouini, le dossier du logement qui est supposé être du domaine de compétence communal. Il souligne que le P/APC n’est qu’un membre dans le cadre de la commission du logement que préside le chef de daïra, alors qu’il «est mieux placé pour connaître les besoins locaux de sa commune». Il indique, en outre, que la commune doit aussi attirer les investissements et non pas se contenter d’attribuer des lots de terrain aux investisseurs sur demande des walis. Ghouini soutient que ces derniers ne tiennent pas compte des avis des P/APC. Pour ce qui est de l’aménagement du territoire, il plaide pour la révision de la fiscalité locale dans le cadre du projet de loi sur les collectivités territoriales qui regroupera dans un seul texte les codes communal et de wilaya. Kamel Mida, député du parti TAJ, souligne, pour sa part, l’importance de former les nouveaux élus qui n’ont qu’une année d’exercice. Il déclare que la nouvelle loi sur les collectivités territoriales est très attendue car «elle devra consacrer une nouvelle vision de la gestion participative».

K. A. K.