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Applications de l’Intelligence artificielle : pourquoi s’alarmer ?
Dimanche 24 Juin 2018
Journal Electronique

Signé par 26 experts d’universités anglaises et américaines ainsi que d’organisations non gouvernementales, un récent rapport alarmant sur les risques d’usages malveillants de l’intelligence artificielle remet sur le devant de la scène les thèses les plus pessimistes qui ont toujours vu d’un mauvais œil l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Bien avant ce rapport, des voix se sont élevées pour appeler à une surveillance des innovations et des usages. Pour autant, ne faut-il y voir que la face sombre ?

Par Rachid MOUSSA

La signature est indiscutable, les références bien assises, et les profils bien adaptés pour parler du sujet ; les 26 spécialistes en intelligence artificielle, robotique et cybersécurité qui ont parrainé ce nouveau rapport savent de quoi il retourne en matière de progrès dans les domaines de l’intelligence artificielle. Venus de 14 organismes différents, ils se sont rencontrés il y a une année à Oxford, pour discuter des éventuels usages mal intentionnés des nouvelles applications rendues possibles par le développement de l’intelligence artificielle. Ils ont compilé le tout dans un rapport rendu public le 21 février dernier qui pointe les risques encourus lorsque ces technologies tombent entre des mains malveillantes et préconise quelques pistes de stratégie pour parer à ces probables situations. « Les tendances actuelles montrent qu’il y a un accès généralisé à la recherche de pointe et aux accomplissements dans le développement, peut-on lire dans ce rapport qui comporte également cet avertissement : « Si ces tendances se poursuivent dans les cinq prochaines années, nous prévoyons que la capacité des auteurs d’attaques de causer des dégâts à l’aide de systèmes numériques et robotiques augmentera considérablement.»

Les auteurs soulignent la large pénétration des applications de l’intelligence artificielle qui peuplent des pans de plus en plus larges de notre vie quotidienne, le plus souvent sans que l’usager ne prête attention. « En fait, l’IA est déjà omniprésente autour de nous, la plupart du temps fonctionnant en arrière-plan, commente l’auteur d’un papier mis en ligne le 26 février dernier sur le site www.vice.com, ajoutant qu’on « peut avoir du mal à prendre la mesure de cette lente pénétration dans tous les domaines, de la médecine à la finance, car elle ne correspond pas à ce que le cinéma hollywoodien a imaginé dans des films comme Deus Ex Machina ou Her. » 

Parmi les applications pointées comme source de dangers potentiels, les auteurs ont mis l’accent sur les vidéos ‘’deepfake’’ ; en utilisant une technologie d’apprentissage automatique appelée TensorFlow, mise au point par des experts de chez Google, il est possible de faire remplacer des visages de personnages sur un document vidéo. Le rapport attire l’attention sur l’utilisation de ces technologies, « par exemple en manipulant des vidéos de chefs d’État dans le but de mettre en péril la sécurité politique », explique ce même site, qui invite par ailleurs, pour l’illustration, à « imaginer les conséquences de la circulation à Pyongyang d’une fausse vidéo de Trump déclarant la guerre à la Corée du Nord pour comprendre ce qui est en jeu. »

Parmi les rédacteurs du rapport, Seán Ó hÉigeartaigh, directeur du «Centre for the Study of Existential Risk» de l'Université de Cambridge, s’est confié au correspondant de l’AFP pour dire que   «le risque le plus sérieux, même si il est moins probable, est le risque politique», en rappelant qu’il y a déjà eu des cas où « des gens se servaient de la technologie pour essayer d'interférer dans les élections et la démocratie», ajoute-t-il. D’après lui, si le développement de l’intelligence artificielle offre aux pratiques malveillantes la capacité « de devenir plus fortes, plus difficiles à repérer et à attribuer, cela pourrait poser de gros problèmes de stabilité politique et contribuer peut-être à déclencher des guerres».

Toujours au plan de l’impact politique de tels scénarii, le rapport redoute que les innovations de l’intelligence artificielle ne tombent entre les mains «des États voyous, des criminels, des terroristes». Cela pourrait engendrer des conséquences lourdes, d’autant, ajoute le rapport «que les attaques qui seront permises par l'utilisation croissante de l'IA seront particulièrement efficaces, finement ciblées et difficiles à attribuer».

Il est également question des usages possibles des produits de l’intelligence artificielle par ces ‘’Etats voyous’’ qui pourraient en profiter pour instaurer des ‘’systèmes de surveillance de masses’’ contre leur population.

Les terrains d’exploitations malveillantes des produits de l’intelligence artificielle sont nombreux, d’autant que celle-ci se propage dans de nombreux segments de la vie quotidienne des citoyens, des entreprises et des organisations politiques. Ainsi, les 26 experts notent-ils dans leur rapport que « dans les dix prochaines années, l'efficacité croissante de l'IA risque de renforcer la cybercriminalité mais aussi de conduire à des utilisations de drones ou de robots à des fins terroristes. Elle est aussi susceptible de faciliter la manipulation d'élections via les réseaux sociaux grâce à des comptes automatisés (bots). » En somme une vaste étendue de possibilités que les experts ont essayé d’imaginer. Le site du journal suisse tdg.ch a suivi les analyses du rapport et évoque des exemples de mauvais usages des produits de l’intelligence artificielle ;   « des terroristes pourraient modifier des systèmes d'IA disponibles dans le commerce (drones, véhicules autonomes), pour provoquer des crashs, des collisions ou des explosions », avance-t-il, avant de donner une autre illustration avec , écrit-il, « le cas d'un robot nettoyeur trafiqué qui se glisserait subrepticement parmi d'autres robots chargés de faire le ménage dans un ministère berlinois. Un jour l'intrus passerait à l'attaque après avoir reconnu visuellement la ministre des Finances. Il se rapprocherait d'elle et exploserait de façon autonome, tuant sa cible. »

A partir de ces cas et d’autres, le rapport tente don d’alerter sur la nécessité de voir de plus près ce qui se passe dans les laboratoires de recherche concernés par les progrès de l’intelligence artificielle. Ses rédacteurs admettent qu’ils ne sont pas parvenus à une démarche consensuelle entre eux, et n’ont pu également accorder leurs points de vue avec ceux d’autres sources intéressées par cette question. « Beaucoup de ces désaccords ne seront pas résolus avant que nous disposions de données additionnelles, qui seront accessibles à mesure que les menaces et les réactions à celles-ci se concrétiseront, indiquent-ils dans leur rapport, ajoutant que « cette incertitude et des désaccords ne devraient pas nous empêcher de prendre des mesures préventives dès aujourd’hui. »

Ils invitent pour ce faire les chercheurs à mieux regarder les usages faits de leurs innovations pour aider à prévenir les mauvaises utilisations. Au niveau des pouvoirs publics, ils recommandent une approche appropriée aux niveaux, local, national et international, pour mettre en place des mécanismes institutionnels et réglementaires qui pourraient aider à limiter ce fléau ; « l’octroi centralisé de licences pourrait permettre de s’assurer que les technologies basées sur l’intelligence artificielle ne tombent pas entre de mauvaises mains, et des programmes de surveillance permettraient de garder à l’œil leur utilisation », résume le site www.vice.com qui a eu à traiter des recommandations du rapport.

Avec tout cela, le rapport a été un moment de réactiver le vieux débat sur la problématique des rapports de l’humain   à la machine et à a technologie, source de tout un imaginaire dans lequel certains voient l’avenir de plus en plus en rose grâce aux apports de la technologie, là où d’autres alertent sur les dangers imminents pour l’Humanité. «  Il faut qu'on puisse lutter contre les détournements de l'intelligence artificielle (IA) et il faut anticiper les utilisations malfaisantes qu'on peut en faire  réclame le chercheur universitaire français Jean-Gabriel Ganascia, dans un papier publié le 21 février dernier par le site https://ici.radio-canada.ca.

D’un autre côté, le débat fait également apparaitre des points de vue plus nuancés sur les véritables impacts des nouvelles technologies et particulièrement du pouvoir supposé des machines et des programmes informatiques.

Consultant pour le monde de la finances et de l’assurance, Julien Maldanato nous dit ‘’Pourquoi il ne faut pas avoir peur de l’intelligence Artificielle’’, dans une contribution mise en ligne el 12 février sur le site www2.deloitte.com. Il fait le constat qu’en l’état actuel du développement de l’intelligence artificielle, il n’y a pas de quoi s’alarmer, expliquant en effet que « pour l’instant, l’IA ne pense pas comme un humain : elle aide l’humain à penser mieux. » Il est convaincu que ‘’l’automatisation complète n’est pas pour demain : les machines ont besoin des hommes ! », et tente d’expliquer tout l’intérêt qu’il y a à faire jouer cette complémentarité entre l’humain et la machine. Au regard des progrès accomplis dans cet échange, il est établi, écrit-il « que le vrai vainqueur d’une compétition homme-machine n’est ni la machine, ni l’homme : c’est l’alliance d’un être humain et d’une machine. »

Il illustre son propos par les possibilités offertes par l’intelligence artificielle dans certains domaines de la vie des citoyens comme la santé où, avance-t-il, «  par exemple, les médecins s’appuieront sur l’IA pour formuler de meilleurs diagnostiques, avec l’empathie nécessaire pour conseiller et rassurer le patient. » En confiant les tâches redondantes aux algorithmes, le personnel médical disposera de « davantage de temps à des tâches typiquement humaines telles que la compréhension des symptômes, la pose du diagnostic, la définition du traitement, l’écoute et l’empathie. » Il évoque aussi d’autres possibilités dans des domaines comme l’assurance, pour rappeler qu’à ses yeux, l’intelligence artificielle constitue «  une vraie opportunité pour l’être humain qui doit s’en emparer et la voir comme ce qu’elle est : un « boosteur » d’intelligence, une intelligence augmentée bien plus qu’une menace », conclut-il.

Sous le titre : ‘’L’intelligence artificielle ou le danger de l’anthropomorphisme’’, le site www.ledevoir.com a mis en ligne 12 février 2018, une réflexion sur cet impact supposé de la machine informatique sur le comportement humain nous fait remonter aux premières heures de l’apparition de ces machines informatiques que certains ont vite fait de nommer ‘’ cerveaux électroniques’’ : « C’était dans les années 50-60. On s’est aperçus avec le temps que ce n’étaient pas des cerveaux et on les a appelés ordinateurs, ce qui correspondait mieux à leur véritable usage et éliminait la connotation anthropomorphique », écrit l’auteur de cette réflexion qui dans l’avènement de l’intelligence artificielle « un exploit technologique », mais en   tempérant l’impact de la machine,  car poursuit-il, «  comme un ordinateur n’est pas un cerveau électronique, il n’y a pas là d’intelligence, sinon celle de ses concepteurs. »

Pour sa part, Julien Maldanato accompagne son papier d’une citation d’une personnalité marquante dans l’histoire de l’ordinateur et de l’internet. Il s’agit de J.C.R. Licklider présenté par l’encyclopédie en ligne Wikipédia comme l’un des plus grands théoriciens de la naissance de l’internet : « Il anticipa l'interconnexion en réseau des ordinateurs dotés d'interfaces utilisateurs conviviales. Il imagina bien avant leur naissance l'informatique graphique, les interfaces basées sur des dispositifs de pointage, les bibliothèques numériques, le commerce électronique, la banque en ligne, et même l'idée des programmes distants qui migreraient via le réseau où l'on aurait besoin d'eux. On le dénomma ‘’ le pionnier de l'informatique’’, pour avoir semé les ‘’ graines informatiques’’  de l'ère numérique. «Les hommes fixeront les buts, formuleront des hypothèses, détermineront des critères et exécuteront les évaluations. Les ordinateurs feront le travail que l’on peut mettre en routine, qui doit être fait pour préparer les idées et les décisions liées à la pensée technique et scientifique (…) Ce partenariat symbiotique effectuera des opérations intellectuelles beaucoup plus efficacement que l’homme seul ne peut les exécuter », pense-t-il.

R.M

 

Pour la bonne cause

Deux frères indiens ayant réussi aux Etats Unis se lancent dans un formidable défi, celui de mobiliser l’intelligence artificielle au service des populations démunies de l ‘Inde. Romesh et Sunil Wadhwani, deux enfants du pays qui ont émigré vers le pays de l’Ocnle Sam viennent en effet d’ouvrir   à Bombay une fondation --Wadhwani AI institute-- qui ambitionne de « se servir de l'intelligence artificielle pour améliorer le quotidien d'agriculteurs pauvres, de soignants situés en zone rurale ou encore d'enseignants qui travaillent dans des régions défavorisées », rapporte le site http://information.tv5monde.com. Avec un budget initial de 30 millions de dollars la fondation s’est mise en partenariat avec une université américaine de Californie et compte faire appel à des entreprises américaines. Pour l’un des frères interrogé par l’AFP, la priorité « c'est combien de dizaines de millions de vies nous pouvons améliorer dans les cinq à dix ans qui viennent », convaincu qu’il est que "L'intelligence artificielle peut changer la donne". Un optimisme qui inspire au journaliste l’idée que cette intelligence  « pourrait par exemple aider les infirmières à poser des diagnostics, permettre aux agriculteurs d'optimiser les récoltes ou encore traduire les manuels scolaires. »

Des enjeux de société

Le débat sur l’intelligence artificielle fait remonter en surface d’énormes enjeux pour la société humaine, appelée à regarder de face cette nouvelle réalité et à préparer les conditions d’une nécessaire adaptation. « La société doit se saisir des enjeux de l'intelligence artificielle », avance en titre le site du quotidien français liberation.fr, en ouverture d’une contribution de Laurence Devillers, professeur en intelligence artificielle à Paris-Sorbonne/Limsi-Cnrs, mise en ligne le 2 novembre 2017 ; « Les machines ont une certaine intelligence, celle des calculs mais elles n’ont pas l’intelligence de la solidarité et de l’empathie », soutient-elle avant d’inviter à une réflexion sur les enjeux sociaux de l’intelligence artificielle. Dans un premier niveau elle juge nécessaire d’ouvrir la formation et l’enseignement à ce monde pour que soit possible une familiarisation avec l’intelligence artificielle. Elle voit un second niveau à dédier aux questions de l’éthique et des modalités de régulation pour garantir les droits et libertés fondamentaux. Elle estime enfin utile de se pencher sur l’impact de l’IA sur le travail  et recommande des études de terrain pour déterminer le véritable impact et éventuellement imaginer des solutions de substitution pour les emplois menacés.

 

 

 

Santé

Environnement

Société

Destination Algérie

Sciences et Technologies

Histoire

L'agenda

APN

L'assemblée Populaire Nationale reprendra lundi ces travaux en session plénière consacrés au vote du projet de loi organique relatif à la mise en œuvre de l'exception d'inconstitutionnalité et celui de la loi de finances complémentaire de l'année 2018ainsi que du projet de loi organique de l’Académie Algérienne de la langue Amazigh.

 

Ministère de l’Industrie

Le ministre de l’industrie et des mines, Yousef Yousfi, effectuera lundi une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Sétif.

 

Ministère du Tourisme

A l’occasion de la célébration de la journée nationale du Tourisme, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Abdelkader Benmessaoud, effectuera lundi une visite de travail dans la wilaya de Tizi Ouzou.

 

Ministère des Moudjahidines

Le ministre des moudjahidines, M. Tayeb Zitouni effectuera lundi, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Saïda.

 

Ministère de l’Environnement

La ministre de l’environnement et des énergies renouvelables, Fatma-Zohra Zerouati, recevra lundi, à 11h00, l’ambassadeur du royaume d’Espagne à Alger, M Santiago Cabanas au siège de son ministère.

 

 

Ministère de l’Habitat

Le ministre de l’habitat de l’urbanisme et de la ville, Abdelwahid Temmar, participe jusqu’au 27 juin à Djedda en Arabie Saoudite et à Abou Dhabi, Dubaï au Emirat Arabes Unis les journées d’informations sur le logement promotionnel public destinée aux ressortissants algériens à l’étranger.

 

Ministère de la Formation Professionnels

Le Ministère de la formation et de l'enseignement professionnels organise lundi à8h30 au Cercle Militaire Beni Messous Alger une cérémonie d'installation de conseil de partenariat pour la formation et l'enseignement professionnels.

 

Salon national E-commerce

Le Salon national du E-Commerce et du paiement électronique se tiendra jusqu’au 25 juin au Palais de la Culture Moufdi Zakaria.

 

Forum El Moudjahid

Le forum abritera lundi à 10h, la rencontre d’amitié et de fraternité citoyenne algéro-africaine, qui se tiendra à l’occasion de la visite de la délégation du collectif des citoyens africains résidents en France Amis de l’Algérie

 

Musée national du moudjahid

Le Musée national de moudjahid organise le 25 juin à10h à la kisma de Beni Messous et simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, la 271ème, rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

 

 

 

 

DGSN

Le directeur de la santé de l’action sociale et de l’activité sportive au niveau de la DGSN, présidera lundi à 8h30 à la maison de la culture Ibn Roch, dans la Wilaya de Djelfa, l’ouverture de la 77ème édition des journées d’information sur la sûreté nationale, qui auront lieu jusqu’au 28 juin.

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