bannière vote
Le pouvoir face à un mouvement sans leaders: à la recherche du trait d’union
Search
Vendredi 13 Décembre 2019
Journal Electronique

L’absence de figures capables d’incarner la mobilisation populaire que connaît le pays a fait surgir quelques interrogations sur la capacité d’un mouvement qui ne dispose pas de représentants aptes à négocier avec les autorités du pays pour assurer la transition pacifique. Tout mouvement n’exige-t-il pas une forme d’organisation et de représentativité?

Peut-il se passer de dirigeants? Qui sera en mesure de représenter la population sortie spontanément et massivement et devenir le trait d’union entre elle et le pouvoir? L’apparition de ce mouvement-surprise, qui a dérouté et laissé plus d’un observateur perplexe, a bousculé les représentations politiques. Selon des politologues interrogés à ce sujet, de nouvelles têtes devraient inévitablement émerger de cette jeunesse en colère qui s’est consumée dans un vide politique qu’aucun parti n’est parvenu à combler.

« La population refuse qu’elle soit représentée par la classe politique. Lorsqu’elle scande système dégage, elle désigne aussi bien ceux qui gèrent les affaires de l’Etat que l’opposition qui ne se manifeste que lors des élections pour prendre des sièges», relève Abdelkader Kacher, enseignant en sciences politiques et expert en droit constitutionnel. Mis il y a un hic: ce formidable soulèvement populaire risque de se retrouver dans un cul-de-sac, dépourvu qu’il est d’un ou de leaders. «Il n’y a pas d’issue pour un mouvement populaire qui n’a pas de porte-parole. Des personnalités commencent, d’ailleurs, à émerger à travers les réseaux sociaux. Pour l’heure, elles refusent de s’engager», observe le constitutionnaliste. Selon Kacher la société veut voir la gestion du pays, dans cette période de transition, confiée à des personnalités neutres qui ne se sont pas mêlées à la politique de loin ou de près. Sentence : « Il n’est pas très judicieux de présenter à une population en colère et en rupture de confiance des personnes discréditées. Le système a perdu sa crédibilité vis-à-vis de la société, notamment après la sortie des magistrats dans la rue». Mais l’universitaire insiste sur le fait que la phase actuelle a besoin de personnalités qui peuvent faire sauter les verrous et rétablir des liens entre le peuple et le pouvoir. Pour lui, le mouvement qui n’a depuis le début manifesté aucune forme de radicalisation est condamné à se structurer. «Il faut profiter de cette ligne de revendication pacifique et constituer une force de propositions lors des négociations avec les autorités», préconise-t-il

                                     «Un médiateur consensuel?»

Pour y arriver il faut dépasser un écueil de taille : «Les jeunes refusent de se reconnaître dans le système et insistent sur un «dégagisme» général », souligne le politologue, Ali Rebidj. «L’objectif est de changer le système, les slogans brandis l’affirment  même si l’on ne voit nulle proposition claire et applicable», ajoute-t-il. Reste que pour lui on ne peut revendiquer une Assemblée constituante et refuser un gouvernement censé organiser des élections à cet effet. N’empêche, le politologue réfute la nécessité de désigner un représentant du mouvement pour négocier avec le pouvoir. «Ce mouvement a bien fonctionné jusque-là sans aucun représentant. Les autorités ont, d’ailleurs, fait des concessions et répondu favorablement à certaines revendications, sans avoir à négocier avec un porte-parole désigné par la population», soutient il. Selon lui, il n’est pas facile d’avoir des représentants en si peu de temps. Et de s’interroger: « Sur quels critères seront-ils désignés?». La réserve se situe, selon lui, dans le risque de voir le mouvement récupéré par des cercles politiques. «Tous les mouvements populaires surgis dans l’histoire ont échoué à cause de carences internes comme une organisation inadéquate ou une autorité insuffisante», précise-t-il. Mais face à ce dilemme un autre obstacle, et non des moindres, apparait: «Le choix des représentants pourrait casser cette dynamique et diviser les manifestants, d’autant plus que des personnalités commencent à émerger, même si la population refuse, jusque-là, toute discussion à travers des représentants», observe-t-il. De guerre lasse, ce vide ne peut pas perdurer, à l’en croire. « Il devra être comblé par l’opposition bien qu’elle soit discréditée», renchérit-il. Selon lui, des chaînes de télévisions privées ont commencé à mettre en avant certaines figures très actives sur les réseaux sociaux. «Un médiateur de consensus suffira pour mener des négociations. Celui-ci peut être désigné par les autorités en concertation avec l’opposition et le mouvement populaire. Cela implique des débats les plus larges sur tout le territoire national», conclut-il.

Assia Boucetta

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

 

Foire de la production nationale

La 28e Foire de la production nationale ouvrira ses portes le 19 décembre au Palais des expositions des Pins Maritimes, Alger.

 

CAAR
La Compagnie algérienne d’assurances et de réassurance organisera, le 15 décembre, au CIC d’Alger, à partir de 9h, une journée portes ouvertes sous le thème «la CAAR à l’écoute de ses partenaires».

Ambassade de la RASD

L’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique organisera, du 19 au 23 décembre, les travaux du 15e congrès du Front Polisario.

Don de sang
La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

 

Agenda culturel

Café littéraire de l’Opéra d’Alger

La chanson bédouine en débat

Le café littéraire de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh organisera, le 21 décembre à 16h, une rencontre-débat autour de la chanson bédouine «Aiyai, le chant de l’ouvert», animée par le professeur Hafid Hamdi Cherif.

Galerie d’art Aïcha-Haddad
Mourad Foughali expose ses toiles

Au grand bonheur des passionnés des arts plastiques, l’artiste peintre Mourad Foughali expose à la galerie d’art Aïcha-Haddad, à Alger, une série de toiles sous le thème «Rayonnement des sens». Organisée par l’Etablissement arts et culture de la wilaya d’Alger, l’exposition se poursuivra jusqu’au 20 décembre.

Musée des beaux arts

A l’initiative de l’ambassade d’Espagne à Alger, de la Royale académie des beaux arts de San Fernando et de l’Institut Cervantès d’Alger, une exposition, intitulée «Goya physionomiste», en hommage au peintre et sculpteur espagnole Goya, se tiendra jusqu’au 15 décembre prochain au Musée des beaux arts d’Alger.

 

 

Football

Sports Divers

Hebergement/Kdhosting : kdconcept