Le sociologue Nacer Djabi: «Yennayer est dans notre inconscient collectif»
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Mardi 23 Juillet 2019
Journal Electronique

Yennayer joue un rôle de cohésion sociale en Algérie et au Maghreb. Les effets se ressentent dans plusieurs sociétés où cette pratique sociale est un trait de culture enraciné. Nacer Djabi, sociologue et auteur de la première étude sociodémographique et comparative sur le mouvement amazigh en Afrique du Nord, nous en dit plus.

 Comment expliquez-vous la persistance de Yennayer dans le temps?

Cette persistance illustre la profondeur anthropologique de la culture amazighe fortement enracinée dans le Grand Maghreb et certaine pays africains. Même les régions où l’on ne parle pas en tamazight célèbrent cette fête selon des rituels culinaires ou vestimentaires spécifiques. Nous avons le même fonds culturel. C’est ce prolongement que j’ai tenté d’expliquer dans mon livre intitulé «Les mouvements amazighs en Afrique du Nord». Nous avons pris dans cet ouvrage le cas de l’Egypte où dans la région de Siwa, une petite oasis, se perpétue cette tradition dans un Etat central et une société égyptienne dominée par la culture arabe. Dans cet environnement difficile et exceptionnel, Siwa a su sauvegarder cette culture continue de fêter Yennayer. Cela témoigne d’une force de résistance et de présence de cette culture bien ancrée. En somme, c’est toute cette partie de l’Afrique qui est unie par cette dimension amazighe.

La célébration de la fête de Yennayer dans plusieurs pays africains en est une autre. Elle est célébrée d’une manière très spontanée au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Nous sommes face à une population qui partage la même profondeur culturelle et linguistique. La différence est qu’en Algérie les choses ont évolué autrement depuis l’institutionnalisation de cette journée. Depuis, les Marocains s’en sont inspirés. Une pétition nationale a été rédigée pour demander l’institutionnalisation de Yennayer.

L’éveil de la conscience identitaire est-il à l’origine de ce regain d’intérêt pour cette journée?

Un travail gigantesque a été fait par le mouvement berbère qui active depuis plus de 50 ans, voire avant même l’Indépendance. L’amazighité a été, pendant longtemps considérée comme un péril qui pourrait diviser la société. Elle devient un point fort qui unit tous les Algériens après l’ouverture constitutionnelle et la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle. Dans mon livre, je suis très optimiste car la grande tendance penche vers l’intégration de la question amazighe dans plusieurs pays. Elle sera traitée comme une question culturelle. Fêter Yennayer se fait, toutefois, naturellement à travers le pays même si dans la plupart des cas, les populations n’ont aucune notion de la référence historique. C’est tout simplement une fête traditionnelle dans l’inconscient des Algériens. Yennayer constitue une partie de notre histoire et de notre culture.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’institutionnalisation de Yennayer?

La reconnaissance constitutionnelle est le résultat de l’ouverture de la société. La décision du chef de l’Etat de faire de Yennayer une journée chômée et payée reflète ce changement positif qui s’est produit chez les différentes élites du pays qui, malheureusement, ne sont pas encore adaptées aux nouvelles données liées à cette institutionnalisation. En Algérie, le problème a été résolu bien qu’une minorité demeure hostile à la reconnaissance de cette diversité culturelle. Elle fait tout pour marginaliser cette partie de notre histoire. La mouvance qui a longtemps milité pour la valorisation de la question identitaire traverse aussi un moment difficile, ne sachant plus quoi défendre ni réclamer après la reconnaissance de tamazight. Certains de ses segments ont fini par verser dans l’extrémisme.

Entretien réalisé par Assia Boucetta

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L'agenda

 

Musée du moudjahid
Le Musée national du moudjahid organisera le 25 juillet, à 10h, la 382e rencontre simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

 

 RASD

L’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique organise sa 10e édition de l’université d’été des cadres de la RASD et du Front Polisario, dont la cérémonie d’ouverture aura lieu, le 27 juillet à 10h, à l’université M’hamed Bougara de Boumerdès.

Etablissement arts et culture

L’Etablissement arts et culture de la wilaya d’Alger organise, jusqu’au 31 juillet à la galerie d’arts Aïcha-Haddad, une exposition collective avec les artistes Akila Saïm, Hani Benkaci, Abdeslam Cherfaoui et Nassima Abdoun.

 

Ministère de la Formation professionnelle 

Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels organise une campagne d’information et de sensibilisation pour les inscriptions de septembre 2019 et informe :
         - Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 21 septembre sur le site web  et au niveau de tous les établissements de formation professionnelle.
         - Les journées de sélection et d’orientation : les 22, 23 et 24 septembre.
         - La proclamation des résultats :  le 26 septembre.
         - Rentrée officielle : le 29 septembre.

 AARC

L’Agence algérienne pour le rayonnement culturel organisera, à Aïn Defla du 22 au 25 juillet avec la collaboration de la direction de la culture de la wilaya, la 2e édition de «Ciné Ville», en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l’audiovisuel, le Centre algérien de développement du cinéma et l’Entreprise publique de télévision.

 

 

 Musée national du moudjahi

Le Musée national du moudjahid organisera, les 22 et 25 juillet à 10h, simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, les 381e et 382e rencontres avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

 Oref

L’Office Riadh El Feth organise, jusqu’au 31 juillet de 10h à 20h30 au cercle Frantz-Fanon, une exposition collective d’arts plastiques et de photographies d’art intitulée «Vue sur mer».

 

Galerie Ezzou’Art

La galerie Ezzou’art abritera jusqu’au 31 juillet un vernissage de l’exposition «Voyage à travers l’art», de l’artiste peintre Aïcha Khodja Semar.

Office Riadh El Feth

L’Office Riadh El Feth organise jusqu’au 31 juillet au cercle Frantz-Fanon de 10h à 20h30, une exposition collective d’arts plastiques et photographies d’art intitulée «Vue sur mer.»

 FLN

Le secrétaire général du FLN, Mohamed Djemaï, présidera le 24 juillet à 14h, à l’hôtel Riadh Sidi Fredj (Alger), la réunion des secrétaires des mouhafadate et des présidents des commissions transitoires et présidera le 25 juillet à 8h, au CIC Abdellatif-Rahal, les travaux de la session ordinaire du comité central.

 

Sonelgaz
La Société nationale de l’électricité  et du gaz organise le 24 juillet à 10h, au niveau de la salle des conférences du centre de formation de l’IFEG, à Ben Aknoun (Alger),
une conférence de presse dédiée au 50e anniversaire de Sonelgaz.

 

 Galerie Ezzou’art
La galerie Ezzou’art abritera jusqu’au 31 juillet un vernissage de l’exposition «Voyage à travers l’art», de l’artiste peintre Aïcha Khodja Semar.

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