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La bataille d’Alger: les dix sept disparus de Ain-Benian
Samedi 22 Septembre 2018
Journal Electronique

Des profondeurs de leurs corps, jaillirent des cris et des larmes, ces femmes assistent aux arrestations de leurs maris, par les parachutistes. Elles ne les reverront plus jamais.

 

Les mains, jointes derrière le dos, des vas et viens incessants, elles arpentent couloirs et cours de leur maison, peur et résignation s’accouplent à la colère.

Elles ont entre vingt ans et trente ans, elles n’auront, même pas le droit au recueillement des cimetières. Nombre d’entre elles ne sont plus, aujourd’hui, de ce monde. C’est début mars 1957 qu’Ain-Benian (ex. Guyotville) subit les affres de la répression des parachutistes du général Jacques Massu. Il débarquait de Suez avec 8000 hommes, leur mission, démanteler l’organisation du FLN et en finir avec la zone autonome d’Alger. Ils avaient à combattre 5000 activistes et militants de la Zone Autonome d’Alger. Pour le Général, ses soldats bien entrainés ne lui suffisent plus. Avec les pouvoirs spéciaux de police que lui a confiée le gouvernement Français, il mobilise tout azimut de nombreuses troupes. Dans son livre, l’Algérie en guerre, Mohamed Teguia, recense les forces déployées. «Le neuvième zouaves, le treizième sénégalais, les artilleurs, les unités territoriales, les compagnies républicaines de sécurité, les gardes mobiles, les soldats du génie, ceux du train, les collaborateurs traitres, appelés « bleus de chauffe », les polices de toutes sortes, civiles et militaires, (D.S.T.) renseignements généraux, sureté urbaine, police judiciaire, sécurité militaire, police d’Etat, gendarmerie, 2ème bureau, 5ème bureau, que Massu habillera en tenue militaires, totalisant près d’une cinquantaine de milliers d’hommes». Ils vont s’abattre sur Alger et sa périphérie.

Issue du 17ème Bataillon du génie aéroporté (BGAP), la 60ème Compagnie du génie aéroporté (CGAP) rattachée à la 10ème Division parachutiste, base ses troupes à Ain-Benian, dans les locaux d’une ancienne Salaison. Ces parachutistes seront chargés, entre autres, de la traque, de l’interrogatoire, de la torture et de la liquidation de nombreux Fidayîn et militants d’Ain-Benian, agglomération rattachée à la région III de la Zone Autonome d’ Alger. Tous ceux, qui semblaient à leurs yeux, suspects, sont appréhendés. Rares sont les quartiers, bidonvilles et maisons qui ne sont pas assiégés de nuit, les meubles sont retournés, les maigres subsistances sont jetées à terre, menaces, injures et bastonnades, femmes et enfants ne sont pas épargnés, les hommes, par centaines sont arrêtés, certains sont libérés après quelques jours, d’autres dispersés dans les camps jusqu’à l’Indépendance.

Vivace, restera dans l’esprit des Ain-Benianis, la disparation de dix sept (17) des leurs. Une opération synchronisée et dont les crimes sont prémédités pour terroriser, marquer les esprits et faire de ce nombre, un trophée en souvenir des parachutistes de la 17ème BGAP. C’étaient de valeureux Fidayîn, pour la plupart la trentaine. Pour préserver leurs familles des représailles, ils ont combattu dans la clandestinité, l’hostilité du milieu urbain ne leur permettait aucun écart de comportement, c’était un cloisonnement total et c’est pour cela que leur parcourt de militant et de Fidayîn est peut connu dans la commune. Ainsi, Benrahmoune Rachid, Nacer Boualem, Haddad Saïd, Halouane Belkheir, Zerourou Mohamed, Lounis Ahmed, Boudaoui Mohamed, Ait Chérif Mohand Ameziane, Tannani Abdelkader, Nassou Mohamed, Lakehal Abdelaziz, Tannania Abdelhalim, Messaoudene Aissa, Allouache Abdelkader, Kadari Abdelkader, Hadj Abdelaziz, Adida Ali sont plutôt connus pour leur sacrifice suprême, pour que vive l’Algérie Indépendance. Une certitude, ils ont été torturés avant de disparaitre. La torture a été dévoilée et dénoncée durant la bataille d’Alger. Henri Alleg a été l’un des premiers à l’avoir mise à nue dans son livre «la Question». Mais la pratique de la torture a commencé au début de la guerre et n’a cessé qu’à l’Indépendance.

                                             Une cruauté sans pareille

La cruauté dont a fait preuve l’armée coloniale envers les Moudjahidine, Fidayîn et civils n’a d’égale que celle de la gestapo. C’était dans le mental de nombreux officiers et militaires coloniaux, de l’ordre de la paranoïa, après leur chute au Vietnam, l’obsession de perdre une deuxième guerre. Voici le langage tenu par le capitaine Oudinot, le bourreau des Ait Douala, à son supérieur: «Vous voyez, Monsieur le Ministre, ce drapeau qui flotte en haut du mât? Il est passablement défraichi, mais c’est un trésor que j’ai sorti ce matin d’une armoire en votre honneur. C’est le dernier drapeau qui a flotté sur le camp de mon groupement des commandos nord-Vietnam à Haiphong, avant qu’on nous donne l’ordre d’évacuer le nord. C’est le premier drapeau que j’ai hissé en arrivant ici, il y aura bientôt trois ans. Je revenais alors d’une guerre perdue…Alors une fois ça suffit, je ne perdrai pas une deuxième guerre…J’ai juré, et je ne suis pas le seul, que je n’amènerai pas une nouvelle fois nos couleurs, jamais, quoiqu’il arrive, même si vous m’en donniez l’ordre». Propos repris par Mohamed Arezki Mechiche dans son livre «Le capitaine Oudinot épinglé».

Grace à nos recherches, les noms des chefs de corps de la sinistre salaison de Guyotville sont connus, le capitaine Perrot, en poste du 1er octobre 1955 au 15 mars 1957 et la capitaine Marinelli qui prit le relai du 16 mars 1957 au 24 juin 1958. Ils avaient sous leur ordre, le sergent chef Claude Cadoret que ces chefs disent «animé de la rage de vaincre et à l’origine de la capture du groupe F.L.N. de Guyotville». Disons plutôt, fou de rage, fou face à un groupe de Fidayîn qui les défié, qui résiste, qui s’évade. Oui, Iguedjtal Mohamed dit Saïd et Bentalah Ahmed, dit Petit Rabah, réussissent à s’enfouir de ce sinistre lieu de la salaison et à rejoindre la Wilaya IV dans les monts du Zaccar.

Zenati Kamel, un rescapé des tortures, révulsé à ce jour par les affres endurés nous raconte son parcours de militant et de révolutionnaire. « La fibre Patriotique des Ain-Benianis était ancienne, de l'époque de l'Etoile Nord Africaine, de vieux nationalistes du PPA/MTLD ont fait un travail parmi la population, et c'est donc, très jeune, à 17 ans, que j’ai été forgé au militantisme. Au début de 1956 j’étais dans le groupe de Rachid Berahmoune, Allouane Belkheir était chargé de l’organisation et de la logistique, Nassou Mohamed était chargé de la Politique. Un jour, révolté par le comportement méprisable des Européens, un jeune se porta volontaire pour déposer une bombe sur l’une des plages de la Madrague, je suis prêt, comme kamikaze, laissez-moi faire. Rachid Berahmoune s’y opposa, il me dit, Kamel ! pense un peu aux représailles, aux rafles et si en débarquant dans un domicile, les paras tomberaient sur Abane, sur Ben M'hidi, c’est trop risqué. Les maquis manquent cruellement d’armes, de médicaments, d’informations, nous devons faire notre possible pour les aider. Nous vivons en milieu urbain, nous devons être très vigilants.

Dans la première semaine de Mars 1957 et plus exactement, à partir du trois, les premières arrestations ont commencé et durant plusieurs nuits, les paras basés à la caserne militaire "la

salaison" ont bouclé presque l’ensemble de notre groupe. Nous savions qu’il fallait résister, au moins, vingt quatre heures, aux tortures, mais certains d'entre nous n'ont pas tenus plus d’une heure, les sévices étaient insupportables, c'était horrible. Je me souviens de Soussane, un enfant de Rais-Hamidou à qui les militaires ont arraché les cinq ongles. Parmi notre groupe, dix sept n’ont plus revu la lumière du jour. Leur mort est une honte pour le Gouvernement de la France et on vient aujourd’hui nous parler des bienfaits de la colonisation. Après le démantèlement de notre groupe, la réorganisation de la résistance s’est faite autour d’Ali Matous, Rabah Bentallah, des cinq frères Zouagui, les actions n’ont pas cessées à Ain-Benian, la plus héroïque est celle du jeune Ali Mahieddine. Il a été lynché par la population Européenne. La commune de Ain-Benian recense quarante trois Martyrs parmi ces enfants. J’ai été arrêté le 3 mars 1957 et libéré en avril 1962 en pleine tourmente de l’O.A.S. Vous devez savoir que Hachiary, l’un des responsables de la Main rouge, précurseur de l’O.A.S, avait une résidence à Ain-Benian, la haine que vouait ces organisations aux populations Algériennes s’est transformée en tuerie. Ain-Benian a perdu de nombreux enfants durant cette période».

Nous commémorons, cette semaine, la résistance des fidayîn de la bataille d’Alger. Et n’est ce pas un grand honneur pour rendre hommage aux dix sept disparus de Ain-Benian et de vouer un grand respect à ceux qui sont encore de ce monde.

Larbi Ferhati (Cadre bancaire à la retraite)

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L'agenda

Radio algérienne
La Radio algérienne et en collaboration avec l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda) lance le prix du «Trophée de la poésie pour la description de la Grande mosquée d’Alger». Une conférence de presse sera animée par les membres du jury le samedi 22 septembre à 10h au centre culturelle Aïssa- Messaoudi

FFS
Le Front des forces socialistes organise, le samedi 22 septembre à 9h 30, au niveau de la mutuelle des matériaux de construction, Zeralda, (Alger) des assises sociales.

FLN
Le Front de libération nationale organise,le  samedi 22 septembr à 10h, à l’hôtel le Mouflon d’or Ben-Aknoun, une réunion avec les secrétaires des mouhafadha sous la présidence du SG du FLN, Djamel Ould Abbès.

 

Ministère de la Formation professionnelle
Le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki, effectuera, le dimanche 23 septembre , une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Relizane où il présidera les festivités d’ouverture de la nouvelle année de formation 2018/2019.

Ministère des Moudjahidine
A l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de la mort du chahid Zighoud Youcef, Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, effectuera, 22 et 23 septembre , une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Constantine.

Ministère des Moudjahidine
A l'occasion de la célébration du 62e anniversaire de la mort du chahid Zighoud Youcef,  le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, effectuera les 22 et 23 septembre une visite de travail et d'inspection dans la wilaya de Constantine

Ministère des Ressources en eau
Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, effectuera, le 22 septembre 2018, une visite de travail et d'inspection dans la wilaya d'Alger.

Ministère de la Jeunesse et des Sports
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, effectuera, 22  et 23 septembre, une visite de travail et d’inspection dans les wilayas de Biskra et Batna.

Ministère de la Santé
Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organise, le 24 septembre 2018 à 9h, au niveau de l’Institut national de santé publique, El Biar, Alger, une journée d’information sur la rage.

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 HCI

Sous le patronage du Haut-Conseil islamique et avec la collaboration de l’association Saafi, spécialisée dans la finance islamique, un colloque international sera organisé les 24 et 25 novembre au Palais de la culture, à Alger, sous le thème «L’assurance takafoul et son rôle dans le développement économique global».

FIBDA

Dans le cadre de la 11e édition du festival international de la bande dessinée d’Alger, le comité d’organisation organise, le 23 septembre 2018 à 11h, à la salle Frantz-Fanon, Oref, une conférence de presse.

Librairie l’arbre à dires

Maïssa Bey signe son nouveau roman. Après «Hizya» paru en 2015, l’écrivaine revient avec «Nulle autre voix». Elle sera le 22 septembre à la librairie L’Arbre à dires, à Sidi Yahia, pour la vente-dédicace.

Ministère de l’Industrie
Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, effectuera, les 24 et 25 septembre 2018 une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Batna.

Coupole Mohamed-Boudiaf

Le rappeur français d’origine congolaise, Gandhi Djuna, alias maître Gims, sera en concert le 28 septembre à 20h, à la coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf.


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