Développement du ‘’robot-journalisme’’: l’algorithme, un allié ou une menace pour le journaliste?
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Mercredi 12 Décembre 2018
Journal Electronique

Par Rachid MOUSSA

Apparu il n’y a pas si longtemps, le phénomène du robot-journalisme tend à devenir une réalité qui s’impose dans de nombreuses rédaction de presse. Les conséquences pour le métier de journaliste ne sont pas encore évaluées, mais il devient de plus en plus   évident pour les professions de presse qu’il faut non seulement s’y faire mais surtout s’y adapter.

Comme beaucoup de professions, le journalisme est confronté aux nouvelles réalités du monde numérique qui impose de nouvelles façons de pratiquer ce métier. Sans vouloir verser dans ce débat qui voit s’affronter les tenants de la vision apocalyptique, convaincus que l’informatique menacera in fine ce métier, et les autres, adeptes d’un ‘’empowerment’’ de la profession par les outils numériques, le propos dans ce numéro est de situer les ‘’points d’impact’’ de cette ‘’révolution numérique’’ sur la pratique du journalisme.

L’intérêt pour ce sujet a été suscité par les nombreuses nouvelles de presse traitant de ces écrits de plus en plus nombreux publiés par des titres de la presse internationale, parmi les plus réputés, et qui en réalité sont rédigés par des programmes informatiques. La vedette revient au logiciel Heliograf du Washington Post qui aurait été à l’origine de pas moins de 850 articles traitant de l’actualité sportive et politique. D’après le site d’information français numerama.com, l’idée est venue à la rédaction de ce quotidien « pour épauler son équipe rédactionnelle pendant les Jeux olympiques d’été de 2016, organisés à Rio: Héliograf a alors rédigé près de 300 articles — relativement courts — sur l’actualité de la compétition », rapporte-il.

                                                   Des plumes algorithmiques

« Et comme l'essai s'est avéré plutôt concluant, le Washington Post a alors étendu l'expérience à d'autres domaines, sportifs, mais aussi politiques, affirme de son côté le site belge www.rtbf.be, ajoutant que sur « un an, le Washington Post a ainsi produit près de 850 articles utilisant Héliograf, dont 500 articles sur les élections qui ont généré plus de 500 000 clics. »

Par ce recours au ‘’robot-journaliste’’, le quotidien américain a pu augmenter sensiblement sa production éditoriale en rapport avec l’activité électorale, soit, « plus de six fois plus d'articles en 2016 que pour les élections de 2012 », selon rtbf.be.

Sur le site français www.cnetfrance.fr , un papier mis en ligne le 6 décembre 2016 fait état d’une autre expérience similaire :   « Le Los Angeles Time a de son côté conçu son propre algorithme, “Quakebot”. Programmé par un journaliste-développeur, Ken Schwencke, il a réussi à exploiter les alertes de séismes de l’US Geological Survey, afin de publier automatiquement l’annonce d’un tremblement de terre », rapporte-t-il.

A cela il faut aussi ajouter l’expérience du quotidien français Le Monde, sur les pages duquel, « près de 36 000 petits articles donnant les résultats de chaque canton ont été écrits par un robot, suivis de la signature: "Ces textes ont été écrits en collaboration avec Data2Content, une marque de la société Syllabs ‘’», avance le site rtbf.be.

Spécialisée dans l’Intelligence Artificielle pour le robot-journalisme, la société française Syllabs   travaille pour de nombreuses rédactions en France, elle vient de lever près de 2 millions d’euros pour son développement à l’international. « Le bulletin météo, les résultats sportifs... autant d'informations à faible valeur ajoutée que la société Syllabs rédige, de façon automatique, grâce à son robot d'écriture », rapporte le site du quotidien économique français lesechos.fr, ajoutant que « 4 millions d'euros de travaux de R&D conduits pendant six ans ont été nécessaires à l'entreprise pour développer sa solution, qui a été utilisée dès 2015 par le journal « Le Monde » dans le cadre de la publication des résultats de scrutins municipaux et régionaux. »

L’intrusion de l’Intelligence Artificielle dans le monde de la presse ne se limite pas à l’écriture journalistique, puisqu’elle assiste également les rédactions dans d’autres tâches susceptibles de donner une plus grande souplesse aux missions de sélection des nouvelles, de leur traitement et mise à la disposition du public.

« Comme presque tous les pans de l’économie, le secteur des médias n’échappe pas à la déferlante de l’intelligence artificielle (IA), constate le site www.strategies.fr dans un article mis en ligne le 30 mai dernier, dans lequel est également évoqué l’expérience de l’expert en innovation digitale et média et journaliste Benoît Raphaël « dont le projet vise à sélectionner parmi les millions d’articles produits quotidiennement les informations pertinentes et de qualité en fonction des centres d’intérêt de chacun »,   lit-on sur le site qui fait dire à l’expert : «Plutôt que d’IA, il faudrait mieux parler d’outils intelligents permettant de mieux faire son travail, que ce soit dans la production d’informations ou dans leur diffusion».

                                                   La Rédaction en voie de robotisation

Dans son tour d’horizons des grandes innovations algorithmiques adoptées par les rédactions, ce site parle de ‘’la robot-rédaction’’, sorte d’appui global des programmes informatiques aux tâches récurrentes d’une rédaction ; « Prenez une série de données sur un sujet, que ce soit des informations financières, des résultats sportifs ou des prévisions météorologiques. En quelques secondes seulement, une IA est capable de générer un texte de qualité », écrit strategies.fr qui voit néanmoins que cet apport se limite à certaines tâches. Le patron de la société Syllabs, qui active dans ce domaine est quant à lui convaincu qu’en matière « de vitesse et de quantité d’articles produits, la robot-rédaction permet d’aller beaucoup plus loin que ce qu’un journaliste peut faire. Mais en termes d’analyse, celle-ci ne pourra être que succincte puisque la langue porte la complexité de l’intelligence humaine, et rien ne nous permet de penser que les machines arriveront un jour à un niveau d’intelligence proche des humains» indique-t-il sur le même site dont le journaliste conclut que cela peut expliquer le fait que « la robot-rédaction, dans le domaine des médias, se cantonne aujourd’hui à l’information boursière ou à l’actualité sportive. »

Plus que cela, des rédactions se sont mise à proposer des outils informatiques pour aider les journalistes dans leur travail quotidien de recherche, de collecte, de traitement et de diffusion des nouvelles : « C’est ainsi que 20 Minutes intègrera dans la prochaine version de son outil de publication, prévu au plus tard début 2019, des fonctionnalités intelligentes qui suggèreront par exemple au journaliste des mots-clés et des articles à associer à son article, des photos pour l’illustrer et même un titre “Google-friendly”. À lui ensuite d’accepter ces suggestions ou pas », rapporte strategies.fr

Au sein de la rédaction du quotidien régional de la région de la Côte d’Azur, Nice Matin, c’est une innovation informatique qui est à l’essai avec des outils intelligents mobilisés pour améliorer l’offre des contenus rédactionnels proposés aux lecteurs. S’appuyant sur une base de données dans laquelle sont répertoriées des données relatives au lecteur, le système propose des articles adaptés au profil du lecteur et à ses attentes. L’apport du big data est également reconnu pour procurer une plus grande inspiration au journaliste en matière de recherche de matière rédactionnelle. «Combinée à l’émergence de l’open data, l’arrivée de l’IA représente une formidable opportunité pour les journalistes, qui passeront ainsi moins de temps à éplucher des données» d’après Damien Allemand, responsable digital du groupe Nice-Matin, cité par le site strategies.fr.

Une option pour laquelle semble avoir opté également le quotidien Washington Post, dont le directeur des initiatives stratégiques Jeremy Gibert ambitionne de faire un jouer un rôle plus accru au logiciel Heliograf qui, a-t-il expliqué au site rtbf.be « pourrait également être utilisé pour mettre à jour automatiquement certains articles par exemple, mais aussi repérer des tendances étonnantes dans les résultats électoraux... ou financiers »

                                             Les journalistes doivent-ils s’inquiéter?

L’introduction des outils intelligents dans les rédactions de presse et particulièrement dans le travail du journaliste ne va pas sans susciter un débat sur les véritables impacts qui pourrait affecter la profession journalistique. Comme dans ce débat récurrent sur les rapports entre l’informatique et la société en général, les avis divergent. Certains estiment le danger réel sur le métier de journaliste, au point de prédire déjà un futur proche où les algorithmes remplaceront le journaliste. San son papier mis en ligne le 6 décembre 2016, le site français www.cnetfrance.fr, avance même l’idée ‘’Des algos pour remplacer les journalistes d'ici 2025’’. Le site a, effectivement fait un tour des principales innovations algorithmiques en vigueur dans les milieux rédactionnels du monde, pour se rendre compte que la profession des journalistes est ‘’cernée’’ et devra faire avec cette nouvelle donne. « A noter que des chercheurs japonais sont allés jusqu'à développer un prototype de robot, capable de se déplacer, d’interviewer des gens, de recueillir des infos, de prendre des photos, de faire une recherche sur Internet... puis de poster des articles en ligne », donne-t-il come illustration avant de citer un autre expert en ce domaine, fondateur d’un algorithme de robot-journalisme selon lequel, « le monde étant “appelé à produire toujours plus d’éléments à analyser” grâce à l’augmentation du nombre de capteurs “de sons, d’images, de ­sensations”, les robots-journalistes sont clairement “l’avenir” », avance-t-il. Les tenants de la robotisation du journalisme s’attendent même à voir dans un temps pas si loin, un robot décrocher le fameux prix Pulitzer, « un prix américain remis à des individus dans les catégories suivantes : journalisme, littérature, fiction et musique. Il est considéré parmi les plus prestigieux du monde », précise l’encyclopédie en ligne Wikipédia.

L’impact de la robotisation de pans entiers du métier de journaliste ouvre bien évidemment la voie à toutes les hypothèses sur le devenir de ce métier. Pour certains, c’est une sérieuse menace, avec des scénarios de futurs rédaction automatisées, où le rôle du journaliste sera réduit à sa plus simple expression, voire même qu’il pourra disparaitre. Ce qui n’est pas l ‘avis de beaucoup d’experts et analystes plus soucieux de voir les synergies possibles à mettre en place entre le robot et le journaliste. «L’objectif n’est absolument pas de prendre le travail des journalistes. Aujourd’hui, nombre de médias sont dans une course à la quantité, et dans cette course, les humains ne peuvent pas gagner face aux robots. Nous sommes là pour libérer du temps aux journalistes, pour qu’ils puissent se concentrer sur l’analyse», affirme Claude de Loupy, cofondateur de Syllabs.

Sur le site français cnetfrance.fr, l’idée est plutôt pour ‘’une alliance journalistes-robots’’, puis qu’il écrit : « Du calme : non, les robots-journalistes ne remplaceront jamais les humains ». Dans son analyse, l’auteur du papier mis sur ce site avance plusieurs raisons à cette piste, parmi lesquelles, « si leur écriture est “correcte”, elle reste du niveau d’un “conte pour enfants”. » Il trouve également les algorithmes « dépourvus d’intelligence. Ils sont incapables de contextualiser réellement une info, de la mettre en perspective, et d’expliquer l’actu». Pour sa part, Claude de Loupy de la société Syllabs estime que ces algorithmes font des erreurs et que la validation de leur travail nécessite toujours une intervention humaine. Dans l’ensemble, en effet, les analystes tablent beaucoup sur une complémentarité entre le journaliste et son environnement informatique, de sorte, à ce que l’algorithme devienne l’allié du journaliste, comme le suggère le site cnetfrance.fr, ou, comme le prophétise un analyste média cité par ce même site, que cela puisse procurer un ‘’journalisme augmenté’’.

R.M

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

 

Ministère de l’Agriculture
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme du développement durable, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la  Pêche organise, jusqu’au 13 décembre, au siège de la DGF, un atelier technique.

 Ministère des Ressources en eau
Le ministre des Ressources en eau, Mohamed Necib, effectuera les 15 et 16 décembre, une visite de travail dans la wilaya de M’sila.

 Ministère de la Culture

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, présidera, le 13 décembre  à 17h, au palais de la culture Moufdi-Zakaria, la 8e édition du Festival culturel national de la création féminine.

Ministère de l’Industrie
Le ministère de l’Industrie et des Mines organise le 17 décembre à l’hôtel El Aurassi (Alger), le forum des affaires Algérie-Corée du Sud qui sera présidé par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia et son homologue  coréen, Lee Nak Yeon.

Ministère des Moudjahidine
Le ministre des Moudjahidins, Tayeb Zitouni, effectuera, les 15 et 16 décembre 2018 une visite de travail dans  la wilaya d’El tarf.

Ministère de la Communication

Dans le cadre du projet de partenariat avec l’organisation internationale de la réforme pénale PRI et à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Conseil national des droits de l’homme organisera, en coordination avec le ministère de la Communication, une session de formation, les 12 et 13 décembre à l’hôtel New Day à Hussein Dey (Alger).

Ministère du Commerce

Le ministre du Commerce, Saïd Djellab, effectuera, les 15 et 16 décembre, une visite de travail dans les wilayas de Biskra et El Oued.

Galerie Espaco
L’artiste plasticien Karim Sergoua présentera ses nouvelles œuvres sous le titre «7 Houmate», le 8 décembre à partir de 15h, à la galerie d’art Espaco. L’expo sera visible jusqu’au 8 janvier.

DGF
La Direction générale des forêts, point focal national du protocole de Nagoya, organisera, du 9 au 11 décembre, à 9h à l’hôtel Holiday (Alger), un atelier de formation sur les droits de propriété intellectuelle et l’accès et les partages des avantages APA.

 Radio algérienne
La Radio algérienne, avec la participation de
l’Onda, organisera, le 16 décembre à 16h au CIC d’Alger, la cérémonie de remise du prix du concours de poésie «Prix El Manara» dédié à la Grande-Msquée d’Alger.

FCE
Le Forum des chefs d’entreprise organisera, le 15 décembre , à 9h30, au Palais des expositions (Alger), son assemblée générale élective qui sera suivie de la pose de la première pierre du siège de l’organisation, situé au quartier des affaires (Bab Ezzouar,Alger).

Salon algérien des langues
L'agence d'événementiel et de promotion culturelle Phœnix Agency organisera, les 22 et 23 décembre au palais de la culture Moufdi-Zakaria, à Alger, le 1er «The languages fair : le Salon algérien des langues et des séjours linguistiques», avec accès gratuit au grand public.


Continuité pour la stabilité et les réformes
Le groupe Continuité pour la stabilité et les réformes organisera, le 15 décembre, à 9h30 à l’hôtel Riadh (Alger), une Journée d’étude sur l’émigration clandestine.

SAA

Le Fonds de garantie automobile, en coordination avec la Direction régionale de la SAA, organise, le 13- décembre  à 8h30, les travaux de la journée d’étude autour des «garanties automobiles», à Blida, route de la Chifa.

Groupe Continuité pour la stabilité et les réformes

Le groupe des partis G15+4 «Continuité pour la stabilité et les réformes» organise, le 15 décembre à 9h30, à la salle de conférences de l’hôtel El Riadh, une journée d’étude sur l’émigration clandestine.

TAJ

Le président du parti, Amar Ghoul, présidera, le 15 décembre à 9h30, à l’Ecole supérieure de l’hôtellerie (ESHRA), l’ouverture officielle du 1er congrès national du parti.

Direction générale des forêts

La Conservation des forêts et du Barrage vert de la wilaya d’Alger organise, le 15 décembre à 9h, à la forêt de Baïnem, le camping pédagogique sur les maladies et insectes qui menacent la flore.

 

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