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Zohour Assia Boutaleb, à propos de l’Emir Abdelkader : «L’Emir n’est pas un personnage de marketing !»
Samedi 20 Octobre 2018
Journal Electronique

A l’occasion de la célébration du 185e anniversaire de la Moubayaa (allégeance) à l’Emir Abdelkader, sa descendante à la septième génération, Zohour Assia Boutaleb, a exprimé deux souhaits : que cette date soit décrétée journée nationale et que l’image de l’Emir ne soit pas exploité à des fins inavouées.     

Zohour Assia Boutaleb, a saisi cette occasion pour mettre les choses au point. En visite de courtoisie au journal Horizons, elle fait part de son opposition à ceux qui tentent de faire de l’Emir « un personnage marketing de surenchère ». Elle pointe du doigt une association «qui a fait récemment irruption» à Mascara et qui brigue la paternité du personnage de l’Emir.

«Cette association ne fait pas des activités en faveur de l’émir et de tout ce qu’il a entrepris. A Mascara d’ailleurs, on continue à cultiver une image de l’homme qui relève de mythes et non de faits réels», indique-t-elle. Son aïeul mérite mieux, soutient-elle, que de tomber dans « la platitude » des rencontres organisées autour de celui qui a fondé l’Etat moderne «grâce auquel ont émergé des leaders, des combattants qui ont donné leurs vies pour l’Algérie».

Pourtant, celui qui tint tête aux troupes coloniales pendant 15 années est parfois attaqué, à l’instar d’autres symboles de l’histoire de l’Algérie. Et dire  qu’il avait un trait de personnalité rare à son époque : il était démocrate. «Il a toujours agi en démocrate, appelant au vote, tempérant les ardeurs des uns et des autres, respectant les avis contradictoires, appelant à des élections libres, ne rejetant jamais un vote qui ne lui est pas favorable. L’émir en un mot, était en avance sur son temps, avait une vision lointaine de l’édification d’un pays, d’un état-nation», affirme son arrière petite-fille.

Au delà du combattant et de l’homme politique, il avait une  facette celle d’un adepte du soufisme. «S’il a gagné des batailles, c’est parce qu’il suivait les traces du prophète, que le Salut Soit Sur Lui.  Son humanisme, d’ailleurs, et sa défense des droits de l’homme, proviennent de là. Il était convaincu que c’est avec la religion qu’il pouvait vaincre», souligne-t-elle. Et c’est grâce au lettré qu’il était que le célèbre théologien Muhyi-d-dîn Ibn ’Arabi, considéré comme le pivot de la pensée métaphysique de l'islam, est connu aujourd’hui. «L’Emir a repris beaucoup de ses ouvrages et l’a fait connaitre. C’est grâce, à lui aussi, que le Saint Coran a été imprimé de part le monde», révèle-t-elle. C’est en découvrant l’impression de la bible dans une imprimerie qu’il a pensé à faire de même pour le Coran. En dépit des réticences de l’époque, il a réussi à convaincre sur l’importance de cette opération qui permettait la divulgation de l’islam dans le monde entier.

Un homme sobre

Mais ce que Mme. Boutaleb trouve attirant dans la personnalité de son aïeul, c’est son charme. «Ce n’était pas un homme d’apparat. Il habitait une Kheïma dans la sobriété la plus totale et son unique trône, c’était son cheval. Mais il était beau et charismatique.  Une comtesse  est allée le voir une fois, lui demandant s’il était normal qu’un homme ait quatre épouses. Il lui a répondu que si un homme avait devant lui une femme aussi belle, brillante et intelligente qu’elle, il pourrait s’en contentait d’une seule», raconte-t-elle.

L’Emir n’avait pas un harem de 100 femmes et épouses comme rapporté par des racontars. Il a épousé quatre femmes dont la première a été l’amour de sa vie. «On raconte, dans la famille, qu’il avait eu le coup de foudre pour sa première épouse, sa cousine lala Kheira, avant même de la demander en mariage. Ils se sont rencontrés par hasard sans savoir qui était l’un et l’autre. Lala Kheira était tellement sous le charme qu’elle a fait tomber son haïk», rapporte-t-elle. Les facettes de l’Emir sont tellement multiples, riches, qu’un seul ouvrage ou un film ne réussiront pas à traduire. D’ailleurs Mme Boutaleb ne rejette pas l’idée d’un film sur lui. A condition, toutefois, qu’il soit inspiré de faits historiques réels, qu’il se réfère aux historiens algériens et non aux versions du colonisateur. Elle évoque l’ancien projet de film sur l’Emir qui a été annulé, par la suite, après avoir fait l’objet d’une polémique. «Dans une conférence de presse, Philip Diaz, chargé du scénario du film, avait déclaré se référer aux déclarations des généraux français. Ce qui a profondément choqué mon père, qui était président de la fondation Abdelkader, ainsi que le gouvernement algérien d’ailleurs. On était contre ce projet dans ces conditions et on est content d’avoir eu gain de cause», dit-elle.

Elle a rappelé que depuis le transfert des cendres de l’Emir vers l’Algérie en 1966, le projet d’un film sur lui a émergé. Le président Houari Boumediene a fait appel, à l’époque, au célèbre réalisateur Mustapha El Akkad. «Mais le projet est tombé à l’eau à la mort de Boumediene. El Akkad avait prévu de relancer le projet et j’allais même le rencontrer aux Etats-Unis. Hélas, il est mort aussi à son tour. C’est grâce au président Bouteflika si le projet a été relancé encore une fois pas la suite. Mais c’est la présidence elle-même qui l’a, à juste titre, annulé», soutient-elle. Ce qu’elle espère aujourd’hui, c’est non seulement un film mais plusieurs qui retracent fidèlement la vie et l’œuvre de l’Emir. 

Un peuple menacé de génocide

Qu’on corrige aussi certains faits relatifs à l’Emir et qui sont enseignés dans nos écoles. «Ce qui est enseigné dans nos écoles sur l’Emir est vraiment minime.  On y évoque une réédition de l’Emir, ce qui est faux. Il a déposé les armes, c’est différent. Il la fait pour préserver son peuple menacé de génocide et pour que le combat soit poursuivi. Et c’est ce qui s’est passé», affirme-t-elle. Pour elle,  s’il y n’avait pas eu la résistance de l’Emir, il n’y aurait pas eu celles d’el Mokrani, de Bouamama, de Boubeghla, de fadhma n’Soumer et le 1er novembre 1954. Les enfants de l’Emir n’étaient pas du reste et ont poursuivi le combat dans tout le Maghreb. «L’Emir Sidi Mihieddine combattait avec el Mokrani, l’Emir Ai bacha avec Omar el Mokhtari, l’Emir Abdelmalek a combattu les espagnols au Maroc. Sans oublier l’Emir Khaled, le père du nationalisme en Algérie, et l’Emir Azzedine qui a combattu au Liban», note-t-elle.

Il y a encore du travail à faire, selon elle, sur la vie de l’Emir, sur ce qu’il a laissé derrière lui mais aussi sur l’Histoire du pays. Préserver le patrimoine national dont celui de l’Emir qui est à l’abandon. Faire la lumière sur ce qui reste caché, inexploité. «La fondation cours toujours après son agrément, depuis 2012. Mais elle ne s’arrête pas pour autant.  On travaillera d’arrache pied pour faire connaitre et défendre ce grand patrimoine universel qui est l’Emir et dénoncer l’opportunisme qui se fait autour de lui. On le doit à nous-mêmes et à nos générations futures», s’engage-t-elle. Elle confie que sa famille a fait don de tout ce qui restait de son aïeul, documents, lettres….à l’Algérie. Tout a été remis au musée de l’armée, précise-t-elle. «On déplore juste que tout ce don ne soit pas encore exposé et exploité alors qu’il remonte à des années», confie-t-elle.

Farida Belkhiri 

Santé

Environnement

Société

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

Ministère de la Justice

Le ministère de la Justice, en collaboration avec le Programme d’appui au secteur de la justice de l’Union européenne, organisera, les 28 et 29 octobre, à l’hôtel Sheraton-Club des Pins (Alger), une conférence nationale sur l’exception d’inconstitutionnalité.

Ministère de la Communication

Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, procédera, le 22 octobre à 18h, au CIC Abdellatif-Rahal (Alger), à la remise du 3e Prix du président de la République du journaliste professionnel.
Il sera procédé aussi à la baptisation de plusieurs structures sportives de noms de journalistes sportifs décédés.

Ministère de la Santé

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, effectuera, le 21 ocobre , une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Ghardaïa.

Le Centre hospitalo-universitaire de Tizi Ouzou organise les 24es journées médico-chirurgicales, les 14 et 15 novembre prochain, au niveau de l’auditorium de la structure hospitalière.

Ministère des Ressources en eau
Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, effectuera, le 23 octobre, une visite d’inspection dans la wilaya de Constantine.

Ministère du Tourisme et de l’Artisanat et ministère de la Communication

Dans le cadre du renforcement de la coordination et de la concertation entre les secteurs, le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessoaud, accompagné du ministre de la Communication, Djamel Kaouane, présidera, le 20 octobre  à 13h30, à la Safex (Alger), la cérémonie de signature d’une convention cadre entre les deux secteurs.

Ministère de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, effectuera, 20 et 21 octobre, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tiaret

Ministère de la Culture

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, effectuera, le 20 octobre ,

une visite de travail dans la wilaya de Sétif.

 Ambassade d’Italie
Dans le cadre du programme culturel «Italia, Culture, Mediterraneo», l’ambassade d’Italie en Algérie organise, le 6 octobre à 15h, le vernissage de l’exposition de Mimmo Jodice au palais du raïs d’Alger qui aura lieu du 7 au 27 octobre.  

HCI
Sous le haut patronage du Haut-Conseil islamique et avec la collaboration de l’association Saafi spécialisée dans la finance islamique, un colloque international sera organisé les 24 et 25 novembre au palais de la culture à Alger, sur le thème «L’assurance takâfoul et son rôle dans le développement économique global».


CHU de Tizi Ouzou
Le centre hospitalo-universitaire de Tizi Ouzou organisera, les 14 et 15 novembre en son auditorium, les 24es Journées médico-chirurgicales.

 Opéra d’Alger

L’Opéra Boualem-Bessaieh d’Alger accueillera, du 13 au 19 octobre, la 10e édition du Festival international de musique symphonique d’Alger. Ce grand rendez-vous annuel des symphonies universelles verra la participation de plusieurs pays dont l’Afrique du Sud, le Japon, l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Tunisie et l’Italie. La cérémonie d’ouverture se fera avec l’orchestre de l’Opéra d’Alger.

 Bati-Est-Expo

Le Salon international du bâtiment et travaux publics de l’est algérien se tiendra du 21 au 25 octobre au Palais de la culture Malek-Haddad de Constantine.

 Office national de la lutte contre la drogue
L’Office national de la lutte contre la drogue et la toxicomanie organisera, les 21 et 22 octobre, à l’hôtel Oasis, Hussein Dey (Alger), un séminaire de formation sur «les nouvelles approches en matière de prévention».

SILA 2018
A l’occasion de la tenue du 23e Salon international du livre d’Alger, le commissaire du salon animera le 22 octobre, à 10h30, à la Bibliothèque nationale, une conférence de presse.

BATI-EST-EXPO
Le Salon international du bâtiment et des travaux publics de l’est algérien se tiendra du 21 au 25 octobre au palais de la culture Malek-Haddad de Constantine.

SMA

Les Scouts musulmans algériens procéderont, le 20 octobre à 9h30, au camp des scouts Gherbi-Kamraoui, wilaya de Bouira, à l’ouverture officielle de l’année des scouts 2018-2019.

 

 

Forum d’El Moudjahid
L’Association Machaâl Echahid, en collaboration avec le quotidien El Moudjahid, organise le 20  octobre  à 10h, au Centre de presse d’El Moudjahid, une rencontre à l’occasion de la Journée nationale de la presse sous le thème «La presse durant la révolution, de journal de résistance au journal El Moudjahid».

Musée du Moudjahid

Le Musée national du moudjahid organisera le 22 octobre, à 10h, au Musée national du moudjahid et simultanément au niveau des musées du moudjahid à travers le pays, la 305e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération.

 

Entretien

    • Ali Mahmoudi, directeur général des forêts «L’économie forestière est un outil de développement»

      Entretien réalisé par Karima Dehiles 


      Le directeur général des forêts est revenu longuement dans cet entretien sur l’état des lieux du secteur. Ali Mahmoudi a égélement salué l’implication des populations dans la préservation du patrimoine sylvestre. Sur un autre plan, il a mis en exergue la contribution de l’exploitation des ressources forestières dans le développement local et national. Un segment à valoriser.

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