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Le secrétaire général de l’Union UGTA d’Alger, Amar Takjout vient de jeter un véritable pavé dans la mare en dénonçant l’inexistence de bilans moraux et financiers de ses prédécesseurs.

«Depuis mon installation le 5 janviers 2018, nous avons lancé des investigations et vérifié en vain les archives   pour retrouver une trace de ces bilans. Je n’ai trouvé aucune pièce comptable justifiant les dépenses de mes prédécesseurs», a-t-il déploré. Selon lui, les derniers bilans retrouvés remontent à plus de 20 ans. Depuis, aucune trace. Face à cette absence de traçabilité et de transparence, le responsable syndical a réagi en saisissant l’exécutif de la Centrale syndicale, afin de soumettre ce dossier à la commission de discipline. Des mesures conservatoires ont été déjà prises à l’encontre de certains membres de l’Union de wilaya qui ont été suspendus et convoqués. «Ils devront s’expliquer sur les griefs qui leur sont reprochés», a fait savoir Takdjout qui insiste sur l’impératif de traiter «cette affaire» au sein de la commission de discipline. Faute de quoi, la justice sera saisie. Le responsable a rappelé que les statuts de l’organisation syndicale lui confèrent des prérogatives pour entreprendre une telle action. Il ne s’agit point, a-t-il précisé, de lancer l’anathème sur qui que ce soit mais de plutôt tirer au clair cet aspect obscur.  

                                     «Les mis en cause devront s’expliquer »

Il a fait savoir que l’Union d’Alger réalise pourtant   des entrées financières considérables estimées en milliards de centimes. Elles peuvent atteindre les 4 milliards chaque année générées, entre autres, par les cotisations des syndicalistes et de la location de locaux.   Or, ce qui reste dans les caisses est loin de représenter le niveau de ces ressources. « L’argent des travailleurs a été dilapidé sans aucune justification », a-t-il avancé avec amertume. Les mis en cause devront s’expliquer, a insisté Takdjout précisant que même ceux qui ont quitté l’organisation   seront convoqués.   Il confie qu’une partie   sont des ex -secrétaires nationaux devenus aujourd’hui membres de la commission exécutive nationale. « Ces haut responsables à l’origine de la faillite de l’union d’Alger   n’ont pas daigné laisser des traces   sur leurs   dépenses. Comment osent -ils dénoncer   aujourd’hui la corruption   et faire partie du mouvement de contestation lancé contre le secrétaire général de l’UGTA », s’est il exclamé. « Ce n’est pas beau de faire porter le chapeau à une seule personne alors qu’ils ont tiré profit de leurs postes ».

Cela n’empêche pas, a-t-il dit, de reconnaitre la responsabilité de la haute instance de l’UGTA qui devait être, de son point de vue,   plus regardante sur la gestion des dépenses et plus persévérante dans la préservation de   son patrimoine.   Takdjout souligne qu’il est de son devoir de faire part de cette situation qu’il juge anormale. Pour lui « l’UGTA ne sera grandie que si elle opère une véritable opération d’assainissement ». Une condition sine qua non pour réussir son 13e congrès avancé et   dont la tenue devra se faire avant la fin de l’année en cours. Les instances locales devront préparer cet événement important au terme duquel un nouveau secrétaire général sera élu. «Le plus important est que les vrais militants fassent partie des congressistes et que la prochaine direction soit collégiale» ,a-t-il souhaité.

Wassila Ould Hamouda