La bataille d’Alger: les dix sept disparus de Ain-Benian
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Dimanche 09 Décembre 2018
Journal Electronique

Des profondeurs de leurs corps, jaillirent des cris et des larmes, ces femmes assistent aux arrestations de leurs maris, par les parachutistes. Elles ne les reverront plus jamais.

 

Les mains, jointes derrière le dos, des vas et viens incessants, elles arpentent couloirs et cours de leur maison, peur et résignation s’accouplent à la colère.

Elles ont entre vingt ans et trente ans, elles n’auront, même pas le droit au recueillement des cimetières. Nombre d’entre elles ne sont plus, aujourd’hui, de ce monde. C’est début mars 1957 qu’Ain-Benian (ex. Guyotville) subit les affres de la répression des parachutistes du général Jacques Massu. Il débarquait de Suez avec 8000 hommes, leur mission, démanteler l’organisation du FLN et en finir avec la zone autonome d’Alger. Ils avaient à combattre 5000 activistes et militants de la Zone Autonome d’Alger. Pour le Général, ses soldats bien entrainés ne lui suffisent plus. Avec les pouvoirs spéciaux de police que lui a confiée le gouvernement Français, il mobilise tout azimut de nombreuses troupes. Dans son livre, l’Algérie en guerre, Mohamed Teguia, recense les forces déployées. «Le neuvième zouaves, le treizième sénégalais, les artilleurs, les unités territoriales, les compagnies républicaines de sécurité, les gardes mobiles, les soldats du génie, ceux du train, les collaborateurs traitres, appelés « bleus de chauffe », les polices de toutes sortes, civiles et militaires, (D.S.T.) renseignements généraux, sureté urbaine, police judiciaire, sécurité militaire, police d’Etat, gendarmerie, 2ème bureau, 5ème bureau, que Massu habillera en tenue militaires, totalisant près d’une cinquantaine de milliers d’hommes». Ils vont s’abattre sur Alger et sa périphérie.

Issue du 17ème Bataillon du génie aéroporté (BGAP), la 60ème Compagnie du génie aéroporté (CGAP) rattachée à la 10ème Division parachutiste, base ses troupes à Ain-Benian, dans les locaux d’une ancienne Salaison. Ces parachutistes seront chargés, entre autres, de la traque, de l’interrogatoire, de la torture et de la liquidation de nombreux Fidayîn et militants d’Ain-Benian, agglomération rattachée à la région III de la Zone Autonome d’ Alger. Tous ceux, qui semblaient à leurs yeux, suspects, sont appréhendés. Rares sont les quartiers, bidonvilles et maisons qui ne sont pas assiégés de nuit, les meubles sont retournés, les maigres subsistances sont jetées à terre, menaces, injures et bastonnades, femmes et enfants ne sont pas épargnés, les hommes, par centaines sont arrêtés, certains sont libérés après quelques jours, d’autres dispersés dans les camps jusqu’à l’Indépendance.

Vivace, restera dans l’esprit des Ain-Benianis, la disparation de dix sept (17) des leurs. Une opération synchronisée et dont les crimes sont prémédités pour terroriser, marquer les esprits et faire de ce nombre, un trophée en souvenir des parachutistes de la 17ème BGAP. C’étaient de valeureux Fidayîn, pour la plupart la trentaine. Pour préserver leurs familles des représailles, ils ont combattu dans la clandestinité, l’hostilité du milieu urbain ne leur permettait aucun écart de comportement, c’était un cloisonnement total et c’est pour cela que leur parcourt de militant et de Fidayîn est peut connu dans la commune. Ainsi, Benrahmoune Rachid, Nacer Boualem, Haddad Saïd, Halouane Belkheir, Zerourou Mohamed, Lounis Ahmed, Boudaoui Mohamed, Ait Chérif Mohand Ameziane, Tannani Abdelkader, Nassou Mohamed, Lakehal Abdelaziz, Tannania Abdelhalim, Messaoudene Aissa, Allouache Abdelkader, Kadari Abdelkader, Hadj Abdelaziz, Adida Ali sont plutôt connus pour leur sacrifice suprême, pour que vive l’Algérie Indépendance. Une certitude, ils ont été torturés avant de disparaitre. La torture a été dévoilée et dénoncée durant la bataille d’Alger. Henri Alleg a été l’un des premiers à l’avoir mise à nue dans son livre «la Question». Mais la pratique de la torture a commencé au début de la guerre et n’a cessé qu’à l’Indépendance.

                                             Une cruauté sans pareille

La cruauté dont a fait preuve l’armée coloniale envers les Moudjahidine, Fidayîn et civils n’a d’égale que celle de la gestapo. C’était dans le mental de nombreux officiers et militaires coloniaux, de l’ordre de la paranoïa, après leur chute au Vietnam, l’obsession de perdre une deuxième guerre. Voici le langage tenu par le capitaine Oudinot, le bourreau des Ait Douala, à son supérieur: «Vous voyez, Monsieur le Ministre, ce drapeau qui flotte en haut du mât? Il est passablement défraichi, mais c’est un trésor que j’ai sorti ce matin d’une armoire en votre honneur. C’est le dernier drapeau qui a flotté sur le camp de mon groupement des commandos nord-Vietnam à Haiphong, avant qu’on nous donne l’ordre d’évacuer le nord. C’est le premier drapeau que j’ai hissé en arrivant ici, il y aura bientôt trois ans. Je revenais alors d’une guerre perdue…Alors une fois ça suffit, je ne perdrai pas une deuxième guerre…J’ai juré, et je ne suis pas le seul, que je n’amènerai pas une nouvelle fois nos couleurs, jamais, quoiqu’il arrive, même si vous m’en donniez l’ordre». Propos repris par Mohamed Arezki Mechiche dans son livre «Le capitaine Oudinot épinglé».

Grace à nos recherches, les noms des chefs de corps de la sinistre salaison de Guyotville sont connus, le capitaine Perrot, en poste du 1er octobre 1955 au 15 mars 1957 et la capitaine Marinelli qui prit le relai du 16 mars 1957 au 24 juin 1958. Ils avaient sous leur ordre, le sergent chef Claude Cadoret que ces chefs disent «animé de la rage de vaincre et à l’origine de la capture du groupe F.L.N. de Guyotville». Disons plutôt, fou de rage, fou face à un groupe de Fidayîn qui les défié, qui résiste, qui s’évade. Oui, Iguedjtal Mohamed dit Saïd et Bentalah Ahmed, dit Petit Rabah, réussissent à s’enfouir de ce sinistre lieu de la salaison et à rejoindre la Wilaya IV dans les monts du Zaccar.

Zenati Kamel, un rescapé des tortures, révulsé à ce jour par les affres endurés nous raconte son parcours de militant et de révolutionnaire. « La fibre Patriotique des Ain-Benianis était ancienne, de l'époque de l'Etoile Nord Africaine, de vieux nationalistes du PPA/MTLD ont fait un travail parmi la population, et c'est donc, très jeune, à 17 ans, que j’ai été forgé au militantisme. Au début de 1956 j’étais dans le groupe de Rachid Berahmoune, Allouane Belkheir était chargé de l’organisation et de la logistique, Nassou Mohamed était chargé de la Politique. Un jour, révolté par le comportement méprisable des Européens, un jeune se porta volontaire pour déposer une bombe sur l’une des plages de la Madrague, je suis prêt, comme kamikaze, laissez-moi faire. Rachid Berahmoune s’y opposa, il me dit, Kamel ! pense un peu aux représailles, aux rafles et si en débarquant dans un domicile, les paras tomberaient sur Abane, sur Ben M'hidi, c’est trop risqué. Les maquis manquent cruellement d’armes, de médicaments, d’informations, nous devons faire notre possible pour les aider. Nous vivons en milieu urbain, nous devons être très vigilants.

Dans la première semaine de Mars 1957 et plus exactement, à partir du trois, les premières arrestations ont commencé et durant plusieurs nuits, les paras basés à la caserne militaire "la

salaison" ont bouclé presque l’ensemble de notre groupe. Nous savions qu’il fallait résister, au moins, vingt quatre heures, aux tortures, mais certains d'entre nous n'ont pas tenus plus d’une heure, les sévices étaient insupportables, c'était horrible. Je me souviens de Soussane, un enfant de Rais-Hamidou à qui les militaires ont arraché les cinq ongles. Parmi notre groupe, dix sept n’ont plus revu la lumière du jour. Leur mort est une honte pour le Gouvernement de la France et on vient aujourd’hui nous parler des bienfaits de la colonisation. Après le démantèlement de notre groupe, la réorganisation de la résistance s’est faite autour d’Ali Matous, Rabah Bentallah, des cinq frères Zouagui, les actions n’ont pas cessées à Ain-Benian, la plus héroïque est celle du jeune Ali Mahieddine. Il a été lynché par la population Européenne. La commune de Ain-Benian recense quarante trois Martyrs parmi ces enfants. J’ai été arrêté le 3 mars 1957 et libéré en avril 1962 en pleine tourmente de l’O.A.S. Vous devez savoir que Hachiary, l’un des responsables de la Main rouge, précurseur de l’O.A.S, avait une résidence à Ain-Benian, la haine que vouait ces organisations aux populations Algériennes s’est transformée en tuerie. Ain-Benian a perdu de nombreux enfants durant cette période».

Nous commémorons, cette semaine, la résistance des fidayîn de la bataille d’Alger. Et n’est ce pas un grand honneur pour rendre hommage aux dix sept disparus de Ain-Benian et de vouer un grand respect à ceux qui sont encore de ce monde.

Larbi Ferhati (Cadre bancaire à la retraite)

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L'agenda

APN
L’Assemblée populaire nationale consacrera, du 10 au 12 décembre, une séance plénière au débat et au vote du projet de loi sur l’ajustement budgétaire 2016.

Ministère de la Justice
Le ministère de la Justice organisera, les 10 et 11 décembre au CIC Abdellatif-Rahal à Alger, une conférence nationale sur l’exception d’inconstitutionnalité.

 Ministère des Moudjahidine
Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, présidera, les 10 et 11 décembre dans la wilaya d’Aïn Témouchent, la célébration officielle du 58e anniversaire des manifestations du 11 Décembre 1960.

  Ministère de la Communication

Dans le cadre du projet de partenariat avec l’organisation internationale de la réforme pénale PRI et à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Conseil national des droits de l’homme organisera, en coordination avec le ministère de la Communication, une session de formation, les 12 et 13 décembre à l’hôtel New Day à Hussein Dey (Alger).

 Ministère de l’enseignement supérieur

La Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT) du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique organise, du 8 au 10 décembre aux Universités de Bejaïa, Oran et Alger, un cycle de conférences grand public en hommage à Maurice Audin.

 Ministère de la Culture
Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, visitera, le 10 décembre , à 9h au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, en compagnie d’Ahmed Bedjaoui, critique de cinéma, une exposition sur le cinéma algérien entre 1962-1982.

Ministère des Affaires religieuses
Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, sera l’invité, le 10 décembre  à 12h30, du forum de la Radio nationale organisé par la Chaîne I.

Galerie Espaco
L’artiste plasticien Karim Sergoua présentera ses nouvelles œuvres sous le titre «7 Houmate», le 8 décembre à partir de 15h, à la galerie d’art Espaco. L’expo sera visible jusqu’au 8 janvier.

DGF
La Direction générale des forêts, point focal national du protocole de Nagoya, organisera, du 9 au 11 décembre, à 9h à l’hôtel Holiday (Alger), un atelier de formation sur les droits de propriété intellectuelle et l’accès et les partages des avantages APA.

 Musée du moudjahid    
Le Musée national du moudjahid organisera, le 10 décembre  à 10h, simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, la 318e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

Forum du Courrier d’Algérie
Le forum du Courrier d’Algérie accueillera, le 10 décembre à 10h30, Mohamed Saïd Musette, directeur de recherche au Centre de recherche économique appliquée pour le développement et spécialiste de la migration.

Radio algérienne
La Radio algérienne, avec la participation de
l’Onda, organisera, le 19 décembre à 16h au CIC d’Alger, la cérémonie de remise du prix du concours de poésie «Prix El Manara» dédié à la Grande-Msquée d’Alger.

Mechaâl Echahid
L’association Mechaâl Echahid, en collaboration avec le journal El Moudjahid, organise, le 10 décembre  à 10h, une conférence de presse animée par le moudjahid Saïd Bouraoui, président de l’Association du 11-Décembre-1960.

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