Bac professionnel: Enfin la relance
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Jeudi 20 Février 2020
Journal Electronique

Le gouvernement se penche sur l’enseignement professionnel. Une commission interministérielle est chargée de réorganiser l’enseignement et de préparer le terrain au lancement du baccalauréat professionnel comme diplôme sanctionnant le cursus d’études. L’idée en elle-même n’est pas nouvelle et ne date pas d’aujourd’hui. La création d’un bac pro fut annoncée en fanfare durant les années 2000. Une commission ministérielle prit même des mesures nécessaires pour accélérer sa mise en œuvre. Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels (Mfep) a élaboré deux importants projets de décrets exécutifs portant création de deux diplômes. Il s’agit du diplôme probatoire d’enseignement professionnel et du bac pro. En juin 2001, ces derniers ont été transmis pour examen au secrétariat général du gouvernement. Deux ans après, le 26 août 2003, le chef du gouvernement a signé les deux projets. Comme toute nouvelle annonce, le bac professionnel divise. Responsables, enseignants et politiques sont partagés. Les défenseurs du projet annoncent une révolution dans le système éducatif. D’autres avertissent et estiment qu’il s’agit d’une aventure vers l’inconnu. Ils mettent en avant le manque d’expérience de l’Algérie dans ce domaine. Entretemps, l’idée a fait son chemin. Dans ses cahiers, le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) d’Oran a rappelé qu’en décembre 2002 le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels a lancé, à titre expérimental, huit sections d’enseignement professionnel de 35 élèves chacune, soit un total de 280 élèves. Les sections ont été ouvertes au niveau de 6 établissements pilotes (INSFP) répartis sur Alger, Annaba et Oran. Selon le centre, les résultats de l’expérimentation ont été positifs. Sur 280 admis, 126 (49,41%) avaient obtenu une moyenne générale égale ou supérieure à 10/20. 97 (34,64%) avaient obtenu une moyenne comprise entre 8 et 10. 57 élèves (6,27%) avaient obtenu une moyenne inférieure à 8%.

Il ressort de cette évaluation que les élèves issus de la 9e AF (75,71%) et ceux issus du CAP (24,29%) réussissaient de la même façon. Ces résultats encourageants ont permis l’ouverture, à la rentrée 2003-2004, de 16 sections supplémentaires au niveau de 13 établissements répartis sur 9 wilayas : trois à l’Est, trois à l’Ouest et une au Sud. Néanmoins, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les deux textes, «ont été retirés en octobre 2003». La commission interministérielle composée de représentants des ministères de la formation et de l’enseignement professionnels, de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique voulait enrichir les textes. «Depuis, il ne fut plus question de bac pro mais de Diplôme d’enseignement professionnel (DEP1 et DEP2)», lit-on dans le document du Crasc.  

La relance du projet est accueillie favorablement par des syndicats, enseignants et parents d’élèves. Le secrétaire général du syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) estime que le bac professionnel sera une seconde chance pour des milliers de jeunes qui vont acquérir des compétences professionnelles et humaines les préparant à des études supérieures et à une insertion sociale réussie. En outre, «la création du baccalauréat professionnel permettra de réduire la pression que connaît l’enseignement secondaire général et technique», affirme Boualem Amoura. Selon lui, il est nécessaire de définir les mécanismes d’orientation des élèves, d’identifier les modalités et spécialités d’enseignement, a soutenant que les filières sont à priori connues. Il cite, entre autres, l’électronique, électrotechnique, la fabrication mécanique, le bâtiment et travaux publics et techniques comptables. Le syndicaliste a affirmé que l’épineux problème d’encadrement pédagogique ne se posera pas. «Nous disposons d’enseignants capables d’assurer normalement ce type d’enseignement», relève-t-il, faisant allusion aux professeurs de l’enseignement technique. Ces derniers ont été répartis au niveau des «établissements scolaires» après la décision de démantèlement de l’enseignement technique décidée durant les années 2000 (la nouvelle réforme pour l’enseignement du secondaire). Toutefois, Amoura demande de définir les conditions permettant à ces bacheliers d’accéder aux établissements de formation supérieure et de leur permettre de suivre un enseignement professionnel supérieur. « L’enseignement professionnel ne doit pas être considéré comme étant le réceptacle des exclus du système éducatif ou une voie de garage », insiste-t-il.

                                      Passerelle entre l’université et le monde du travail

Pour cela, «il faut mettre en œuvre les mécanismes qui permettront aux détenteurs de ce type de diplôme de poursuivre leurs études supérieures pour l’obtention d’un diplôme sanctionnant le cursus de l’enseignement professionnel», suggère-t-il. Il a aussi recommandé l’émergence de passerelles entre l’université et le monde du travail pour permettre une insertion rapide et efficace. « Par le passé, le point faible est l’absence d’accès à des filières adaptées dans l’enseignement supérieur en tant que prolongements de l’enseignement professionnel », juge-t-il. Qu’en est-il du matériel pédagogique ? Là encore, le problème ne se posera pas avec acuité. «Il suffit juste de récupérer celui qui a été destiné par le passé à l’enseignement technique. Ce sont des lots très sophistiqués», a-t-il indiqué. Sont-ils adaptés aux besoins de l’enseignement professionnel ? «L’enseignement technique a été conçu tel un enseignement semi-professionnel», répond-il Le SG du Satef soutient, néanmoins, qu’un grand travail de sensibilisation doit se faire auprès des parents. Il a regretté que l’enseignement professionnel soit mal vu par l’ensemble des parents qui préfèrent orienter leurs enfants vers l’enseignement général.

Et pourtant, «le pays dispose de grands instituts et centres de formation de qualité pour assurer un meilleur apprentissage et accueillir dans des conditions favorables les titulaires du bac professionnel », signale Belaïd Allal, enseignant de l’enseignement technique. Pour lui, tous les mécanismes existent pour relancer le bac pro. Reste la problématique du « déficit en matière d’enseignants ». « Le départ massif à la retraite et la suppression de l’enseignement technique durant les années 2000 ont provoqué une véritable saignée dans le secteur », rappelle-t-il. Il a surtout regretté la position de certains responsables de l’éducation par rapport à l’enseignement technique. «Ils ne cessaient d’affirmer que l’enseignement technique coûte cher et qu’il n’est pas rentable», s’étonne-t-il. Pourtant, la mise en place de ce type d’enseignement visait, selon lui, deux objectifs. « Il s’agit de répondre à la demande des différents secteurs économiques et de valoriser la voie professionnelle dont l’image a été longtemps associée à l’échec scolaire», ajoute-t-il, affirmant que la commission Benzaghou n’a jamais recommandé le démantèlement de l’enseignement technique. « Au contraire, elle a proposé trois orientations après l’enseignement obligatoire : l’enseignement secondaire et technologique, l’enseignement technique et professionnel sanctionné par un baccalauréat professionnel et, enfin, la formation professionnelle», souligne-t-il.

                                                     Un problème d’image

Mais au delà de toutes ces péripéties, l’enseignant déplore le fait que l’enseignement professionnel souffre d’un problème d’image. «Trop souvent, on croit, à tort, que celui-ci s’adresse uniquement aux décrocheurs ou aux jeunes ayant des difficultés à l’école», observe-t-il. « L’enseignement professionnel est quelque chose d’important, puisqu’il propose des offres de formation variées en relation directe avec le marché du travail », observe, de son côté, le président de l’association des parents d’élèves, Khaled Ahmed. D’ailleurs, il dit ne pas comprendre le pourquoi du gel de ce projet pendant des années. Pour lui, la relance du projet constitue un choix judicieux. «Il aura surtout pour effet de valoriser davantage l’enseignement professionnel en lui donnant plus de crédit auprès des élèves et parents jusque-là réticents pour ce type de formation», estime-t-il. Car, les statistiques plaident en faveur de la formation professionnelle. Selon les chiffres publiés par l’agence nationale de l’Emploi (Anem) en novembre 2017, 83% des demandeurs d’emploi diplômés des Instituts de la formation professionnelle ont été embauchés en moins de six mois et plus de 60% des porteurs de projets au niveau de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) sont des diplômés de la formation professionnelle.

                                   Au même niveau que le baccalauréat général

Dans une déclaration à l’APS, en marge de la cérémonie de l’installation récente de la commission interministérielle, le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Dada Moussa Belkhir, a assuré que le bac professionnel aura le même niveau que le baccalauréat général. Il concernera les élèves admis (4e année moyenne ou 1re année secondaire). Il ajoutera que le baccalauréat professionnel offrira la possibilité aux lauréats de poursuivre leur cursus dans l’enseignement supérieur dans le cadre du système LMD. De son côté, le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed a estimé que les diplômés de la formation professionnelle constitueront un véritable réservoir de titulaires de licence professionnelle en système LMD (licence-master-doctorat) pour combler leur nombre décroissant quant aux besoins de l’économie en matière de main-d’œuvre qualifiée. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tayeb Bouzid, a estimé que la concrétisation de cette démarche dépendait de l’amendement de tous les textes régissant le système éducatif, qui est invité à s’adapter aux nouveautés introduites. Il a souligné que la valorisation du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels ne doit pas se limiter uniquement à l’accès à la formation professionnelle supérieure, mais également à l’impérative reconsidération de tout ce qui est professionnel, avec valorisation matérielle, morale et sociale de toutes les professions qui en découlent. Le faible engouement pour les instituts de la formation et de l’enseignement professionnels s’explique par l’absence d’accès à des filières adaptées dans l’enseignement supérieur, en tant que prolongements de l’enseignement professionnel, d’où la réflexion engagée pour le lancement d’un baccalauréat professionnel pour l’obtention d’un diplôme sanctionnant le cursus de l’enseignement professionnel. Il est certain que la mise en place de l’enseignement professionnel avec l’instauration du bac pro permettra aux apprentis une insertion rapide dans la vie active et un accès aux formations supérieures. Un deux-en-un parfait.

Amokrane Hamiche

 

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      Les participants à une conférence historique consacrée à cheikh chahid Larbi Tébessi, tenue lundi dernier à l’université de Tébessa, ont appelé à consacrer davantage d’études et de recherches à cette figure emblématique du réformisme et du nationalisme algérien contemporain. «L’association des oulémas algériens, dirigée par Larbi Tébessi à une époque cruciale de l’histoire nationale, a contribué à la formation de la génération des moudjahidine artisane de la Révolution de Novembre,

Sciences et Technologies

L'agenda

 

Ministère du Travail

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Chawki Acheuk Youcef, préside, le 20 février  à 9h, à l’Ecole supérieure de la sécurité sociale, les travaux de la journée d’information sous le thème «Un dialogue social inclusif pour une Algérie nouvelle».

Ministère de la Communication

Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, procédera, le 20 février, à l’Ecole supérieure du journalisme et des sciences de l’information d’Alger, au lancement des travaux de la rencontre nationale sur la presse électronique algérienne.

 

Ministère de l’Environnement

La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Nassira Benharrats, présidera, en présence de membres du gouvernement et d’acteurs de la société civile, le 20 février à Sidi Abdellah (Alger), une vaste campagne de reboisement.

 

Commune d’Alger-Centre La commune 

d’Alger-Centre célèbre, jeudi 20 février , à 16h, à la cinémathèque d’Alger, la Journée nationale de La Casbah.

  

HCA 

Le Haut-Commissariat à l’amazighité célébrera, les 21 et 22 février, à Ghardaïa, la Journée internationale de la langue maternelle.

MDN
La 1re Région militaire organise, jusqu’au 20 février, à l’Ecole nationale des techniques aéronautiques, le championnat national militaire de boxe.

 HCI

Le Haut-Conseil islamique organise, les 25 et 26 février, en coopération avec la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, le colloque international Mohamed-El-Arabi-Ben-Etebani intitulé «La connaissance nodale et son impact sur l’unité et la stabilité de la nation».

HCLA
Le Haut-Conseil de la langue arabe organise, les 19 et 20 février, à 9h, à la Bibliothèque El Hamma (Alger), une rencontre nationale sur les écoles coraniques et leur rôle dans le développement de la langue arabe.

 

Opéra d’Alger

L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh accueillera,le   jeudi 20 février à 16h, une exposition de l’artiste-peintre Fatma-Zohra Bouaouni, intitulée 
«Inspirations», et à 19h30, un concert des traditions lyriques féminines de la Saoura, intitulé «Lemma de Béchar», animé par Hasna El-Bacharia et Souad Asla.

Chu Mustapha

Le centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha et le laboratoire de microbiologie médical organisent, jeudi 20 février , à 8h30, au CHU Mustapha, la 1re Journée de microbiologie, sous le thème «Coronavirus, gestion et surveillance du risque infectieux».

Commune Raïs Hamidou

La commune de Raïs Hamidou (Alger) organise, le vendredi 21 février , à 9h, devant la maison de jeunes, une exposition de voitures et de motos.

 

Sports Divers

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