Economie politique de l’internet: faut-il démanteler les GAFA?
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Mercredi 16 Janvier 2019
Journal Electronique

La montée en puissance des géants de l’internet américains, Google, Amazon, Facebook et Apple inquiète autant leurs usagers que les pouvoirs publics. Des voix parmi leurs fervents défenseurs s’élèvent pour inviter à limiter leur pouvoir réticulaire et demander, au nom des principes du capitalisme, de démanteler ces empires qui imposent une nouvelle ‘’souveraineté fonctionnelle’’ qui bat en brèche la souveraineté territoriale de l’état westphalien. Par Rachid MOUSSA

Les mesures successives des autorités européennes contres les pratiques monopolistiques et discriminatoires des géants de l’internet américains avaient suscité un débat politique, le plus souvent à l’initiative de politiques américains très aptes à brandir la carte de la concurrence et de l’innovation, allant même parfois jusqu’à accuser le vieux continent de ‘’jalouser’’ les joyaux de la Silicone Valley et de mettre des freins à l’innovation. Cela étant, ces mesures visant à limiter les situations monopolistiques et à maintenir un environnement concurrentiel donnent à réfléchir à des cercles de plus en plus larges, notamment dans les enceintes universitaires, de la société civile, voire même des milieux politiques américains où se nourrit un vif débat sur les pouvoirs exorbitants des GAFA.

Les accusations de positions monopolistiques ont déjà induit des mesures de condamnation par l’Union Européenne vivement contesté par les géants américains ainsi d’ailleurs que par la classe politique au pouvoir à Washington. Leurs techniques d’optimisation fiscales passent également très mal au sein des gouvernements et de l’opinion publique en Europe notamment où les multinationales américaines de l’internet réalisent des profits mirobolants en contrepartie de contributions fiscales ridicules.

Les critiques fusent de partout sur ce modèle monopolistique, né ‘’d’une faille du marché’’ comme aiment çà le répéter de nombreux économistes et que de plus en plus de voix demandent tout simplement de ‘’démanteler’’. Il s’agit de tout un courant de pensée de l’économie politique de l’internet, animé par des chercheurs de divers horizons qui développement des thèses en faveur d’un démantèlement comme ce fut le cas, il y a un siècle de grandes sociétés pétrolières et électriques américaines.

                                                         Au nom du capitalisme!

Connu pour ses thèses sur l’économie capitaliste, spécialisé dans l’étude de l’impact des monopoles sur l’économie, le journaliste américain Barry Lynn a lancé un groupe de recherche constitué de plusieurs chercheurs qu’il a adossé à un think tank baptisé ‘’Open market’’. Il a fait dans l’analyse critique de l’influence de certains monopoles dans les segments technologiques, particulièrement le cas de Google. « Il milite désormais avec de jeunes penseurs brillants, comme Lina Khan, pour le démantèlement des géants du web. Et obtient un certain écho à Bruxelles », écrit le site du quotidien français lefigaro.fr dans une introduction à une interview qu’il a réalisée avec lui, mise en ligne le 24 octobre dernier.

Avec d’autres chercheurs, l’idée est que le cadre actuel de la législation et de la régulation ne peut pas venir à bout de ces situations tant la logique nouvelle de ces géants est basée sur des considérations nouvelle non intégrées dans le cadre ancien bâti sur des données quantifiables comme les prix et les ressources financières et économiques. « ‘’Une taxe, c’est un prélèvement. Un démantèlement, c’est une révolution, une remise en cause drastique. Or c’est bien de cela dont nous avons besoin’’, commente l’Américain Barry Lynn, de l’Open Markets Institute, un think-tank d’outre-Atlantique spécialisé dans les dangers des monopoles », peut-on lire sur un papier inséré par le site du quotidien suisse www.letemps.ch, le 7 juillet 2018. D’après lui, les géants de l’internet « doivent être au service de la collectivité. Ne pas réagir, c’est faire de ces intermédiaires les gestionnaires de nos vies quotidiennes. Leur démantèlement n’est pas une option. Il s’impose d’urgence.» Un autre économiste américain, n’en pense pas moins et réclame au nom du capitalisme le démantèlement de ces géants qui ont étouffé les règles de bases de l’économie de marché. Scott Galloway, est un manager de projets économiques, également enseignant en marketing à l’Université de New York et surtout auteur d’un ouvrage intitulé The Four, consacré aux pratiques des GAFA. « Selon lui, il faut les démanteler car nous sommes des capitalistes et que ces quatre entreprises étouffent la concurrence nécessaire au bon fonctionnement du système », écrit le site www.contrepoints.org dans un papier daté du 10 octobre avant d’ajouter que ce « qu’il ne dit pas dans le livre, mais affirme publiquement est qu’il pense que le gouvernement devrait forcer le démantèlement de ces géants en plusieurs entités, comme ce fut fait pour la Standard Oil au début du 20e siècle. Selon lui, ces firmes ont trop de pouvoir, étouffent la concurrence et leur expansion a résulté d’une faille du marché. »

                                                                      Un vice de fond?

L’ouvrage de Scott Gollaway traite dans le fond la structure économique et financière des géants de l’internet qui sont, explique-t-il assis sur un ‘’un capital presque gratuit’’. Leur capital-actions équivalent à 2,3 milliards de dollars est en grande partie du à cette souplesse qui leur permet d’investir sans obligations de résultats nets, d’autant, qu’hormis Apple, les autres mastodontes ne sont   pas tenus de fournir des dividendes à leurs actionnaires. « En revanche, les entreprises traditionnelles œuvrant dans les mêmes créneaux telles que WalMart, Macy’s, Kroger, Time Warner, Comcast, Omnicom, WPP, et même Microsoft, ont des actionnaires qui exigent des profits nets élevés et croissants, ainsi que des dividendes significatifs », explique le site contrepoints.org ajoutant que les GAFA, eux « utilisent aussi ce capital pour faire des acquisitions à des prix exorbitants». Le site relate les nombreuses acquisitions effectuées par les mastodontes sans considération aucunes pour leurs capacités financières, mais avec le seul objectif de maintenir loin les concurrents. Les patrons des grandes entreprises cotées en bourse sur le marché américain engrangent de substantielles rentrées d’argent comme site au retour sur investissement des opérations qu’ils mènent pour le compte de leurs sociétés. « Devant un projet d’investissement très risqué, mais qui pourrait avoir d’énormes retombées positives pour l’entreprise, le PDG va souvent reculer, car en cas d’échec, il risque de perdre son emploi (et les dizaines de millions de rémunération qui l’accompagnent). En conséquence, ces entreprises établies ne prennent jamais de gros risques pour innover », constate le journaliste du site www.contrepoints.org qui remarque que, pourtant, le patron d’Amazon, « Jeff Bezos passe ses journées à chercher des projets d’investissements trop chers et trop risqués pour ses concurrents. En cas de succès, ils renforceront la domination de son entreprise. En cas d’échec, les investisseurs lui accorderont un autre passe-droit. Et il peut faire beaucoup de ces investissements car il n’a pas de dividendes à payer, et ses actionnaires n’exigent pas de rentabilité ».

Cette situation confortable a également aidé les GAFA à venir brouter l’herbe sous les pieds des grandes sociétés de la vieille économie. « Amazon achète des avions cargo, des entrepôts et des camions-remorque. Google et Facebook bâtissent d’immenses centres de données et déposent des câbles au fond de l’océan. Google a des voitures qui arpentent toutes les rues du monde. Apple ouvre des magasins luxueux pour vendre ses produits », constate ce même site pour qui, « les concurrents de ces entreprises n’ont pas les moyens de faire de tels investissements car leur coût du capital est trop élevé (c’est-à-dire que leurs actionnaires exigent des profits). »

                                                           Horizon bloqué ?

Beaucoup se demandent si, comme le font actuellement les GAFA qui s’opposent à la règlementation sur la concurrence, Microsoft avait, il y un peu plus de 20 ans contourné ces même règles, Google aurait pu voir le jour ?

La question est de nouveau posée pour savoir si les perspectives sont totalement obstruées par ces géants ou s’il reste encore un espoir de voir peut-être surgir dans l’écosystème actuel de nouveaux challengers à même de rivaliser avec les actuels GAFA. Sur le vieux continent la question du démantèlement de ces géants s’est invitée au débat avec également des positions tranchées au niveau d certains politiques mais aussi une réflexion sur les pistes envisageables pour se sortir de ce monde étouffant des GAFA. Certains continuent encore de croire en la possibilité d’une régulation par les canaux traditionnels des Etats, « mais à condition de pouvoir tenir à l’écart les lobbies financés par ces géants aux poches très bien remplies. Le rejet récent par le Parlement européen du projet de directive sur les droits d’auteurs – pourtant ardemment défendue par les créateurs et les artistes – est de ce point de vue emblématique de la mainmise politique des GAFA », écrit le site www.letemps.ch   en résumé des propos de Xavier Bertrand un député français de la droite. D’autres appellent à de nouveaux cadres mais sa pour autant aller jusqu’au démantèlement de ces géants qui ont su innover et offrir des services de qualité et à de prix abordables. « Personnellement, je ne suis pas en accord avec la proposition de démanteler ces entreprises. Certes, elles essaient autant que possible de contrer la concurrence avec beaucoup de succès, mais elles ne se comportent pas comme des monopolistes auprès des consommateurs », écrit le journaliste du site www.contrepoints.org, en conclusion du papier intitulé ‘’Les géants de la technologie doivent-ils être démantelés ?’’, mis en ligne le 10 octobre dernier. Son principal argument est que ces derniers offrent des services de qualité avec des prix de plus en plus compétitifs au grand bonheur des usagers. Il est en effet convaincu que « ces entreprises se sont taillées une place de choix dans l’économie en offrant des produits et services moins chers que ceux de leurs concurrents, et souvent même gratuits, et dont la qualité s’améliore. Plus vous utilisez Google, plus il devient meilleur et plus le coût par clic diminue », avance-t-il.

Il admet néanmoins qu’en l’état actuel de la configuration des marchés dominés par ces géants, il y a peu de chance de voir surgir une sérieuse concurrence ; « Comme réseau social, SnapChat ne fait pas le poids et ce n’est qu’une question de temps avant que Facebook le fasse disparaître pour de bon en intégrant les mêmes fonctionnalités à ses plateformes. Inutile de parler de Twitter, qui est en déclin notoire », fait-il remarquer avant de se poser cette ultime question : Mais qui sait, peut-être que le prochain rival des Quatre n’existe pas encore. Est-ce que l’écosystème actuel permettra son émergence ou sera-t-il bloqué par la domination des Quatre comme l’anticipe Galloway ? ». Il est vrai que, même avec le déroulement du rouleau compresseur des GAFA, de petites pépites arrivent encore à émerger dans cette ‘’jungle numérique’’. Le cas de Netflix est un modèle d’innovation et d’organisation économique qui reste encore comme une illustration souvent donnée par ceux là qui ne veulent pas entendre parler de démantèlement des géants du net. Pour combien de temps cela tiendra-t-il ? Spotify le leader suédois du streaming musical est également dans la même situation avec les mêmes questionnements sur le temps qu’il tiendra face aux assauts des géants et notamment d’Apple. D’autres modèles de réussite existent mais avec des vulnérabilités qui   semblent faire que les GAFA ne   s’en inquiètent pas. A l’instar d’Uber qui ne dispose pas d’actifs, propose des produits indifférenciés et qui de surcroit fait face à de nombreuses difficultés tant en terme d’image de marque que face aux pouvoirs publics. La plateforme chinoise de location immobilières entre particuliers souffre également du même déficit d’actifs avec en perspective une réglementation de plus grandissante.

R.M

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

 

APN

L’Assemblée populaire nationale reprendra, le 17 Janvier , ses travaux en séance plénière consacrée aux questions orales adressées à plusieurs membres du gouvernement. Seize questions seront adressées à sept ministres, en l’occurrence les ministres des Moudjahidine, de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, de la Jeunesse et des Sports, de la Solidarité  nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, du Commerce et des Travaux publics et des Transports, a précisé le même communiqué.

Ministère de la Santé

La délégation de l’Organisation mondiale de la santé, région Afrique, en visite en Algérie jusqu’au 18 janvier, se rendra, le 16 Janvier  à 9h30, à l’EPH de Bordj Bounaâma, wilaya de Tissemsilt.

Ministère de l’Energie

Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, effectuera, le 17 Janvier , une visite de travail dans la wilaya d’Aïn Témouchent.

Ministère des Moudjahidine

Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, présidera, le 18 janvier à 9h30, au Musée national du moudjahid, une réunion à l’occasion de la célébration du
64e anniversaire de la mort du chahid Didouche Mourad.

 Ministère des Ressources en eau

Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, effectuera, le 18 janvier, une visite de travail dans la wilaya de Béchar.

 

Ministère de la Culture

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, présidera, le 17 Janvier à 10h, l’ouverture de l’exposition du patrimoine culturel marin, au palais de la culture
Moufdi-Zakaria (Alger).

APN

L’Assemblée populaire nationale reprendra, jeudi prochain, ses travaux en séance plénière consacrée aux questions orales adressées à plusieurs membres du gouvernement. Seize questions seront adressées à sept ministres, en l’occurrence les ministres des Moudjahidine, de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du  Numérique, de la Jeunesse et des Sports, de la Solidarité  nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, de l’Habitat,  de l’Urbanisme et de la Ville, du Commerce  et des Travaux publics et des Transports, a précisé le même communiqué.

 
 

 Ministère de la Formation professionnelle

Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels organisera, du 6 au 16 février, les inscriptions au niveau des établissements de la formation professionnelle.

   

Riadh El Feth
Le compositeur et interprète espagnol Amancio Prada, accompagné à l’accordéon par Cuco Perez, sera en concert, le 24 janvier à 19h30, à la salle Ibn Zeydoun de Riadh El Feth (Alger).

 Galerie Ezzou’Art

La galerie Ezzou’Art accueille, du 12 au 31 janvier, l’exposition «Spiritualité» de Samia Boumerdassi et Narimane Sadat Che.

 Musée du moudjahid

Le Musée national du moudjahid organisera, le 16 Janvier , à 10h, au centre de formation de l’enseignement professionnel Alili-Ahmed et Fatiha-Biskri (Kouba), le 194e numéro de l’émission «Rendez-vous avec l’histoire».

 CRA
Suite aux intempéries qui sévissent dans plusieurs wilayas, la présidente du Croissant-Rouge algérien, Saïda Benhabylès, organise, le 16 Janvier à 13h, au siège du CRA, une cérémonie de remise d’un chèque offert par Renault Algérie au profit des familles victimes de cette vague de froid.

Forum d’El Moudjahid
L’association Machaâl Echahid organise, le 16 Janvier à 10, au forum d’El Moudjahid, une rencontre à l’occasion du 64e anniversaire de la mort du martyr Didouche Mourad.

 ONCI
L’Office national de la culture et de l’information organise, dans le cadre du Ciné Kids, la sortie nationale du film «Destination Pékin» qui sera dans le salles les 18 et 19 janvier.
 Forum d’El Wassat
Le forum d’El Wassat accueillera, le 16 Janvier à 10h, en son siège, Youcef Nebbache, président de l’Association des concessionnaires automobiles.
 
 Riadh El Feth
Le compositeur et interprète espagnol Amancio Prada sera en concert à la salle Ibn Zeydoun (Riadh El Feth) le 24 janvier à 19h30. Il sera accompagné à l’accordéon par Cuco Perez.

 Groupe continuité pour la stabilité et les réformes
Le Groupe continuité pour la stabilité et les réformes organisera, le 19 janvier à 9h30, à la salle de cinéma «M’zab», à Ghardaïa, une rencontre des militants des wilayas du Sud-Est.

 

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