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Nouveaux ennuis de Facebook: le panoptique au grand jour!
Lundi 24 Septembre 2018
Journal Electronique

Acculé depuis quelques temps de toutes parts pour ses exploitations abusives des donnés personnelles, le réseau social Facebook vient encore de tomber dans une nouvelle affaire dite de Cambridge Analyticia, avec à la clé de graves accusations d’espionnage d’usagers et de fabrications de  profils à segmentation psychographique. De quoi révéler au grand jour le fameux panoptique cher au philosophe anglais du 18ème siècle Jeremy Bentham.

Par Rachid Moussa

Difficile d’aborder cette nouvelle affaire de siphonage des données personnelles, de façon massive, systématique, sans le consentement des usagers, qui met en ligne de mire Facebook et la société britannique Cambridge Analytica, tant les angles d’analyse sont nombreux, autant que les points d’interrogations et les motifs d’inquiétude qu’elle suscite. Elle remet en tout cas sur le tapis les questions des limites à faire respecter par les médias sociaux en matière de données personnelles, du rôle social de ces medias et de celui du pouvoir politique.

 

L’affaire remet en tout cas au gout du jour cette notion de panoptique, ou la ‘’maison d’inspection’’ conçue par  le philosophe libéral anglais Jeremy Bentham (1748-1832) à la fin du 18e siècle : « une tour centrale permet aux geôliers de surveiller, sans être vus, tous les faits et gestes des prisonniers, enfermés en cellules dans un bâtiment en anneau encerclant la tour », explique le site lemonde.fr dans un article mis en ligne le 5 juin 2014 en ajoutant également un passage du livre Surveiller et punir, paru en 1975, du philosophe français Miche Foucault (1926-1984) qui évoque cette notion comme une « visibilité organisée entièrement autour d’un regard dominateur et surveillant ».

Dans la cible depuis quelques temps pour des soupçons d’actions persuasives en faveur de parties russes intéressées par l’élection du président Trump, Facebook se serait en effet bien passé de cette nouvelle attaque venue de Grande Bretagne où l’opinion publique, la presse, les parlementaires et le pouvoir politiques nourrissent un feu de critiques contre le réseau social à la suite de la découverte de cette nouvelle affaire liée au siphonage massif de données de près de 50 millions d’utilisateurs du réseau par la société Cambridge Analytica ; Dans un papier daté du 22 mars, le site de la télévision française http://bfmbusiness.bfmtv.com reprend en effet l’information selon laquelle,  « Cambridge Analytica aurait joué un rôle dans le vote pro-Brexit en Grande-Bretagne. Elle aurait favorisé l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Elle aurait "volé" à Facebook des données de dizaines de millions de profils. »

                                                                               «Changer le comportement du public»

Pour comprendre les ressorts et la structure de cette société, ceux qui ont cherché à en savoir un peu plus ont été sidérés de constater qu’elle affiche sur le fronton de ses visuels communicationnels qu’elle vise à   "utiliser les datas pour changer le comportement du public". Rien que ça, et cela suffit pour soulever tous les soupçons dans un contexte marqué par une appréhension de plus en plus partagée des dangers encourus par les usagers exposés aux mésusages de leurs données. Au même titre que de nombreux médias européens ou américains le site français bfmbusiness.bfmtv.com qui a voulu enquêter sur cette Cambridge Analytica a appris qu’elle a travaillé « pour l'équipe de campagne de Trump, elle admet avoir récupéré des masses énormes de données sur l'électorat américain via un processus qui créée aujourd'hui la polémique et plonge Facebook dans la tourmente », écrit-il. Lancée en 2013 par la holding britannique SCL, Cambridge Analytica a tracé son chemin dans les techniques de ‘’profilage psychographique’’. Dans le monde marketing, soumis aux pressions des annonceurs et hommes politiques, les techniques de segmentation ont évolué des traditionnels critères sociodémographiques vers des ciblages plus pointus faisant appel aux données psychographiques : « Un critère psychographique est un critère de segmentation ou de ciblage basé sur les styles de vies, les croyances, les valeurs, les personnalités des consommateurs », avance comme définition le site www.definitions-marketing.com. Par son travail axé sur les profils et les intentions des électeurs, elle s’oriente vers le champ politique en s’intéressant aux élections présidentielles américaines de 2016. L’œuvre de l’universitaire britannique Aleksandr Kogan, professeur de psychologie à l'Université de Cambridge l’intéresse à plus d’un titre. Il a en effet développé une application, appelée "thisisyourdigitallife", qui se constitue d’un test de personnalité, à remplir par l’utilisateur en contrepartie d’une rémunération. « Mais pour cela il doit être inscrit sur les listes électorales américaines et surtout se connecter via son compte Facebook (tout comme les nombreux tests), explique le site belge rtbf.be, ajoutant que, « l'application a accès à un très grand nombre de données personnelles de l'utilisateur mais aussi de ses contacts: localisation, liste d’amis, likes, partages. » Cédée à Facebook comme ‘’ étude académique’’, l’application est vite arrivée chez Cambridge Ananlytica qui en fait l’outil de construction de ses bases de données intégrant une segmentation psychographqiue, et ciblant tous les électeurs américains, avec des chiffres d’électeurs répertoriés, estimés à 50 militions par le quotidien The Guardian et à 30 millions par le New York Time. Pour le site du quiotidien français lefigaro.fr, « ces profils auraient notamment été utilisés dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump, afin de comprendre et d'influencer l'opinion des électeurs américains, au travers de publicités en ligne, de l'organisation d'événements et d'opérations de communication ciblée. »

Devant les tentatives, notamment de Facebook, de le présenter comme le principal ‘’responsable’’ de ce nouveau désastre dans l’exploitation des données personnelles des usagers, Aleksandr Kogan a vivement réagi pour dire : « Mon sentiment, c'est que je sers de bouc émissaire à Facebook et à Cambridge Analytica alors qu'on pensait faire quelque chose de complètement normal », déclare-t-il, repris par www.sciencesetavenir.fr. En effet, les dirigeants de Facebook se sont immédiatement démarqué de l’action du professeur en affirmant que celui aurait peut être collecté légalement ces données mais a, à coup sûr enfreint les ‘’règles de la plateforme’’. De son côté, Cambridge Analytica déplore le fait, dit-elle que le professeur ait pu accéder illégalement à ces données et annonce le départ de son patron, Alexander Nix, précisant que la décision est à «effet immédiat dans l'attente d'une enquête complète et indépendante». Ce dernier enregistré par une camera caché, diffusée la semaine dernière par une télé britannique « le montrait en train d'évoquer les méthodes utilisées par Cambridge Analytica pour nuire à la réputation des adversaires politiques de ses clients. Un savant cocktail de pots-de-vin et de prostituées ukrainiennes », rapporte le site bfmbusiness.bfmtv.com.

Plus compliquée est par contre la situation pour le géant des réseaux sociaux, Facebook, dont les dirigeants ont gardé le silence pendant quelques jours avant que le jeune patron milliardaire de 33 ans Mark Zuckerberg ne daigne accorder quelques interviews à des médias américains pour formuler des regrets ‘’timides’’ aux yeux des observateurs, mais aussi pour maintenir le cap en n’admettant que quelques dysfonctionnements à la résolution desquels ‘’Facebook travaille d’arrache-pied’’ promet-il.

Mais au-delà des péripéties de cette affaire, c’est un grand virage qui se négocie pour ce nouveau modèle des médias numériques basé sur une hypercentralisation de la collecte et du trafic des données sur le web. Les interpellations venant de toutes parts se suivent, deviennent de plus en plus importantes, voire même pressantes, obligeant les responsables de ces mastodontes à s’expliquer et du coup à s’impliquer dans un véritable débat de société sur le rôle et la place des nouveaux medias numériques.

La première grosse pression est immédiatement venue des milieux financiers où sa   « capitalisation a fondu de presque 30 milliards de dollars en quelques heures. En cause, des investisseurs inquiets sur les suites du scandale Cambridge Analytica. Ils craignent notamment une plus forte régulation de ses activités », fait remarquer lefigaro.fr

Ce sont ensuite les usagers qui ont déclenché une campagne de fermeture de comptes Facebook relayées par certaines grandes personnalités, ce qui risque d’enfoncer le clou de la disgrâce du réseau social aux yeux de l’opinion de ses usagers. « Scandale Facebook: Des internautes appellent à quitter le réseau social après la polémique Cambridge Analytica », titre le site 20minutes.fr en ouverture d’un papier mis en ligne le 21 mars dernier dans lequel on apprend que, suite à « la polémique sur la vente de leurs données à Cambridge Analytica, une société privée spécialisée dans la communication, les utilisateurs du réseau ont lancé le hashtag #DeleteFacebook. » Un appel vite relayé par de nombreux utilisateurs à l’instar du co-fondateur de Whatsapp pour qui, lance-t-il sur Twitter , « Il est temps. #DeleteFacebook ». Sauf que l’appel est lancé sur Twitter, un autre réseau avide de données personnelles, ce qui fait dire à un utilisateur, outré par cette ‘’hypocrisie générale’’, cité par 20minutes.fr : « Si vous êtes inquiets que des entreprises utilisent vos données personnelles pour vous cibler, alors vous devez supprimer Facebook et Twitter et Instagram et Snapchat et arrêter d’acheter des produits sur Amazon et arrêter de faire des recherches sur Google et résilier vos cartes de crédit et arrêter de donner à des œuvres de charité… »

Mais avec tout cela, ce sont les réactions des autorités publiques qui risquent de peser dans le débat et d’infléchir ce modèle pour en lui imposant un nouveau cadre de régulation plus à même de garantir le droit à la vie privée. En Angleterre, l’autorité de protection des données privées a débarqué dans le siège de la société Cambridge Analytica pour enquêter sur les faits, au moment où les parlementaires britanniques ont invité Mark Zuckerberg à venir leur donner un peu plus d’explications ; car, estiment-il, la démonstration de preuves de Facerbook sur cette affaire ne leur parait pas d’une grande pertinence, voire même qu’elle est ‘’trompeuse’’, accusent-ils. Déclinant cette invitation, le patron de Facebook a proposé de se faire remplacer par un de ses adjoints : « Les députés britanniques ont immédiatement refusé cette proposition, rapprte lemonde.fr, ajoutnat que le « président de la commission sur le numérique, la culture et les médias, Damian Collins, a estimé qu’il était ‘’approprié’’ qu’il vienne s’expliquer lui-même, au vu de la gravité des accusations. »

Le parlement européen a également demandé au jeune patron de Facebook de venir présenter quelques éclaircissements sur ce que la commissaire européenne à la justice et à la protection des consommateurs qualifie de révélations ‘’effroyables. Son président, Antonio Tajani, a indiqué que son institution enquêtera pleinement sur ce qu’il a qualifié de   «violation inacceptable des droits à la confidentialité des données». 

                                                           FTC : l’épée de Damoclès sur Facebook

Aux Etats Unis des actions collectives ont été lancées par des groupes d’avocats et quelques procureurs se sont saisis de l’affaire tandis que des voix s’élèvent dans les milieux du parlement et du Sénat pour demander une implication active des autorités fédérales. Mais ce que redoute le plus Facebook serait certainement une intervention de la FTC (Federal Trade Commission), l'organisme gouvernemental américain en charge des questions de respect des droits des consommateurs. Celui-ci est en effet dans son plein droit au regard d’une probable transgression par Facebook d’un texte légal signé en 2011 à travers lequel il s’engageait « à respecter le consentement des utilisateurs, en leur demandant la permission à chaque fois qu'ils partagent leurs données à d'autres entités », peut-on lire sur 20minutes.fr. A partir de cette affaire où les velléités de monétisation des données personnelles et de leur exploitation pour des desseins non déclarés, ressurgit toute la ‘’problématique politique’’ du rôle des médias sociaux, de leur poids sur les usagers et de leur impact sur le cours de la vie démocratique telle qu’elle se vit depuis des siècles dans la civilisation occidentale. ‘’Le scandale Facebook pose avant tout une question politique’’, affirme Olivier Ertzscheid, Enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Nantes (France), dans une contribution mise en ligne sur le site liberation.fr le 23 mars dernier. Dans son ouvrage publié en 2017, sous le titre ‘’L'appétit des géants: Pouvoir des algorithmes, ambitions des plateformes’’, celui a effectué une analyse en profondeur des enjeux culturels et politiques posés par ces nouveaux medias. Tout en mettant en exergue la proximité du monde politique avec ces réseaux sociaux, il demeure entendu pour lui que l’acte de voter «    est, heureusement, un processus décisionnel largement multi-factoriel qu’aucune martingale algorithmique ne peut prétendre modéliser de manière fiable, fut-elle gavée d’une immensité de données qualifiées », affirme-t-il, ajoutant que l’on ne peut « imaginer que l’élection de Trump s’est jouée uniquement sur de l’analyse de données et du profilage marketing, même parfaitement ciblé, même à cette échelle. » Dans son analyse il fait ressortir le pouvoir impressionnant détenu par ces médias tout en relativisant leur impact. Pour autan ; avec un tel pouvoir il est bien évident que les velléités politiques ne sont pas loin : « sans pour autant avoir besoin de fantasmer sur les intentions présidentielles de Mark Zuckerberg, il est au moins acquis et avéré qu’à l’échelle qu’atteint aujourd’hui Facebook, il ne peut pas, il ne peut plus faire l’économie d’un projet politique », soutient-il.

R.M

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L'agenda

APN

La commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des affaires religieuses de l’Assemblée populaire nationale recevra, lundi 24 septembre à 10h, Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

APN

Le président de la commission des affaires étrangères, de la coopération et de la communauté nationale établie à l’étranger, Abdelhamid Si Afif, présidera lundi 24 septembre deux rencontres diplomatiques, la première, à 10h30, avec le groupe parlementaire d’amitié algéro-français et la deuxième, à 13h30, avec le groupe parlementaire d’amitié algéro-japonais.

Ministère du Tourisme

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, présidera, lundi 24 septembre à 9h à l’hôtel Mazafran, une rencontre-bilan sur la saison estivale 2018.

Ministère des Travaux publics

Le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, effectuera lundi 24 septembreune visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’El Bayadh.

Ministère de l’Environnement

La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma-Zohra Zerouati, effectuera lundi 24 septembre une visite de travail dans la wilaya de Blida.

Ministère de l’Industrie

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, effectuera lundi 24 septembre et demain une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Batna.

Ministère de la Santé

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organise, lundi 24 septembre à 9h à l’Institut national de santé publique, une journée d’information sur la rage.

Sipsa-Sima

Le cercle de réflexion Filaha Innove organise, lundi 24 septembre à 10h à la Chambre nationale de l’agriculture à la Safex (Alger), une conférence de presse sous le thème «Pour une agriculture intelligente face au défi d’une sécurité sanitaire alimentaire durable».

Ministères de l’Industrie et de l’Enseignement supérieur

Sous l’égide des ministères de l’Industrie et des Mines et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et en marge de la réunion concernant le projet Erasmus+, l’inauguration du «SM Weld Welding Centre (Centre de soudage) aura lieu, mardi 24 septembre à 9h au CTMC, à Beni Amrane (Boumerdès).

Safem

La cérémonie d’inauguration officielle du 3e Salon international de la formation et des métiers d’avenir aura lieu, lundi 24 septembre à 11h, à la Safex (Alger).

Mechaâl Echahid

A l’occasion du 56e anniversaire de la désignation du premier gouvernement de l’Algérie indépendante, le forum de la mémoire d’El Moudjahid, en coordination avec l’association Mechaâl Echahid, organisera, demain à 10h, un hommage au premier ministre du Commerce, Mohamed Khobzi.

Forum du Courrier d’Algérie

Le forum du Courrier d’Algérie recevra, lundi 24 septembre à 10h30, l’invité de la semaine, Lakhdar Bouregaâ, commandant et officier supérieur de la Wilaya IV historique.

HCI

Sous le haut patronage du Haut-Conseil islamique et avec la collaboration de l’association Saafi spécialisée dans la finance islamique, un colloque international sera organisé, les 24 et 25 novembre au Palais de la culture à Alger, sous le thème «Assurance takafoul et son rôle dans le développement économique global».

Coupole Mohamed-Boudiaf

Le rappeur français d’origine congolaise, Gandhi Djuna, alias maître Gims, sera en concert, le 28 septembre à 20h, à la Coupole du complexe sportif Mohamed-Boudiaf (Alger).

Musée national du moudjahid 

Le Musée national du moudjahid organise,lundi 24 septembre à 10h, simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, la 296e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

HCLA

A l’occasion de 20e anniversaire de sa création, le Haut-Conseil de la langue arabe organisera,  24 et 25 septembre à 9h30 à la Bibliothèque nationale d’El Hamma (Alger), une conférence scientifique.

ACPMO

A l’occasion de l’anniversaire du décès du chanteur Cheb Hasni, le 29 septembre 2018, l’Association art, culture et protection du patrimoine musical oranais organisera au palais des sports Hamou-Boutlélis à Oran de 14h à 00h un grand concert.

Entretien

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