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La Chine a annoncé à son tour jeudi le lancement d'une sonde vers un astéroïde, dans le sillage d'expéditions similaires lancées ces dernières années par l'Europe, les Etats-Unis et le Japon. La mission, qui doit durer 10 ans, est à destination de l'astéroïde 2016 H03, un minuscule corps céleste de 41 mètres de diamètre qui évolue au plus près à 5,2 millions de km de la Terre. La sonde sera chargée de rapporter des échantillons du sol de l'astéroïde, a expliqué devant la presse le directeur du Centre d'exploration et d'ingénierie spatiale, Liu Jizhong, sans donner de date pour le lancement de la mission.

L'engin se divisera en deux lors de son retour vers la Terre: une capsule transportant les échantillons regagnera le sol terrestre, tandis qu'un autre module se dirigera vers un autre objet céleste encore plus lointain, la comète 133P, distante de plus de 300 millions de km de notre planète.

M. Liu a appelé les savants du monde entier à participer à l'expédition et à embarquer leurs expériences à bord de la sonde. L'annonce de cette mission chinoise survient alors que le Japon est parvenu en février à poser une sonde sur un astéroïde distant de 340 millions de km de la Terre. La sonde Hayabusa2 a déjà largué en octobre sur Ryugu un petit robot franco-allemand, Mascot. Mascot est considéré comme le petit frère de l'atterrisseur Philae, dont les aventures sur la comète Tchouri, à plus de 500 millions de km de distance, avaient passionné les foules en 2014. Lancé par la sonde européenne Rosetta, il avait été le premier objet terrestre à se poser sur une comète.

De son côté, la Nasa a fait survoler début janvier par sa sonde New Horizons l'objet baptisé Ultima Thule, situé à la distance phénoménale de 6,2 milliards de km, aux confins du système solaire. Il s'agit du corps céleste le plus lointain jamais observé "de près" (3.500 km). Une autre sonde de la Nasa, Osiris-Rex, a établi fin décembre un record en se plaçant en orbite autour de l'astéroïde Bennu, à quelque 110 millions de km de la Terre. Avec ses 500 mètres environ de diamètre, c'est le plus petit objet cosmique autour duquel un engin spatial se soit jamais placé en orbite aussi proche.

La Chine dépense désormais davantage pour ses programmes spatiaux civils et militaires que la Russie et le Japon, avec un budget évalué par l'OCDE à 8,4 milliards de dollars en 2017, soit le deuxième budget du monde après celui des Etats-Unis.