Taux d’intégration dans les filières industrielles : Le gouvernement place la barre très haut, selon les experts
Search
Jeudi 06 Août 2020
Journal Electronique

Tirer vers le haut le taux d’intégration de la production nationale a été de tout temps le leitmotiv des pouvoirs publics. Or, les expériences du passé, notamment dans le secteur de l’automobile  et même dans l’électronique, ont démontré que le «made in Algeria»  n’a été qu’une illusion.

Le montage a pris le dessus sur la fabrication locale. Le gouvernement de Djerad affiche une nouvelle démarche et place la barre plus haut. Les taux d’intégration décidés au départ sont de 30% pour l’industrie automobile et de 70% pour les filières industrielles de l’électroménager et de l’électronique. Ces taux seront-ils attractifs ou dissuasifs à l’investissement ? Selon des experts économiques, cette nouvelle vision vient corriger les erreurs du passé. L’économiste Brahim Guendouzi, spécialiste en commerce extérieur, soutient que cette démarche obéit à la volonté des pouvoirs publics à densifier le tissu industriel et éviter les pratiques du montage en SKD-CKD qui n’ont pas eu d’impacts positifs ni sur l’industrie nationale ni sur la balance commerciale du pays. «Les nouveaux taux d’intégration constituent en quelque sorte une barrière à l’entrée pour les entreprises qui voudront développer l’une de ces activités en Algérie, en les obligeant à réaliser un investissement consistant dès le départ», relève-t-il. Selon cet expert, la question qui se pose est celle de l’attractivité suffisante de l’industrie algérienne à pouvoir attirer des investisseurs acceptant ces taux d’intégration. Concernant l’industrie automobile, le taux de 30% d’intégration suppose, d’après lui, que les capacités de production à installer pour que le projet industriel soit viable doivent atteindre une taille importante qui permette d’être compétitif. Ceci suppose que la production à réaliser ne doit pas se limiter au seul marché national, mais viser également l’exportation. «Dans l’état actuel du fonctionnement de l’économie nationale, les constructeurs automobiles risquent d’être réticents à cause justement de l’absence d’un tissu de sous-traitants et surtout de l’effet de taille pour obtenir une rentabilité espérée. Surtout que l’industrie automobile est en train de connaître une mutation technologique importante. Le seul cahier des charges n’est pas suffisant en soi pour pouvoir attirer des investisseurs dans un domaine aussi stratégique et complexe que l’automobile», juge-t-il. Pour la filière de l’électroménager, la démarche est toute autre. Celle-ci peut se conformer, selon Guendouzi, au taux d’intégration de 70% puisque des producteurs nationaux comme par exemple l’Eniem ou l’Enie ont déjà des capacités de production installées consistantes. «Il existe cependant des produits électroniques grand public où il n’est pas conseillé d’avoir des taux d’intégration élevé, car les technologies sont évolutives et souvent certaines deviennent obsolescentes dans un délai relativement court», observe-t-il avant de s’interroger sur le potentiel de recherche et de développement dont dispose l’Algérie pour accompagner les entreprises qui se lanceront dans ces activités.

Nécessité de développer un tissu de sous-traitance
L’expert financier Mourad Goumiri semble peu favorable à cette nouvelle vision. «Le taux d’intégration a été de tout temps dans notre pays un fantasme des industrialistes dont faisait partie feu Belaïd Abdeslam, sans qu’ils ne se penchent sur les processus et les exigences de la production industrielle. Imaginons que le taux d’intégration de 10 ou 100% d’un produit soit exigé mais que pour arriver à cette performance vous devez importer 100% des composantes d’intégration, alors dans quel dilemme allez-vous vous retrouver ? Il me semble donc utile d’introduire plus de pragmatisme et de ne surtout pas généraliser les décisions discrétionnaires de manière à ne pas se retrouver étranglé par nos propres décisions», explique-t-il. Et de mettre l’accent sur la nécessité de recenser les capacités nationales de sous-traitance. Il s’agit de passer des contrats objectifs avec les donneurs d’ordres en amont, a-t-il précisé, «de manière à créer des synergies entre constructeurs et sous-traitants et de tracer des objectifs-cadres pour chacun des secteurs. Cela semble plus réaliste que de décréter intempestivement un taux d’intégration généralisé et de se retrouver, en fin de parcours, avec une obligation objective de revoir sa copie en baisse».
Et de s’interroger sur les capacités de sous-traitance, du soutien dont elles ont besoin comme les matériels, les finances, la technologie, la main d’œuvre qualifiée… pour répondre à cette demande en qualité et en quantité. «C’est tous ces aspects qu’il faut analyser avant de légiférer, sachant que la loi est l’aboutissement d’un tel processus et non son début», énonce-t-il, rappelant que le secteur de l’électronique consomme énormément de microprocesseurs. «Il n’y a pas dans notre pays d’entreprises publiques ou privées capables d’en produire, à coût et qualité comparables. Il faut donc arrêter de fantasmer et revenir à des ambitions modérées et réalisables échelonnées dans le temps, d’où une vision stratégique et un organisme de planification capable de contrôler, de suivre et d’anticiper», rappelle-t-il.
 Wassila Ould Hamouda

  • tebboune-investiture008
  • tebboune-investiture007
  • tebboune-investiture006
  • tebboune-investiture005
  • tebboune-investiture004
  • tebboune-investiture003
  • tebboune-investiture002
  • tebboune-investiture001
  • tebboune-investiture009
  •  tebboune-investiture012
  • tebboune-investiture010
  • tebboune-investiture012
  • tebboune-investiture011

Santé

Environnement

Destination Algérie

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

 AFIC 2020

Le Forum africain sur l’investissement et le commerce AFIC 2020 aura lieu les 10 et 11 octobre à l’hôtel Sheraton d’Alger, sous le thème «Transformation énergétique, l’économie alternative».

 

Exposition  virtuelle

Sous l’égide du ministère de la Culture, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) organise une exposition virtuelle animée par l’artiste plasticien Younès Kouider sur la page facebook

 

Assurance et finance islamique
Sous le patronage du Haut-  Conseil islamique, le 2e Symposium algérien de l’assurance et de la finance islamique aura lieu les 22 et 23 novembre 2020 à Alger.


Salon Import-export

Le salon import-export  interafricain Impex2020 aura lieu du 6 au 8 septembre au Centre international des conférences Abdelatif Rahal d’Alger. 

Djazagro
Le salon professionnel de la production agroalimentaire Djazagro aura lieu du 21 au 24 septembre au Palais des expositions des Pins  Maritimes 

 

Algérie Télécom

Algérie Télécom a lancé, depuis le 27 mars, le service de demande de ligne téléphonique et celui de la signalisation des dérangements via son site web : www.algerietelecom.dz
Les nouveaux demandeurs de ligne pourront suivre à distance, via le courrier électronique, les étapes de l’étude de réalisation, et les abonnés professionnels pourront signaler le dérangement de leur ligne directement sur le site web sans déplacement.

Direction de la culture de Tizi Ouzou
La Direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou fait part du report du Festival culturel national annuel du film amazigh et du concours du Mohia d’or de la meilleure dramaturge en tamazight. Le délai de dépôt des candidatures à ces deux manifestations est donc prorogé.

Don  de sang
La Fédération   algérienne des  donneurs de sang  lance un appel à  l’ensemble de la  population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire un don de sang.

Fédération algérienne de voile 
Le premier stage des sélections algériennes de voile se déroulera la mi-août à l’Ecole nationale des sports nautiques et subaquatiques d’Alger-Plage (Est).

Football

Hebergement/Kdhosting : kdconcept