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61 ans après, le massacre commis par l’armée française à Sakiet Sidi Youcef, village tunisien, près de la frontière algérienne, continue d’interpeller les consciences. Le bombardement a fait plus de 70 victimes dont 20 enfants. Mercredi, l’association Machaâl Echahid, en collaboration avec le forum d’El Moudjahid, a évoqué ces événements dramatiques. En présence d’historiens et d’anciens moudjahidine, le Dr Djamel Yahiaoui, universitaire et directeur du Centre national du livre, a rappelé que «le massacre a eu lieu juste après l’effondrement du gouvernement français de l’époque et 48 heures en moins de deux jours de la visite effectuée, à l'époque, par le gouverneur général et ministre de l'Algérie, Robert Lacoste, qui avait donné l'ordre de procéder au bombardement", a-t-il fait remarquer. L’armée française a choisi le jour du marché hebdomadaire pour lancer ses avions sur les civils. L’intervenant rappellera aussi l’agression d’octobre 1957 sur Sakiet Sidi Youcef. «L’armée française considérait ce village comme un couloir pour le passage des moudjahidine chargés d’armes destinées aux maquis algériens», a-t-il expliqué. Evoquant les circonstances de ce bombardement, il a indiqué que le 11 janvier 1958, un accrochage avait opposé les hommes du 23e régiment d’infanterie du capitaine Allard à des moudjahidine. Ces derniers s’étaient repliés en territoire tunisien après avoir abattu quatorze militaires français et fait quatre prisonniers. Excédée, l’armée coloniale voulait alors infliger une leçon à la Tunisie, base-arrière de l’ALN.

«Elle a voulu punir ce peuple frère pour son soutien à la Révolution algérienne et qui abritait avec le Maroc les chefs de la Révolution et des katiba de l’ALN», a-t-il souligné. Pour lui, «l’une des conséquences des événements fut la bataille de Souk-Ahras, deux mois après. Suite à cette attaque, l’Algérie a saisi l’occasion pour éclairer l’opinion internationale et démasquer la France qui avait violé ouvertement la convention de Genève sur le droit humanitaire.

Intervenant en marge de la conférence, le Dr Larbi Zoubiri a fait remarquer que la déclaration du 1er Novembre renferme un chapitre important qui prône l’unité des pays de l’Afrique du Nord. Pour lui, «la France a toujours voulu casser toute velléité d’union entre les pays du Maghreb». Parlant de la solidité des liens fraternels, il a rappelé que «dès l’occupation de l’Algérie, beaucoup d’hommes de culture se sont réfugiés en Tunisie où va prospérer une presse animée surtout par des hommes du M’zab comme Brahim Atfayach».

M. Benkeddada