Les partis et le code électoral: des divergences politiques
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Jeudi 06 Août 2020
Journal Electronique

Le développement du régime électoral qui a été récemment au cœur des débats d’une journée d’étude sur «les garanties pénales dans la loi électorale» a été diversement apprécié par les partis politiques. Si certains ont souligné l’importance d’une telle rencontre, d’autres ont estimé que le problème ne se résume pas à des détails techniques mais il est d’ordre politique.

D’ailleurs, les juristes invités à cette journée par la Haute-Instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) ont relevé que «les crimes électoraux discréditent grandement l’opération électorale et impactent la participation politique». Le parti du RND soutient cette réflexion et appelle lui aussi à une révision constante du code électoral. «Le président du HIISE a bien raison d’insister sur le développement de la loi électorale car il y a toujours des adaptations à faire. C’est, d’ailleurs, l’objectif de cette commission qui a pour mission de réfléchir à un meilleur rendement électoral», souligne le porte-parole du RND, Seddik Chihab. Pour lui, il s’agit d’arriver à de meilleures propositions pour rendre les élections plus crédibles et assurer une plus grande adhésion des Algériens. «C’est ainsi qu’on peut asseoir une démocratie qui est l’objectif pour laquelle a été créée la Haute-Instance de surveillance des élections et que la Constitution a imposé comme une commission permanente», note le responsable. De l’avis du porte-parole du parti d’Ahmed Ouyahia, les propositions formulées lors de cette journée ont besoin de mûrir. «Nous adhérons, toutefois, à toutes les propositions du président de la HIISE dont celle qui concerne l’immunité parlementaire». Et de poursuivre : «Il est cependant important de rappeler que Derbal (NDLR, le président de la HIISE) s’est penché sur un seul côté de la question, à savoir le droit d’un candidat, ayant affaire avec la justice, à se présenter aux élections tant que le verdict n’est pas encore tombé. On ne peut pas empêcher, non plus, quelqu’un qui a été condamné et a purgé sa peine à se présenter. Cette idée a été lancée mais a besoin d’être peaufinée». Du côté du MSP qui n’a pas participé à cette journée, il n’y a pas urgence à revoir le code électoral. «Cette question a été débattue à la veille de la dernière élection présidentielle. A l’époque déjà, nous avions des réserves sur le déroulement de l’opération électorale. Nous avons exigé plus de transparence pour assurer la crédibilité de toutes les élections», a souligné le député Mohamed Cherifi. En fait, au MSP, on appelle plus à l’impartialité de l’administration «qui est un acteur principal dans toute opération électorale». Et pour cause, «la Haute-Instance indépendante de surveillance des élections est incapable d’assurer sa mission de surveillance pour plus de crédibilité. Nos élections sont souvent marquées par des irrégularités qui commencent dès l’élaboration des listes électorales et se poursuivent avec l’utilisation des moyens illicites», estime Cherifi, rappelant la revendication de son parti qui est la création d’une instance indépendante pour gérer d’une manière transparente l’opération électorale. «L’actuelle instance a prouvé son incapacité», note le député. «On préfère de loin l’ancienne instance sous la présidence de Bouchaïr. Celle-ci a été beaucoup plus coopérative. Elle n’hésitait pas à associer les partis politiques aussi bien dans la préparation des élections que dans leur surveillance. Elle a, par ailleurs, participé d’une manière très efficace à réduire les irrégularités», affirme-t-il. Même constat chez le Front des forces socialistes (FFS) qui dit revendiquer «des élections transparentes et ouvertes». Pour Jugurtha Abou, porte-parole du parti,  l’essentiel réside dans la nature du système qui a besoin de s’ouvrir sur une compétition démocratique. «Il y a besoin d’aller vers un consensus national pour asseoir une véritable démocratie. C’est au pouvoir de prouver qu’il a réellement envie d’aller vers un système démocratique. Nous n’avons pas besoin de créer de nouvelles commissions ou de parler de garanties pénales dans la loi électorale», conclut-il. Le parti de TAJ a, pour sa part, un autre reproche à faire au sujet de cette journée. Pour Nabil Yahiaoui, chargé de la communication,  le dialogue initié par la HIISE est très productif pour les partis politiques. Malheureusement, dit-il, «cette journée a été monopolisée par des interventions académiques, alors qu’on aurait aimé que le débat soit concentré sur le bilan de l’Instance qui a couvert les deux dernières opérations électorales». «On ne connaît les carences d’un texte de loi qu’à travers son application, d’où l’intérêt de donner plus de temps au débat. Les représentants des partis politiques n’avaient que 10 minutes pour exposer leur point de vue, alors qu’ils avaient réellement besoin de connaître le bilan des interventions du procureur général lors des dernières élections», précise le responsable.

Assia Boucetta

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