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Alors que la situation sécuritaire au Sahel se détériore, la mise en œuvre de l’accord de paix au  Mali (Accord d'Alger) a besoin d’être accélérée, ont affirmé les membres du  Conseil de sécurité des Nations-Unies dans une déclaration à la presse.

Dans cette déclaration, les membres du Conseil ont exprimé « leur profonde  préoccupation devant la situation sécuritaire et humanitaire au Sahel » et  ont souligné l’importance d’une mise en œuvre intégrale, effective et  inclusive de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. Les Quinze ont noté « avec beaucoup d'impatience que, malgré certains  progrès, il restait encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre les  dispositions clés de l'Accord », tout en exhortant les parties maliennes à  accélérer cette mise en œuvre. L'accord d'Alger a été signé le 15 mai à Alger et le 20 juin à Bamako  après des négociations entre la République du Mali et la Coordination des  mouvements de l'Azawed.

Mercredi, la Sous-secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique,  Bintou Keïta, a fait le point sur la situation au Sahel devant le Conseil  de sécurité. Elle a expliqué que dans un contexte de dégradation de la  situation sécuritaire, la force conjointe du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali,  Mauritanie, Niger et Tchad) avait plus que jamais besoin de recevoir un  soutien de la communauté internationale. Dans leur déclaration à la presse, les membres du Conseil de sécurité ont  salué les récentes mesures prises par les pays du G5 Sahel vers  l’opérationnalisation de leur force conjointe et les ont encouragés à  veiller à ce qu’elle continue d’avancer dans cette direction « afin de  démontrer des résultats opérationnels concrets accrus ». Le risque d’enlisement inquiète  de nombreux maliens et des franges de l’opposition  qui s’interrogent sur l’impuissance de la communauté internationale a faire face au défi terroriste. Des manifestations ont été ainsi organisées contre la présence française jugée inefficace.

Paris reconnait effectivement  la dégradation de l a situation sécurité, tout en rejetant la thèse de l’enlisement et en se disant déterminé à poursuivre le combat contre le terrorisme. Toutefois, en novembre, le président malien, Ibrahim Boubacar Keita à mis l’accent sur l’importance du soutien des forces internationales, en reconnaissant que l’existence de son pays « est en jeu ». Plus de 100 soldats maliens ont été tués ces dernières semaines  , lors des combats ou des attaques menées par des groupes terroristes dans le Nord et au centre du Pays où l’armée a enregistré les plus lourdes pertes ces dernières années.