Economie politique de l’internet: faut-il démanteler les GAFA?
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Mardi 26 Mars 2019
Journal Electronique

La montée en puissance des géants de l’internet américains, Google, Amazon, Facebook et Apple inquiète autant leurs usagers que les pouvoirs publics. Des voix parmi leurs fervents défenseurs s’élèvent pour inviter à limiter leur pouvoir réticulaire et demander, au nom des principes du capitalisme, de démanteler ces empires qui imposent une nouvelle ‘’souveraineté fonctionnelle’’ qui bat en brèche la souveraineté territoriale de l’état westphalien. Par Rachid MOUSSA

Les mesures successives des autorités européennes contres les pratiques monopolistiques et discriminatoires des géants de l’internet américains avaient suscité un débat politique, le plus souvent à l’initiative de politiques américains très aptes à brandir la carte de la concurrence et de l’innovation, allant même parfois jusqu’à accuser le vieux continent de ‘’jalouser’’ les joyaux de la Silicone Valley et de mettre des freins à l’innovation. Cela étant, ces mesures visant à limiter les situations monopolistiques et à maintenir un environnement concurrentiel donnent à réfléchir à des cercles de plus en plus larges, notamment dans les enceintes universitaires, de la société civile, voire même des milieux politiques américains où se nourrit un vif débat sur les pouvoirs exorbitants des GAFA.

Les accusations de positions monopolistiques ont déjà induit des mesures de condamnation par l’Union Européenne vivement contesté par les géants américains ainsi d’ailleurs que par la classe politique au pouvoir à Washington. Leurs techniques d’optimisation fiscales passent également très mal au sein des gouvernements et de l’opinion publique en Europe notamment où les multinationales américaines de l’internet réalisent des profits mirobolants en contrepartie de contributions fiscales ridicules.

Les critiques fusent de partout sur ce modèle monopolistique, né ‘’d’une faille du marché’’ comme aiment çà le répéter de nombreux économistes et que de plus en plus de voix demandent tout simplement de ‘’démanteler’’. Il s’agit de tout un courant de pensée de l’économie politique de l’internet, animé par des chercheurs de divers horizons qui développement des thèses en faveur d’un démantèlement comme ce fut le cas, il y a un siècle de grandes sociétés pétrolières et électriques américaines.

                                                         Au nom du capitalisme!

Connu pour ses thèses sur l’économie capitaliste, spécialisé dans l’étude de l’impact des monopoles sur l’économie, le journaliste américain Barry Lynn a lancé un groupe de recherche constitué de plusieurs chercheurs qu’il a adossé à un think tank baptisé ‘’Open market’’. Il a fait dans l’analyse critique de l’influence de certains monopoles dans les segments technologiques, particulièrement le cas de Google. « Il milite désormais avec de jeunes penseurs brillants, comme Lina Khan, pour le démantèlement des géants du web. Et obtient un certain écho à Bruxelles », écrit le site du quotidien français lefigaro.fr dans une introduction à une interview qu’il a réalisée avec lui, mise en ligne le 24 octobre dernier.

Avec d’autres chercheurs, l’idée est que le cadre actuel de la législation et de la régulation ne peut pas venir à bout de ces situations tant la logique nouvelle de ces géants est basée sur des considérations nouvelle non intégrées dans le cadre ancien bâti sur des données quantifiables comme les prix et les ressources financières et économiques. « ‘’Une taxe, c’est un prélèvement. Un démantèlement, c’est une révolution, une remise en cause drastique. Or c’est bien de cela dont nous avons besoin’’, commente l’Américain Barry Lynn, de l’Open Markets Institute, un think-tank d’outre-Atlantique spécialisé dans les dangers des monopoles », peut-on lire sur un papier inséré par le site du quotidien suisse www.letemps.ch, le 7 juillet 2018. D’après lui, les géants de l’internet « doivent être au service de la collectivité. Ne pas réagir, c’est faire de ces intermédiaires les gestionnaires de nos vies quotidiennes. Leur démantèlement n’est pas une option. Il s’impose d’urgence.» Un autre économiste américain, n’en pense pas moins et réclame au nom du capitalisme le démantèlement de ces géants qui ont étouffé les règles de bases de l’économie de marché. Scott Galloway, est un manager de projets économiques, également enseignant en marketing à l’Université de New York et surtout auteur d’un ouvrage intitulé The Four, consacré aux pratiques des GAFA. « Selon lui, il faut les démanteler car nous sommes des capitalistes et que ces quatre entreprises étouffent la concurrence nécessaire au bon fonctionnement du système », écrit le site www.contrepoints.org dans un papier daté du 10 octobre avant d’ajouter que ce « qu’il ne dit pas dans le livre, mais affirme publiquement est qu’il pense que le gouvernement devrait forcer le démantèlement de ces géants en plusieurs entités, comme ce fut fait pour la Standard Oil au début du 20e siècle. Selon lui, ces firmes ont trop de pouvoir, étouffent la concurrence et leur expansion a résulté d’une faille du marché. »

                                                                      Un vice de fond?

L’ouvrage de Scott Gollaway traite dans le fond la structure économique et financière des géants de l’internet qui sont, explique-t-il assis sur un ‘’un capital presque gratuit’’. Leur capital-actions équivalent à 2,3 milliards de dollars est en grande partie du à cette souplesse qui leur permet d’investir sans obligations de résultats nets, d’autant, qu’hormis Apple, les autres mastodontes ne sont   pas tenus de fournir des dividendes à leurs actionnaires. « En revanche, les entreprises traditionnelles œuvrant dans les mêmes créneaux telles que WalMart, Macy’s, Kroger, Time Warner, Comcast, Omnicom, WPP, et même Microsoft, ont des actionnaires qui exigent des profits nets élevés et croissants, ainsi que des dividendes significatifs », explique le site contrepoints.org ajoutant que les GAFA, eux « utilisent aussi ce capital pour faire des acquisitions à des prix exorbitants». Le site relate les nombreuses acquisitions effectuées par les mastodontes sans considération aucunes pour leurs capacités financières, mais avec le seul objectif de maintenir loin les concurrents. Les patrons des grandes entreprises cotées en bourse sur le marché américain engrangent de substantielles rentrées d’argent comme site au retour sur investissement des opérations qu’ils mènent pour le compte de leurs sociétés. « Devant un projet d’investissement très risqué, mais qui pourrait avoir d’énormes retombées positives pour l’entreprise, le PDG va souvent reculer, car en cas d’échec, il risque de perdre son emploi (et les dizaines de millions de rémunération qui l’accompagnent). En conséquence, ces entreprises établies ne prennent jamais de gros risques pour innover », constate le journaliste du site www.contrepoints.org qui remarque que, pourtant, le patron d’Amazon, « Jeff Bezos passe ses journées à chercher des projets d’investissements trop chers et trop risqués pour ses concurrents. En cas de succès, ils renforceront la domination de son entreprise. En cas d’échec, les investisseurs lui accorderont un autre passe-droit. Et il peut faire beaucoup de ces investissements car il n’a pas de dividendes à payer, et ses actionnaires n’exigent pas de rentabilité ».

Cette situation confortable a également aidé les GAFA à venir brouter l’herbe sous les pieds des grandes sociétés de la vieille économie. « Amazon achète des avions cargo, des entrepôts et des camions-remorque. Google et Facebook bâtissent d’immenses centres de données et déposent des câbles au fond de l’océan. Google a des voitures qui arpentent toutes les rues du monde. Apple ouvre des magasins luxueux pour vendre ses produits », constate ce même site pour qui, « les concurrents de ces entreprises n’ont pas les moyens de faire de tels investissements car leur coût du capital est trop élevé (c’est-à-dire que leurs actionnaires exigent des profits). »

                                                           Horizon bloqué ?

Beaucoup se demandent si, comme le font actuellement les GAFA qui s’opposent à la règlementation sur la concurrence, Microsoft avait, il y un peu plus de 20 ans contourné ces même règles, Google aurait pu voir le jour ?

La question est de nouveau posée pour savoir si les perspectives sont totalement obstruées par ces géants ou s’il reste encore un espoir de voir peut-être surgir dans l’écosystème actuel de nouveaux challengers à même de rivaliser avec les actuels GAFA. Sur le vieux continent la question du démantèlement de ces géants s’est invitée au débat avec également des positions tranchées au niveau d certains politiques mais aussi une réflexion sur les pistes envisageables pour se sortir de ce monde étouffant des GAFA. Certains continuent encore de croire en la possibilité d’une régulation par les canaux traditionnels des Etats, « mais à condition de pouvoir tenir à l’écart les lobbies financés par ces géants aux poches très bien remplies. Le rejet récent par le Parlement européen du projet de directive sur les droits d’auteurs – pourtant ardemment défendue par les créateurs et les artistes – est de ce point de vue emblématique de la mainmise politique des GAFA », écrit le site www.letemps.ch   en résumé des propos de Xavier Bertrand un député français de la droite. D’autres appellent à de nouveaux cadres mais sa pour autant aller jusqu’au démantèlement de ces géants qui ont su innover et offrir des services de qualité et à de prix abordables. « Personnellement, je ne suis pas en accord avec la proposition de démanteler ces entreprises. Certes, elles essaient autant que possible de contrer la concurrence avec beaucoup de succès, mais elles ne se comportent pas comme des monopolistes auprès des consommateurs », écrit le journaliste du site www.contrepoints.org, en conclusion du papier intitulé ‘’Les géants de la technologie doivent-ils être démantelés ?’’, mis en ligne le 10 octobre dernier. Son principal argument est que ces derniers offrent des services de qualité avec des prix de plus en plus compétitifs au grand bonheur des usagers. Il est en effet convaincu que « ces entreprises se sont taillées une place de choix dans l’économie en offrant des produits et services moins chers que ceux de leurs concurrents, et souvent même gratuits, et dont la qualité s’améliore. Plus vous utilisez Google, plus il devient meilleur et plus le coût par clic diminue », avance-t-il.

Il admet néanmoins qu’en l’état actuel de la configuration des marchés dominés par ces géants, il y a peu de chance de voir surgir une sérieuse concurrence ; « Comme réseau social, SnapChat ne fait pas le poids et ce n’est qu’une question de temps avant que Facebook le fasse disparaître pour de bon en intégrant les mêmes fonctionnalités à ses plateformes. Inutile de parler de Twitter, qui est en déclin notoire », fait-il remarquer avant de se poser cette ultime question : Mais qui sait, peut-être que le prochain rival des Quatre n’existe pas encore. Est-ce que l’écosystème actuel permettra son émergence ou sera-t-il bloqué par la domination des Quatre comme l’anticipe Galloway ? ». Il est vrai que, même avec le déroulement du rouleau compresseur des GAFA, de petites pépites arrivent encore à émerger dans cette ‘’jungle numérique’’. Le cas de Netflix est un modèle d’innovation et d’organisation économique qui reste encore comme une illustration souvent donnée par ceux là qui ne veulent pas entendre parler de démantèlement des géants du net. Pour combien de temps cela tiendra-t-il ? Spotify le leader suédois du streaming musical est également dans la même situation avec les mêmes questionnements sur le temps qu’il tiendra face aux assauts des géants et notamment d’Apple. D’autres modèles de réussite existent mais avec des vulnérabilités qui   semblent faire que les GAFA ne   s’en inquiètent pas. A l’instar d’Uber qui ne dispose pas d’actifs, propose des produits indifférenciés et qui de surcroit fait face à de nombreuses difficultés tant en terme d’image de marque que face aux pouvoirs publics. La plateforme chinoise de location immobilières entre particuliers souffre également du même déficit d’actifs avec en perspective une réglementation de plus grandissante.

R.M

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

MDN

La direction régionale de l’information et de la communication de la 1re Région militaire organise, du 25 au 29 mars, la super coupe militaire du tir au niveau de l’Académie militaire de Cherchel.

DGF

La Direction générale des forêts organise le 27 mars , au niveau de son siège à partir de 9h, une rencontre régionale des wilayas du Sud.

HCLA

A l’occasion de la Journée arabe de la langue arabe, le Haut-Conseil de la langue arabe organise les 26 et 27  mars à 9h, à la bibliothèque nationale El Hamma (Alger), une rencontre nationale sur la langue de la jeunesse moderne.

Forum d’El Moudjahid

Le forum d’El Moudjahid, en collaboration avec l’association Machâal Echahid, commémorera le 27 mars à 10h, le 60e anniversaire de la mort des chouhada Si Amirouche et Si El Haouès, lors d’une conférence animée par Djamel Yahiaoui.

Salon international de l’industrie agroalimentaire

Le 7e Salon international de l’industrie agroalimentaire se tiendra du 27 au 30 mars au Centre des conventions d’Oran.

Rencontres algéro-françaises

La 11e édition des rencontres algéro-françaises des mines et carrières et la 2e édition des rencontres algéro-françaises du vrac auront lieu les 27 et 28 mars à Sétif.

 EAC

L’Etablissement arts et culture, en collaboration avec la direction du tourisme et de l’artisanat de la wilaya d’Alger, organise jusqu’au 4 avril au centre culturel Mustapha-Kateb, une exposition collective d’artisanat d’art.

 

 Cirque Il Florilegio
Le cirque Amar (Il Florilegio) revient à Alger avec un tout nouveau où se mêlent super-héros, trapézistes, acrobates, l’impressionnant globe de motos, les animaux sauvages et clowns. Les représentations se dérouleront sur le parking du centre commercial Ardis, jusqu’au 1er avril, du dimanche au jeudi à 18h30.

 

 ONCI
L’Office national de la culture et de l’information met en place un programme spécial pour les vacances de printemps à destination des enfants au niveau de l’ensemble de ses espaces.

 Institut culturel italien
L’Institut culturel italien organisera le 10 avril à l’Université Abderrahmane-Mira de Béjaïa à 12h et le 11 avril à 10h à l’Université d’Alger II, une conférence sur le livre «Sans Masque» de Riccardo Magnani.

Ambassadeur d’Italie
L’ambassadeur d’Italie à Alger et l’Institut culturel italien, en collaboration avec la Radio nationale, organiseront le 11 avril à 19h à l’auditorium de la Radio nationale, un concert de musique.

 

Musée  du moudjahid

    
Le Musée national du moudjahid organisera le 28 mars, à 10h à la kasma des moudjahidine de Zéralda et simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, la 348e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

Forum d’El Moudjahid

Le forum dEl Moudjahid, commémorera, conjointement l’association Machâal Echahid, le  27 mars à 10h, le 60e anniversaire de la mort des colonels Si Amirouche et Si El Haouès lors d’une conférence animée par Djamel Yahiaoui.

UEA

Dans le cadre des activités de l’Union des écrivains algériens de l’année 2019 et à l’occasion de la célébration de la Journée de la terre, en coordinantion avec l’ambassade de Palestine, une rencontre littéraire aura lieu le 30 mars à 9h30 au siège de l’Union.

Musée de l’enluminure

Une exposition collective, composée d’une vingtaine d’œuvres, intitulée «Charme et gaîté de la miniature algérienne» se tient jusqu’au 18 avril prochain au Musée national de l’enluminure, de la miniature et de la calligraphie à La Casbah d’Alger.

Vente-dédicace
La Librairie générale d’El Biar (Alger) abritera le 30 mars à partir de 14h, une vente-dédicace de Slim de son ouvrage «Bad News».

Librairie l’Arbre à dires
La librairie l’Arbre à dires organisera, le 30 mars  à 15 h, une rencontre-débat sous le thème «Dessin de presse et caricature : similitude et différence». Le débat sera animé par le journaliste et écrivain Jaoudet Guessouma.

Galerie Espaco
L’artiste peintre Denis Martinez présentera sa nouvelle exposition de peinture intitulée «Bahaz Khouya Gnaoui Blidi, Hkayet 3chra» (histoire d’une complicité), le 6 avril à 15h, à la galerie Espaco. L’exposition prendra fin le 4 mai.

 FASB
La Fédération algérienne des sports de boules organise le 31 mars à partir de 10h à l’EST/STS Dely Brahim, son assemblée générale ordinaire.

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