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Le journalisme face aux défis numériques
Samedi 21 Juillet 2018
Journal Electronique

Bien des pans de la pratique du journalisme ont été profondément bouleversés par l’avènement des technologies numériques, particulièrement du web et des réseaux sociaux. 

Par Rachid MOUSSA

Le glas est-il sur le point de sonner pour autant pour la presse écrite ? A voir.

Incontestablement, l’avènement des réseaux sociaux a marqué un tournant dans le métier de journaliste et plus généralement dans le fonctionnement de la presse. Il ne se passe pas un jour sans que de nouvelles innovations ne viennent ouvrir de nouvelles perspectives pour le secteur de la presse et la façon d’exercice le métier de journaliste. Toute la chaine de production, de traitement et de diffusion de l’information se trouve ainsi impactée par les nouvelles technologies numériques et notamment les réseaux sociaux devenus des médias incontournables autant que des compléments précieux pour le journalise et pour les entreprise éditrices de titres de presse.

En premier lieu, la menace est économique avec cette notable avancée des réseaux sociaux sur le marché publicitaire au détriment bien entendu de la presse écrite. « Les dépenses publicitaires sur les réseaux sociaux connaissent une croissance rapide de 20% par an dans le monde et devraient rattraper celles des journaux en 2019, selon une étude de Zenith, agence média du groupe Publicis, avance le site du journal  www.la-croix.com  dans un papier mis en ligne le 6 décembre 2016, en ajoutant qu’à « cet horizon, les investissements dans les réseaux sociaux talonneront les journaux (50,7 milliards de dollars d'investissements prévus) et d'ici 2020 ils seront largement en tête. » Le développement des terminaux mobiles de connexion et notamment les Smartphones et les tablettes ont accentué la nouvelle tendance, notamment auprès des jeunes publics de passer par les réseaux sociaux pour se mettre en lien avec le monde et aussi s’informer sur ce qui s’y passe. A tel point révèle cette même étude que ces réseaux sociaux sont parvenus à se placer, « désormais au cœur de la vie sociale (des utilisateurs) ainsi que leur principale source d'information », peut-on luire sur le même site qui reteint cette explication fournie par els auteurs de l’étude qui voient en effet que les « publicités des médias sociaux s'intègrent instantanément dans les fils d'actualité et sont bien plus efficaces que les publicités interruptives sous forme de bannière, en particulier sur les appareils mobiles. »

Le ralentissement des flux publicitaires est une source pour  d’autres motifs d’inquiétude des sociétés éditrices de journaux qui se voient privées de la manne des données personnelles de leurs lecteurs et du public constituant leur environnement.  Une façon de freiner leur ardeur marketing et de leur  substituer les réseaux sociaux comme puissante interface avec les usagers.

« Une certaine dépendance aux ‘’infomédiaires’’ comme Facebook ou Google est en train de se créer. Des études montrent que le trafic des sites internet de médias dépend énormément d’eux. Le Temps publiait en août 2016 qu’en 2015 « 40% des visites non directes des sites web d’information se font par Facebook, qui est devenu une plus grande source d’audience que Google », lit-on sur le site  https://maze.fr dans un papier mis en ligne le 23 avril 2017.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’initiative de certains journaux français qui ont décidé il y a quelques mois de lancer l’opération ‘’Gravity’’ visant à « créer une plateforme digitale unique de vente d’espaces publicitaires, sur laquelle différents acteurs, éditeurs de sites web, opérateur télécoms et médias (radio, TV, journaux), partageront les données personnelles des internautes dont ils disposent afin de proposer des ciblages plus pertinents », croit savoir le site www.larevuedudigital.com  dans un papier diffusé en ligne le 5 juillet dernier  dans le quel on lit également que  l’initiative  permettra de  « regrouper les données sociodémographiques, socioprofessionnelles, de géo-localisation, moments de vie, types d’habitat, intérêts, intentions, achats, déplacements, etc »,  et que cela « devrait assurer une masse d’informations sur les internautes, et leurs intentions d’achat », écrit l’auteur du papier. Gravity est une  « société détenue à parts égales par ses six fondateurs : les Echos-le Parisien, Lagardère, SoLocal, SFR, Prisma et M6 », ajoute ce site qui croit savoir par ailleurs qu’une bonne quinzaine de sites marchands  ont intégré la démarche, notamment cite-t-il,  « les groupes Centre France La Montagne, La Dépêche, La Nouvelle République, Lagardère Active, Condé Nast (“Vogue”, “Vanity Fair,” …), l’Equipe, Prisma Media (“Femme actuelle,” …), Sud Ouest, Le Télégramme, Les Echos-Le Parisien, Marie-Claire, SFR, Fnac Darty, SoLocal,  NextRadioTV et M6 (pour un site comme radins.com et non pour son site de streaming TV) … »

 Les réseaux sociaux se sont effectivement imposés comme des intermédiaires incontournables pour lm lecteur et donc aussi pour le journaliste qui y trouve source pour son inspiration et pour maintenir son image et nourrir le contact avec ses lecteurs. Dans une contribution mise en ligne en 2012 sur le site www.ina-expert.com, Arnaud Mercier, Professeur en Sciences de l'information et de la communication, Université de Lorraine, et en même patron  de l’Observatoire du webjournalisme au sein du Centre de Recherche sur les Médiations ( CREM), voyait que les nouveaux médias numériques ne pouvait rester  loin  de l ‘espace journalistique : «  Ces supports d’expression et de mise en relation avec des publics variés ne pouvaient rester en dehors de l’activité journalistique », avance –il, en donnant comme argument le fait que  « les plus connus rassemblent déjà plusieurs millions d’inscrits dans chaque pays et qu’il y a, là, un moyen pour les médias de toucher des publics divers et nouveaux.» En plus de leur attrait auprès de publics de plus en plus large,  l’universitaire français estime que « ces réseaux donnent des outils faciles d’utilisation pour faire vivre un idéal participatif auquel une partie des internautes aspirent », ajoutant que les réseaux sociaux « sont un lieu de production de propos, documents, données qui peuvent intéresser les journalistes à la recherche de sources renouvelées, d’informations rapides, de captation de tendances. »

L’usage des réseaux sociaux par les journalistes est ainsi devenue une tendance irréversible avec tout cela implique comme impact sur la pratique du journaliste et ses façons de rechercher, collecter, traiter et mettre l’information à la disposition de son public.

Du coup ils sont devenus une tribune pour les journalistes en quête d’une visibilité de leur personnalité, comme une marque ; « Il s’agit de conduire une stratégie d’existence sur les réseaux sociaux afin de gagner en notoriété, d’autant plus qu’on est précaire ou en mal d’exposition, écrit Arnaud Mercier qui ajoute que ce  « mouvement est connu sous le nom de personal branding (gestion et promotion de sa « marque » personnelle) que les détracteurs (nombreux dans le métier) préfèrent dévaloriser sous l’étiquette d’egobranding. »

Il est également constaté que le journaliste recourt souvent aux réseaux sociaux pour y  publier des informations et commentaires libres de tout contrôle éditorial. Cette pratique est soulignée par l’universitaire français qui explique que ce-  « espace mi-personnel mi-rédactionnel autorise donc un autre regard, décalé ou militant, en adoptant un ton de conseil,  en maniant le commentaire ironique ou le coup de gueule, y compris pour ceux déjà éditorialistes ; il illustre cela par le fait, ajoute-t-il que les journalistes «sont d’ailleurs nombreux à préciser dans leur notice biographique, de manière tantôt sincère tantôt provocatrice, que ‘’leurs tweets n’engagent qu’eux’’». 

Les capacités de diffusion en instantané, et le nombre d’usagers ont fait par ailleurs de ses réseaux et particulièrement le site de microblogging  Twitter des fenêtres d’alerte et de veille  de sorte que beaucoup de faits d’actualité sont annoncés en priorité s sur Twitter avant  que le journaliste ne revienne en détail pour leur traitement.   Autre apport et non des moindres, les réseaux sociaux se constituent en source d’inspiration voire même d’information pour des journalistes en quête de sujet d’actualité à traiter, de témoignages à reprendre.

« Il n’est plus rare de voir des journalistes interpeller sur Facebook ou Twitter une recherche de témoignage, eux-mêmes ou en passant par des sites qui ont vocation à mettre en contact des journalistes avec des sources potentielles », témoigne Arnaud Mercier.

Certaines publications se basent parfois sur de l’information produite et mise en forme par des usagers de réseaux sociaux comme dans de nombreux cas où  on a vu des documents vidéo diffusés par de chaines de télévision sur la base de supports rapportés par de simples usagers. Ce fut le cas lors du crash de l’avion français Concorde d’Air France en juillet 2000, ainsi que lors d’un autre crash d’un avion de l’USAiraways,  le 15 janvier 2009 lorsque  le pilote réussit à faire atterrir son avion sur la rivière Hudson.

 

Pour les journalistes de la télévision, l’intrusion de nouveaux usages de téléspectateurs commentant par Tweet les programmes et restant donc en lien  avec leur communauté contraint à envisager la présentation des produits de l’information de manière différente. « Cette expérience singulière de mise à distance critique collective de ce que l’on regarde chez soi, grâce à une connexion à sa communauté sur Internet, permet de voir se dégager un véritable téléspectateur twittant, que nous nommons un « twiléspectateur » qui vit une expérience de télévision enrichie, ‘’augmentée’’ », analyse le professeur des sciences de l’information et de la communication e l’université&é  de Lorraine.

Mais l’impact le plus commenté ces derniers temps est certainement celui ressenti par les journalistes dans leur pratique professionnelle que d’aucuns voient de plus en plus menacée notamment, pensent-ils par les progrès de l’intelligence artificielle. Celle-ci serait même parvenue à s’imposer comme  une "menace existentielle" pour la pratique  journalistique, selon les conclusions d’une étude que la presse spécialisée vient de reprendre ces derniers jours. D’après cette étude commanditée par Future Today Institute, de plus en plus d’organisations et même de médias recourent aux programmes de l’intelligence artificielle pour sous traiter certaines fonctions de l’activité journalistique ; dans un avenir pas si lointain, prédisent ses auteurs, l’intelligence artificielle sera en mesure « de générer, sans l'intervention de journalistes, des articles qui ne se contenteront plus de mettre en forme des données, mais en dégageront une analyse », avance le site http://www.huffpostmaghreb.com, dans son papier mis en ligne le 7 octobre dernier. Parmi les conclusions de cette étude il  y a aussi le rôle prééminent des assistants personnels qui s’imposent interface pour la livraison de l’information. Après un parcours des différents usages introduits grâce à la technologie numérique, l’étude conclut « qu'outre l'intelligence artificielle, les machines vont sensiblement modifier nombre de pratiques journalistiques dans les années à venir.»

Il reste à savoir quel sera l’impact des technologies numériques et de quelle nature seront profondes modifications   à venir sur les métiers  de la presse     que d’aucuns voient déjà en voie de disparition.  Dans son papier de 2012, le chercheur français Arnaud Mercier, tenant  compte de ces différentes implication  soulignait déjà la nécessité pour les journalistes de tenir compte de ce nouvel environnement, de s’y adapter ;  « Bien sûr cela implique d’accepter de descendre d’un certain piédestal », écrivait-il, en illustrant son propos par des avis d’universitaires ayant déjà travaillé sur la question, à l’instar de ce « professeur d’  integrated journalism à l’University of British Columbia » selon lequel :  « Il existe un potentiel pour un plus grand engagement et plus de connexions avec la communauté, mais seulement si les journalistes sont prêts à céder un certain degré de contrôle éditorial à la communauté.»

R.M

 

Entre le scoop et le ratage !

Principe cardinal de sa profession, le journaliste est tenu de vérifier l’information avant de la traiter et de la mettre à la disposition du lecteur ou de l’auditeur. Le temps est élément fondamental dans l’opération qui doit respecter certains règles de vérification, même si parfois l ‘actualité obéit à une temporalité qui ne se plie à cela.  La tâche se complique un peu plus pour le journaliste avec l’avènement des réseaux sociaux qui ont érigé l’instantanéité en temps de référence.  Ca se complique un peu plus pour le journaliste quand les réseaux sociaux se mettent à produire de l’information selon les formats qu‘il a l’habitude d’adopter. Même si les informations mises en ligne sur les réseaux sociaux ne sont pas vérifiées, le journaliste est tenu de s’y adapter tout en respectant les principes élémentaires de sa profession et particulièrement a vérification des faits et des sources. Quoi qu’il en soit et comme l‘écrit l’auteur d’un article mis en ligne sur le site  https://maze.fr: « Une seule chose est bien sûre : entre le journalisme et les réseaux sociaux, c’est parti pour durer.

La dépêche  algorithmique

Pour appuyer les propos des tenants du risque majeur que constitue l’intelligence artificielle sur la profession de journaliste, d’aucuns évoquent ces expériences en cours au niveau de certaines rédactions où l’in fait appel à des algorithmes. « En un an, cette intelligence artificielle a rédigé plus de 850 articles pour le Washington Post », peut-on en effet lire en titre d’un papier mis en ligne, le 23 septembre dernier par le site https://dailygeekshow.com qui relate l’histoire de ce robot  baptisé  Heliograf, ce « bot » lancé par le journal américain Washington Post  et qui, écrit-il, « a fait ses débuts de journaliste robotique l’année dernière, à l’occasion des Jeux Olympiques de Rio. Pour cette première mission, Heliograf a tout de même généré plus de 300 courts articles pour les différents flux d’actualité du quotidien : sur Twitter et différents liveblogs. » Après cette ‘’réussite’’, poursuit l’auteur de cet article,  le robit a reçu comme nouvelle mission de « couvrir l’Election Day du 8 novembre 2016 pour les membres du Congrès américain et les gouverneurs des états, qui a eu lieu en même temps que l’élection présidentielle. »

Après avoir passé en revue les apports de cette machine, le responsable de cette opération au sein du journal a tenu tout de même à nuancer : « Nous pensons que cela aidera les gens à trouver des articles intéressants », indique-t-il sur ce même site.

 

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L'agenda

Ministère de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, effectue, samedi et dimanche, une visite de travail dans la wilaya de Laghouat.

Ministère de la Formation professionnelle

Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels organise, jusqu’au 15 septembre, une caravane pour faire connaître le secteur.

Ministère du Tourisme

Le ministre du tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, présidera, dimanche, à   9h30, à l’hôtel El Djazaïr, une rencontre qui regroupera les acteurs du tourisme, les cadres de l’administration centrale et des institutions sous tutelle.

Ministère de la Santé

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organisera, le 23 juillet à 9h30, à l’Institut national de la santé publique (El Biar, Alger), une conférence de presse sur le moustique tigre.

Ministère des Travaux publics

Le ministre des Travaux publics et des Transports et le wali d’Alger effectueront, dimanche, à partir de 7h30, une visite de travail dans la wilaya d’Alger.

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