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L’émancipation de la femme et la promotion de sa participation politique et économique ont toujours constitué un axe essentiel du programme et du combat du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Afin de consolider les acquis arrachés en termes de droits et d’accès à l’égalité avec l’homme, le parti a organisé samedi 15 septembre , un colloque international sous le thème «Femmes progressistes en lutte pour l’égalité» à la Munatec de Zéralda (Alger).

La rencontre a permis à près d’une centaine de participantes de débattre avec des expertes des avancées et entraves empêchant l’égalité des droits consacrée par la Constitution.

 Le président du RCD, dans une allocution d’ouverture, a rappelé qu’au «lendemain de l’Indépendance, dans une société ravagée par la guerre, les privations, l’aliénation de 132 ans de colonialisme, les Algériens n’ont pas hésité à scolariser leurs filles». Pour Mohcine Belabbas, «nos parents ne voyaient aucun autre salut pour sortir du sous-développement et du déclassement individuel en dehors de l’acquisition du savoir et de l’instruction équitable pour les garçons et les filles». «Bien qu’en 2012, des mesures transitoires garantissent des pourcentages d’élues femmes à l’APN et dans les assemblées locales, des inégalités existent», a-t-il déploré en citant des chiffres. «Dans le corps des walis et walis délégués, 3 femmes seulement nommées sur 71 (4%) et parmi 100 ambassadeurs, deux uniquement sont des femmes. Elles restent largement marginalisées puisqu’elles ne représentent que 17% de la population active», a-t-il poursuivi. Pourtant, dira-t-il, «l’article 36 de la Constitution souligne l’engagement de l’Etat à promouvoir la parité entre hommes et femmes sur le marché de l’emploi». Belabbas s’est dit convaincu que «les femmes doivent investir tous les espaces et s’y engager». La secrétaire nationale à la condition féminine du parti a mis en exergue le rôle de la femme dans l’application des textes de loi. Pour Nora Ouali, «l’Etat se doit d’appliquer les textes de loi, prisonniers des tiroirs». La vice-présidente d’Afak Tounès, Samira Merai Friaa (Tunisie), a rappelé que ces 7 dernières années, la femme a marqué par sa présence massive dans les différents rendez-vous électoraux la scène politique. Evoquant sa place inédite dans la société depuis 1959, quand fut promulgué le code du statut personnel, elle reconnaîtra l’existence de disparités.

Selon elle, «cela a conduit à l’installation d’un conseil des experts présidé par le président de la République pour veiller à l’application des lois». La juriste et responsable du Ciddef a mis en exergue la difficulté de parler des droits civils des femmes, base d’une citoyenneté pleine et entière. Pour Nadia Aït Zaï, «malgré une volonté politique affichée, la réalité est encore morose».

 Souhila H.