Nouveaux ennuis de Facebook: le panoptique au grand jour!
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Vendredi 14 Décembre 2018
Journal Electronique

Acculé depuis quelques temps de toutes parts pour ses exploitations abusives des donnés personnelles, le réseau social Facebook vient encore de tomber dans une nouvelle affaire dite de Cambridge Analyticia, avec à la clé de graves accusations d’espionnage d’usagers et de fabrications de  profils à segmentation psychographique. De quoi révéler au grand jour le fameux panoptique cher au philosophe anglais du 18ème siècle Jeremy Bentham.

Par Rachid Moussa

Difficile d’aborder cette nouvelle affaire de siphonage des données personnelles, de façon massive, systématique, sans le consentement des usagers, qui met en ligne de mire Facebook et la société britannique Cambridge Analytica, tant les angles d’analyse sont nombreux, autant que les points d’interrogations et les motifs d’inquiétude qu’elle suscite. Elle remet en tout cas sur le tapis les questions des limites à faire respecter par les médias sociaux en matière de données personnelles, du rôle social de ces medias et de celui du pouvoir politique.

 

L’affaire remet en tout cas au gout du jour cette notion de panoptique, ou la ‘’maison d’inspection’’ conçue par  le philosophe libéral anglais Jeremy Bentham (1748-1832) à la fin du 18e siècle : « une tour centrale permet aux geôliers de surveiller, sans être vus, tous les faits et gestes des prisonniers, enfermés en cellules dans un bâtiment en anneau encerclant la tour », explique le site lemonde.fr dans un article mis en ligne le 5 juin 2014 en ajoutant également un passage du livre Surveiller et punir, paru en 1975, du philosophe français Miche Foucault (1926-1984) qui évoque cette notion comme une « visibilité organisée entièrement autour d’un regard dominateur et surveillant ».

Dans la cible depuis quelques temps pour des soupçons d’actions persuasives en faveur de parties russes intéressées par l’élection du président Trump, Facebook se serait en effet bien passé de cette nouvelle attaque venue de Grande Bretagne où l’opinion publique, la presse, les parlementaires et le pouvoir politiques nourrissent un feu de critiques contre le réseau social à la suite de la découverte de cette nouvelle affaire liée au siphonage massif de données de près de 50 millions d’utilisateurs du réseau par la société Cambridge Analytica ; Dans un papier daté du 22 mars, le site de la télévision française http://bfmbusiness.bfmtv.com reprend en effet l’information selon laquelle,  « Cambridge Analytica aurait joué un rôle dans le vote pro-Brexit en Grande-Bretagne. Elle aurait favorisé l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Elle aurait "volé" à Facebook des données de dizaines de millions de profils. »

                                                                               «Changer le comportement du public»

Pour comprendre les ressorts et la structure de cette société, ceux qui ont cherché à en savoir un peu plus ont été sidérés de constater qu’elle affiche sur le fronton de ses visuels communicationnels qu’elle vise à   "utiliser les datas pour changer le comportement du public". Rien que ça, et cela suffit pour soulever tous les soupçons dans un contexte marqué par une appréhension de plus en plus partagée des dangers encourus par les usagers exposés aux mésusages de leurs données. Au même titre que de nombreux médias européens ou américains le site français bfmbusiness.bfmtv.com qui a voulu enquêter sur cette Cambridge Analytica a appris qu’elle a travaillé « pour l'équipe de campagne de Trump, elle admet avoir récupéré des masses énormes de données sur l'électorat américain via un processus qui créée aujourd'hui la polémique et plonge Facebook dans la tourmente », écrit-il. Lancée en 2013 par la holding britannique SCL, Cambridge Analytica a tracé son chemin dans les techniques de ‘’profilage psychographique’’. Dans le monde marketing, soumis aux pressions des annonceurs et hommes politiques, les techniques de segmentation ont évolué des traditionnels critères sociodémographiques vers des ciblages plus pointus faisant appel aux données psychographiques : « Un critère psychographique est un critère de segmentation ou de ciblage basé sur les styles de vies, les croyances, les valeurs, les personnalités des consommateurs », avance comme définition le site www.definitions-marketing.com. Par son travail axé sur les profils et les intentions des électeurs, elle s’oriente vers le champ politique en s’intéressant aux élections présidentielles américaines de 2016. L’œuvre de l’universitaire britannique Aleksandr Kogan, professeur de psychologie à l'Université de Cambridge l’intéresse à plus d’un titre. Il a en effet développé une application, appelée "thisisyourdigitallife", qui se constitue d’un test de personnalité, à remplir par l’utilisateur en contrepartie d’une rémunération. « Mais pour cela il doit être inscrit sur les listes électorales américaines et surtout se connecter via son compte Facebook (tout comme les nombreux tests), explique le site belge rtbf.be, ajoutant que, « l'application a accès à un très grand nombre de données personnelles de l'utilisateur mais aussi de ses contacts: localisation, liste d’amis, likes, partages. » Cédée à Facebook comme ‘’ étude académique’’, l’application est vite arrivée chez Cambridge Ananlytica qui en fait l’outil de construction de ses bases de données intégrant une segmentation psychographqiue, et ciblant tous les électeurs américains, avec des chiffres d’électeurs répertoriés, estimés à 50 militions par le quotidien The Guardian et à 30 millions par le New York Time. Pour le site du quiotidien français lefigaro.fr, « ces profils auraient notamment été utilisés dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump, afin de comprendre et d'influencer l'opinion des électeurs américains, au travers de publicités en ligne, de l'organisation d'événements et d'opérations de communication ciblée. »

Devant les tentatives, notamment de Facebook, de le présenter comme le principal ‘’responsable’’ de ce nouveau désastre dans l’exploitation des données personnelles des usagers, Aleksandr Kogan a vivement réagi pour dire : « Mon sentiment, c'est que je sers de bouc émissaire à Facebook et à Cambridge Analytica alors qu'on pensait faire quelque chose de complètement normal », déclare-t-il, repris par www.sciencesetavenir.fr. En effet, les dirigeants de Facebook se sont immédiatement démarqué de l’action du professeur en affirmant que celui aurait peut être collecté légalement ces données mais a, à coup sûr enfreint les ‘’règles de la plateforme’’. De son côté, Cambridge Analytica déplore le fait, dit-elle que le professeur ait pu accéder illégalement à ces données et annonce le départ de son patron, Alexander Nix, précisant que la décision est à «effet immédiat dans l'attente d'une enquête complète et indépendante». Ce dernier enregistré par une camera caché, diffusée la semaine dernière par une télé britannique « le montrait en train d'évoquer les méthodes utilisées par Cambridge Analytica pour nuire à la réputation des adversaires politiques de ses clients. Un savant cocktail de pots-de-vin et de prostituées ukrainiennes », rapporte le site bfmbusiness.bfmtv.com.

Plus compliquée est par contre la situation pour le géant des réseaux sociaux, Facebook, dont les dirigeants ont gardé le silence pendant quelques jours avant que le jeune patron milliardaire de 33 ans Mark Zuckerberg ne daigne accorder quelques interviews à des médias américains pour formuler des regrets ‘’timides’’ aux yeux des observateurs, mais aussi pour maintenir le cap en n’admettant que quelques dysfonctionnements à la résolution desquels ‘’Facebook travaille d’arrache-pied’’ promet-il.

Mais au-delà des péripéties de cette affaire, c’est un grand virage qui se négocie pour ce nouveau modèle des médias numériques basé sur une hypercentralisation de la collecte et du trafic des données sur le web. Les interpellations venant de toutes parts se suivent, deviennent de plus en plus importantes, voire même pressantes, obligeant les responsables de ces mastodontes à s’expliquer et du coup à s’impliquer dans un véritable débat de société sur le rôle et la place des nouveaux medias numériques.

La première grosse pression est immédiatement venue des milieux financiers où sa   « capitalisation a fondu de presque 30 milliards de dollars en quelques heures. En cause, des investisseurs inquiets sur les suites du scandale Cambridge Analytica. Ils craignent notamment une plus forte régulation de ses activités », fait remarquer lefigaro.fr

Ce sont ensuite les usagers qui ont déclenché une campagne de fermeture de comptes Facebook relayées par certaines grandes personnalités, ce qui risque d’enfoncer le clou de la disgrâce du réseau social aux yeux de l’opinion de ses usagers. « Scandale Facebook: Des internautes appellent à quitter le réseau social après la polémique Cambridge Analytica », titre le site 20minutes.fr en ouverture d’un papier mis en ligne le 21 mars dernier dans lequel on apprend que, suite à « la polémique sur la vente de leurs données à Cambridge Analytica, une société privée spécialisée dans la communication, les utilisateurs du réseau ont lancé le hashtag #DeleteFacebook. » Un appel vite relayé par de nombreux utilisateurs à l’instar du co-fondateur de Whatsapp pour qui, lance-t-il sur Twitter , « Il est temps. #DeleteFacebook ». Sauf que l’appel est lancé sur Twitter, un autre réseau avide de données personnelles, ce qui fait dire à un utilisateur, outré par cette ‘’hypocrisie générale’’, cité par 20minutes.fr : « Si vous êtes inquiets que des entreprises utilisent vos données personnelles pour vous cibler, alors vous devez supprimer Facebook et Twitter et Instagram et Snapchat et arrêter d’acheter des produits sur Amazon et arrêter de faire des recherches sur Google et résilier vos cartes de crédit et arrêter de donner à des œuvres de charité… »

Mais avec tout cela, ce sont les réactions des autorités publiques qui risquent de peser dans le débat et d’infléchir ce modèle pour en lui imposant un nouveau cadre de régulation plus à même de garantir le droit à la vie privée. En Angleterre, l’autorité de protection des données privées a débarqué dans le siège de la société Cambridge Analytica pour enquêter sur les faits, au moment où les parlementaires britanniques ont invité Mark Zuckerberg à venir leur donner un peu plus d’explications ; car, estiment-il, la démonstration de preuves de Facerbook sur cette affaire ne leur parait pas d’une grande pertinence, voire même qu’elle est ‘’trompeuse’’, accusent-ils. Déclinant cette invitation, le patron de Facebook a proposé de se faire remplacer par un de ses adjoints : « Les députés britanniques ont immédiatement refusé cette proposition, rapprte lemonde.fr, ajoutnat que le « président de la commission sur le numérique, la culture et les médias, Damian Collins, a estimé qu’il était ‘’approprié’’ qu’il vienne s’expliquer lui-même, au vu de la gravité des accusations. »

Le parlement européen a également demandé au jeune patron de Facebook de venir présenter quelques éclaircissements sur ce que la commissaire européenne à la justice et à la protection des consommateurs qualifie de révélations ‘’effroyables. Son président, Antonio Tajani, a indiqué que son institution enquêtera pleinement sur ce qu’il a qualifié de   «violation inacceptable des droits à la confidentialité des données». 

                                                           FTC : l’épée de Damoclès sur Facebook

Aux Etats Unis des actions collectives ont été lancées par des groupes d’avocats et quelques procureurs se sont saisis de l’affaire tandis que des voix s’élèvent dans les milieux du parlement et du Sénat pour demander une implication active des autorités fédérales. Mais ce que redoute le plus Facebook serait certainement une intervention de la FTC (Federal Trade Commission), l'organisme gouvernemental américain en charge des questions de respect des droits des consommateurs. Celui-ci est en effet dans son plein droit au regard d’une probable transgression par Facebook d’un texte légal signé en 2011 à travers lequel il s’engageait « à respecter le consentement des utilisateurs, en leur demandant la permission à chaque fois qu'ils partagent leurs données à d'autres entités », peut-on lire sur 20minutes.fr. A partir de cette affaire où les velléités de monétisation des données personnelles et de leur exploitation pour des desseins non déclarés, ressurgit toute la ‘’problématique politique’’ du rôle des médias sociaux, de leur poids sur les usagers et de leur impact sur le cours de la vie démocratique telle qu’elle se vit depuis des siècles dans la civilisation occidentale. ‘’Le scandale Facebook pose avant tout une question politique’’, affirme Olivier Ertzscheid, Enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Nantes (France), dans une contribution mise en ligne sur le site liberation.fr le 23 mars dernier. Dans son ouvrage publié en 2017, sous le titre ‘’L'appétit des géants: Pouvoir des algorithmes, ambitions des plateformes’’, celui a effectué une analyse en profondeur des enjeux culturels et politiques posés par ces nouveaux medias. Tout en mettant en exergue la proximité du monde politique avec ces réseaux sociaux, il demeure entendu pour lui que l’acte de voter «    est, heureusement, un processus décisionnel largement multi-factoriel qu’aucune martingale algorithmique ne peut prétendre modéliser de manière fiable, fut-elle gavée d’une immensité de données qualifiées », affirme-t-il, ajoutant que l’on ne peut « imaginer que l’élection de Trump s’est jouée uniquement sur de l’analyse de données et du profilage marketing, même parfaitement ciblé, même à cette échelle. » Dans son analyse il fait ressortir le pouvoir impressionnant détenu par ces médias tout en relativisant leur impact. Pour autan ; avec un tel pouvoir il est bien évident que les velléités politiques ne sont pas loin : « sans pour autant avoir besoin de fantasmer sur les intentions présidentielles de Mark Zuckerberg, il est au moins acquis et avéré qu’à l’échelle qu’atteint aujourd’hui Facebook, il ne peut pas, il ne peut plus faire l’économie d’un projet politique », soutient-il.

R.M

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

 

Ministère de l’Agriculture
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme du développement durable, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la  Pêche organise, jusqu’au 13 décembre, au siège de la DGF, un atelier technique.

 Ministère des Ressources en eau
Le ministre des Ressources en eau, Mohamed Necib, effectuera les 15 et 16 décembre, une visite de travail dans la wilaya de M’sila.

 Ministère de la Culture

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, présidera, le 13 décembre  à 17h, au palais de la culture Moufdi-Zakaria, la 8e édition du Festival culturel national de la création féminine.

Ministère de l’Industrie
Le ministère de l’Industrie et des Mines organise le 17 décembre à l’hôtel El Aurassi (Alger), le forum des affaires Algérie-Corée du Sud qui sera présidé par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia et son homologue  coréen, Lee Nak Yeon.

Ministère des Moudjahidine
Le ministre des Moudjahidins, Tayeb Zitouni, effectuera, les 15 et 16 décembre 2018 une visite de travail dans  la wilaya d’El tarf.

Ministère de la Communication

Dans le cadre du projet de partenariat avec l’organisation internationale de la réforme pénale PRI et à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Conseil national des droits de l’homme organisera, en coordination avec le ministère de la Communication, une session de formation, les 12 et 13 décembre à l’hôtel New Day à Hussein Dey (Alger).

Ministère du Commerce

Le ministre du Commerce, Saïd Djellab, effectuera, les 15 et 16 décembre, une visite de travail dans les wilayas de Biskra et El Oued.

Galerie Espaco
L’artiste plasticien Karim Sergoua présentera ses nouvelles œuvres sous le titre «7 Houmate», le 8 décembre à partir de 15h, à la galerie d’art Espaco. L’expo sera visible jusqu’au 8 janvier.

DGF
La Direction générale des forêts, point focal national du protocole de Nagoya, organisera, du 9 au 11 décembre, à 9h à l’hôtel Holiday (Alger), un atelier de formation sur les droits de propriété intellectuelle et l’accès et les partages des avantages APA.

 Radio algérienne
La Radio algérienne, avec la participation de
l’Onda, organisera, le 16 décembre à 16h au CIC d’Alger, la cérémonie de remise du prix du concours de poésie «Prix El Manara» dédié à la Grande-Msquée d’Alger.

FCE
Le Forum des chefs d’entreprise organisera, le 15 décembre , à 9h30, au Palais des expositions (Alger), son assemblée générale élective qui sera suivie de la pose de la première pierre du siège de l’organisation, situé au quartier des affaires (Bab Ezzouar,Alger).

Salon algérien des langues
L'agence d'événementiel et de promotion culturelle Phœnix Agency organisera, les 22 et 23 décembre au palais de la culture Moufdi-Zakaria, à Alger, le 1er «The languages fair : le Salon algérien des langues et des séjours linguistiques», avec accès gratuit au grand public.


Continuité pour la stabilité et les réformes
Le groupe Continuité pour la stabilité et les réformes organisera, le 15 décembre, à 9h30 à l’hôtel Riadh (Alger), une Journée d’étude sur l’émigration clandestine.

SAA

Le Fonds de garantie automobile, en coordination avec la Direction régionale de la SAA, organise, le 13- décembre  à 8h30, les travaux de la journée d’étude autour des «garanties automobiles», à Blida, route de la Chifa.

Groupe Continuité pour la stabilité et les réformes

Le groupe des partis G15+4 «Continuité pour la stabilité et les réformes» organise, le 15 décembre à 9h30, à la salle de conférences de l’hôtel El Riadh, une journée d’étude sur l’émigration clandestine.

TAJ

Le président du parti, Amar Ghoul, présidera, le 15 décembre à 9h30, à l’Ecole supérieure de l’hôtellerie (ESHRA), l’ouverture officielle du 1er congrès national du parti.

Direction générale des forêts

La Conservation des forêts et du Barrage vert de la wilaya d’Alger organise, le 15 décembre à 9h, à la forêt de Baïnem, le camping pédagogique sur les maladies et insectes qui menacent la flore.

 

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