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Zohour Assia Boutaleb, à propos de l’Emir Abdelkader : «L’Emir n’est pas un personnage de marketing !»
Samedi 21 Juillet 2018
Journal Electronique

A l’occasion de la célébration du 185e anniversaire de la Moubayaa (allégeance) à l’Emir Abdelkader, sa descendante à la septième génération, Zohour Assia Boutaleb, a exprimé deux souhaits : que cette date soit décrétée journée nationale et que l’image de l’Emir ne soit pas exploité à des fins inavouées.     

Zohour Assia Boutaleb, a saisi cette occasion pour mettre les choses au point. En visite de courtoisie au journal Horizons, elle fait part de son opposition à ceux qui tentent de faire de l’Emir « un personnage marketing de surenchère ». Elle pointe du doigt une association «qui a fait récemment irruption» à Mascara et qui brigue la paternité du personnage de l’Emir.

«Cette association ne fait pas des activités en faveur de l’émir et de tout ce qu’il a entrepris. A Mascara d’ailleurs, on continue à cultiver une image de l’homme qui relève de mythes et non de faits réels», indique-t-elle. Son aïeul mérite mieux, soutient-elle, que de tomber dans « la platitude » des rencontres organisées autour de celui qui a fondé l’Etat moderne «grâce auquel ont émergé des leaders, des combattants qui ont donné leurs vies pour l’Algérie».

Pourtant, celui qui tint tête aux troupes coloniales pendant 15 années est parfois attaqué, à l’instar d’autres symboles de l’histoire de l’Algérie. Et dire  qu’il avait un trait de personnalité rare à son époque : il était démocrate. «Il a toujours agi en démocrate, appelant au vote, tempérant les ardeurs des uns et des autres, respectant les avis contradictoires, appelant à des élections libres, ne rejetant jamais un vote qui ne lui est pas favorable. L’émir en un mot, était en avance sur son temps, avait une vision lointaine de l’édification d’un pays, d’un état-nation», affirme son arrière petite-fille.

Au delà du combattant et de l’homme politique, il avait une  facette celle d’un adepte du soufisme. «S’il a gagné des batailles, c’est parce qu’il suivait les traces du prophète, que le Salut Soit Sur Lui.  Son humanisme, d’ailleurs, et sa défense des droits de l’homme, proviennent de là. Il était convaincu que c’est avec la religion qu’il pouvait vaincre», souligne-t-elle. Et c’est grâce au lettré qu’il était que le célèbre théologien Muhyi-d-dîn Ibn ’Arabi, considéré comme le pivot de la pensée métaphysique de l'islam, est connu aujourd’hui. «L’Emir a repris beaucoup de ses ouvrages et l’a fait connaitre. C’est grâce, à lui aussi, que le Saint Coran a été imprimé de part le monde», révèle-t-elle. C’est en découvrant l’impression de la bible dans une imprimerie qu’il a pensé à faire de même pour le Coran. En dépit des réticences de l’époque, il a réussi à convaincre sur l’importance de cette opération qui permettait la divulgation de l’islam dans le monde entier.

Un homme sobre

Mais ce que Mme. Boutaleb trouve attirant dans la personnalité de son aïeul, c’est son charme. «Ce n’était pas un homme d’apparat. Il habitait une Kheïma dans la sobriété la plus totale et son unique trône, c’était son cheval. Mais il était beau et charismatique.  Une comtesse  est allée le voir une fois, lui demandant s’il était normal qu’un homme ait quatre épouses. Il lui a répondu que si un homme avait devant lui une femme aussi belle, brillante et intelligente qu’elle, il pourrait s’en contentait d’une seule», raconte-t-elle.

L’Emir n’avait pas un harem de 100 femmes et épouses comme rapporté par des racontars. Il a épousé quatre femmes dont la première a été l’amour de sa vie. «On raconte, dans la famille, qu’il avait eu le coup de foudre pour sa première épouse, sa cousine lala Kheira, avant même de la demander en mariage. Ils se sont rencontrés par hasard sans savoir qui était l’un et l’autre. Lala Kheira était tellement sous le charme qu’elle a fait tomber son haïk», rapporte-t-elle. Les facettes de l’Emir sont tellement multiples, riches, qu’un seul ouvrage ou un film ne réussiront pas à traduire. D’ailleurs Mme Boutaleb ne rejette pas l’idée d’un film sur lui. A condition, toutefois, qu’il soit inspiré de faits historiques réels, qu’il se réfère aux historiens algériens et non aux versions du colonisateur. Elle évoque l’ancien projet de film sur l’Emir qui a été annulé, par la suite, après avoir fait l’objet d’une polémique. «Dans une conférence de presse, Philip Diaz, chargé du scénario du film, avait déclaré se référer aux déclarations des généraux français. Ce qui a profondément choqué mon père, qui était président de la fondation Abdelkader, ainsi que le gouvernement algérien d’ailleurs. On était contre ce projet dans ces conditions et on est content d’avoir eu gain de cause», dit-elle.

Elle a rappelé que depuis le transfert des cendres de l’Emir vers l’Algérie en 1966, le projet d’un film sur lui a émergé. Le président Houari Boumediene a fait appel, à l’époque, au célèbre réalisateur Mustapha El Akkad. «Mais le projet est tombé à l’eau à la mort de Boumediene. El Akkad avait prévu de relancer le projet et j’allais même le rencontrer aux Etats-Unis. Hélas, il est mort aussi à son tour. C’est grâce au président Bouteflika si le projet a été relancé encore une fois pas la suite. Mais c’est la présidence elle-même qui l’a, à juste titre, annulé», soutient-elle. Ce qu’elle espère aujourd’hui, c’est non seulement un film mais plusieurs qui retracent fidèlement la vie et l’œuvre de l’Emir. 

Un peuple menacé de génocide

Qu’on corrige aussi certains faits relatifs à l’Emir et qui sont enseignés dans nos écoles. «Ce qui est enseigné dans nos écoles sur l’Emir est vraiment minime.  On y évoque une réédition de l’Emir, ce qui est faux. Il a déposé les armes, c’est différent. Il la fait pour préserver son peuple menacé de génocide et pour que le combat soit poursuivi. Et c’est ce qui s’est passé», affirme-t-elle. Pour elle,  s’il y n’avait pas eu la résistance de l’Emir, il n’y aurait pas eu celles d’el Mokrani, de Bouamama, de Boubeghla, de fadhma n’Soumer et le 1er novembre 1954. Les enfants de l’Emir n’étaient pas du reste et ont poursuivi le combat dans tout le Maghreb. «L’Emir Sidi Mihieddine combattait avec el Mokrani, l’Emir Ai bacha avec Omar el Mokhtari, l’Emir Abdelmalek a combattu les espagnols au Maroc. Sans oublier l’Emir Khaled, le père du nationalisme en Algérie, et l’Emir Azzedine qui a combattu au Liban», note-t-elle.

Il y a encore du travail à faire, selon elle, sur la vie de l’Emir, sur ce qu’il a laissé derrière lui mais aussi sur l’Histoire du pays. Préserver le patrimoine national dont celui de l’Emir qui est à l’abandon. Faire la lumière sur ce qui reste caché, inexploité. «La fondation cours toujours après son agrément, depuis 2012. Mais elle ne s’arrête pas pour autant.  On travaillera d’arrache pied pour faire connaitre et défendre ce grand patrimoine universel qui est l’Emir et dénoncer l’opportunisme qui se fait autour de lui. On le doit à nous-mêmes et à nos générations futures», s’engage-t-elle. Elle confie que sa famille a fait don de tout ce qui restait de son aïeul, documents, lettres….à l’Algérie. Tout a été remis au musée de l’armée, précise-t-elle. «On déplore juste que tout ce don ne soit pas encore exposé et exploité alors qu’il remonte à des années», confie-t-elle.

Farida Belkhiri 

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Ministère de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, effectue, samedi et dimanche, une visite de travail dans la wilaya de Laghouat.

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Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels organise, jusqu’au 15 septembre, une caravane pour faire connaître le secteur.

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Le ministre du tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, présidera, dimanche, à   9h30, à l’hôtel El Djazaïr, une rencontre qui regroupera les acteurs du tourisme, les cadres de l’administration centrale et des institutions sous tutelle.

Ministère de la Santé

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organisera, le 23 juillet à 9h30, à l’Institut national de la santé publique (El Biar, Alger), une conférence de presse sur le moustique tigre.

Ministère des Travaux publics

Le ministre des Travaux publics et des Transports et le wali d’Alger effectueront, dimanche, à partir de 7h30, une visite de travail dans la wilaya d’Alger.

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