Le sociologue Nacer Djabi: «Yennayer est dans notre inconscient collectif»
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Vendredi 10 Juillet 2020
Journal Electronique

Yennayer joue un rôle de cohésion sociale en Algérie et au Maghreb. Les effets se ressentent dans plusieurs sociétés où cette pratique sociale est un trait de culture enraciné. Nacer Djabi, sociologue et auteur de la première étude sociodémographique et comparative sur le mouvement amazigh en Afrique du Nord, nous en dit plus.

 Comment expliquez-vous la persistance de Yennayer dans le temps?

Cette persistance illustre la profondeur anthropologique de la culture amazighe fortement enracinée dans le Grand Maghreb et certaine pays africains. Même les régions où l’on ne parle pas en tamazight célèbrent cette fête selon des rituels culinaires ou vestimentaires spécifiques. Nous avons le même fonds culturel. C’est ce prolongement que j’ai tenté d’expliquer dans mon livre intitulé «Les mouvements amazighs en Afrique du Nord». Nous avons pris dans cet ouvrage le cas de l’Egypte où dans la région de Siwa, une petite oasis, se perpétue cette tradition dans un Etat central et une société égyptienne dominée par la culture arabe. Dans cet environnement difficile et exceptionnel, Siwa a su sauvegarder cette culture continue de fêter Yennayer. Cela témoigne d’une force de résistance et de présence de cette culture bien ancrée. En somme, c’est toute cette partie de l’Afrique qui est unie par cette dimension amazighe.

La célébration de la fête de Yennayer dans plusieurs pays africains en est une autre. Elle est célébrée d’une manière très spontanée au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Nous sommes face à une population qui partage la même profondeur culturelle et linguistique. La différence est qu’en Algérie les choses ont évolué autrement depuis l’institutionnalisation de cette journée. Depuis, les Marocains s’en sont inspirés. Une pétition nationale a été rédigée pour demander l’institutionnalisation de Yennayer.

L’éveil de la conscience identitaire est-il à l’origine de ce regain d’intérêt pour cette journée?

Un travail gigantesque a été fait par le mouvement berbère qui active depuis plus de 50 ans, voire avant même l’Indépendance. L’amazighité a été, pendant longtemps considérée comme un péril qui pourrait diviser la société. Elle devient un point fort qui unit tous les Algériens après l’ouverture constitutionnelle et la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle. Dans mon livre, je suis très optimiste car la grande tendance penche vers l’intégration de la question amazighe dans plusieurs pays. Elle sera traitée comme une question culturelle. Fêter Yennayer se fait, toutefois, naturellement à travers le pays même si dans la plupart des cas, les populations n’ont aucune notion de la référence historique. C’est tout simplement une fête traditionnelle dans l’inconscient des Algériens. Yennayer constitue une partie de notre histoire et de notre culture.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’institutionnalisation de Yennayer?

La reconnaissance constitutionnelle est le résultat de l’ouverture de la société. La décision du chef de l’Etat de faire de Yennayer une journée chômée et payée reflète ce changement positif qui s’est produit chez les différentes élites du pays qui, malheureusement, ne sont pas encore adaptées aux nouvelles données liées à cette institutionnalisation. En Algérie, le problème a été résolu bien qu’une minorité demeure hostile à la reconnaissance de cette diversité culturelle. Elle fait tout pour marginaliser cette partie de notre histoire. La mouvance qui a longtemps milité pour la valorisation de la question identitaire traverse aussi un moment difficile, ne sachant plus quoi défendre ni réclamer après la reconnaissance de tamazight. Certains de ses segments ont fini par verser dans l’extrémisme.

Entretien réalisé par Assia Boucetta

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Sous l’égide du ministère de la Culture, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) organise une exposition virtuelle animée par l’artiste plasticien Younès Kouider sur la page facebook

 

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Sous le patronage du Haut-  Conseil islamique, le 2e Symposium algérien de l’assurance et de la finance islamique aura lieu les 22 et 23 novembre 2020 à Alger.


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Le salon import-export  interafricain Impex2020 aura lieu du 6 au 8 septembre au Centre international des conférences Abdelatif Rahal d’Alger. 

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La Direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou fait part du report du Festival culturel national annuel du film amazigh et du concours du Mohia d’or de la meilleure dramaturge en tamazight. Le délai de dépôt des candidatures à ces deux manifestations est donc prorogé.

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