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Plus de 5000 personnes ont été gardées en vue, depuis le début à la mi-novembre du mouvement des "gilets jaunes" et 152 d'entre elles ont été placées en mandat de dépôt, a rapporté mercredi la presse. Selon le ministère de la Justice, 5.339 personnes ont été placées en garde à vue, depuis le début des manifestations du mouvement, le 17 novembre, dont 815 ont été jugées en comparution immédiate.

Pour les rassemblements organisés les samedis à Paris, le bilan du ministère de la Justice fait ressortir 1628 gardes à vue depuis fin novembre qui ont donné à 798 classements sans suite, soit 49 % des procédures.

Environ 60 peines de prison ferme ont été prononcées à Paris par la justice depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", un mouvement populaire et apolitique.

Dans ce contexte de tension sociale que beaucoup considèrent comme une crise politique, le Premier ministre, Edouard Philippe, vient d'annoncer son intention de modifier le droit de manifester avec un durcissement des sanctions contre les manifestations non déclarées et les casseurs.

Au cours de son intervention au JT de TF1, lundi soir, le Premier ministre a montré les contours de cette nouvelle lois qui prévoit, outre de sanctionner les organisateurs des manifestations non-déclarées, de mettre en place un principe de "casseur-payeur" et de créer un fichier pour interdire de manifestation les éléments les plus radicaux.

Même si ces mesures vont dans le "bon sens", selon le syndicat de la police, elles ont néanmoins suscité de vives critiques de la part de l'opposition et des défenseurs des droits de l'homme et des libertés.

                                                     Craintes pour les libertés

Le leader de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite une sortie politique à la crise, a invité à déterminer un dispositif individuel pour chaque manifestant.

"Quand il y a des violences des deux côtés, les deux côtés sont condamnables et doivent être condamnés", a-t-il réagi sur son compte Twitter, soulignant que "l'Etat de droit n'est pas à sens unique".

Pour Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), qui pense qu'"il n'y a pas d'ordre public possible, ni même souhaitable, sans justice sociale", le Premier ministre "autorise les manifestants à ne plus manifester, sinon ils seront fichés".

Plusieurs personnalités politiques ont estimé que ces mesures sont inefficaces et que c'est une impasse dans laquelle il est impossible de "remédier vraiment à la crise".

Florian Philippot (Les Patriotes) a indiqué qu'Edouard Philippe "n’annonce rien d’autre qu’un fichage supplémentaire, aussi inefficace et liberticide que les précédents", alors que Laurent Wauquiez (Les Républicains) a estimé que les annonces sont "sans efficacité immédiate".

Dans les rangs des communistes, l'on craint que ces mesures soient "une remise en cause de la liberté de manifestation et d’opinion".