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Mort du jeune Ayache dans un puits artésien: chronique d’un drame inédit
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Dimanche 08 Décembre 2019
Journal Electronique

Crime, suicide ou chute accidentelle ? La mort du jeune Ayache Mahjoubi après une chute dans un tube (un cylindre traditionnel en métal) installé dans un puits artésien situé à 400 m du domicile familial, à Oum Echmoul, dans la wilaya de M’sila, continue de faire l’actualité, notamment sur les réseaux sociaux.

Sa mort a suscité l’émoi   des citoyens, qui n’avaient pas tardé à exprimer leur colère envers les autorités jugeant qu’elles n’ont pas mobilisé assez de moyens pour sauver le jeune infortuné. Toutefois, la Protection civile affirme le contraire, indiquant que ses hommes étaient confrontés à une situation inédite en Algérie. Par ailleurs, l’enquête menée par les services de la Gendarmerie nationale (GN) a totalement écarté la piste criminelle. S’agit-il alors d’une chute accidentelle? Si c’est le cas, comment le corps d’un jeune homme de 31 ans peut-il s’enfoncer dans un tube de 35 cm de diamètre ? Ayache Mahjoubi, berger et célibataire, connaissait bien l’emplacement du puits artésien d’une profondeur de 100 m. Il a été retrouvé coincé à 30 m de profondeur. Premier constat du médecin légiste : la victime n’est pas tombée tête en avant, comme c’est souvent le cas dans ce type d’accident. Second constat : elle était seul au moment des faits. Juste avant, Ayache Mahjoubi avait accompagné son frère Badis à l’étable de la maison. Les témoignages recueillis auprès de sa famille indiquent que c’est un enfant de passage qui a entendu les cris de la victime. Il a tout de suite alerté ses proches. Selon la Protection civile, ses unités ont reçu l’appel d’un citoyen vers 13h40 sur le numéro 14 signalant la chute d’un jeune homme dans un puits à Oum Echemel. «Nos éléments d’intervention étaient sur les lieux vers 13h56», a tenu à préciser le directeur de la coordination des secours (DOCS) à la Direction générale de la protection civile (DGPC), le colonel Fouad Lalaoui. Sur place, ils trouveront les frères de la victime. «Ayache demandait de l’aide et nous appelait, nous ses frères, pour le sauver», confie son frère Rabah, qui a assuré que Ayachi ne présentait aucun signe anormal dans la matinée. Mais pourquoi Ayachi insistait pour voir sa mère et lui demander «pardon». Que regrettait le jeune homme ? A-t-il tenté d’attirer l’attention de sa famille suite à un malentendu et n’a pas mesuré les conséquences de son geste ? Une chose est sûre, ses frères affirment qu’il ne s’agit pas d’un crime. «Sinon, il aurait dénoncé sur place l’auteur», se sont-ils contentés de dire, évitant tout commentaire sur sa vie privée, surtout que le jeune envisageait de se marier.

                                     Les raisons de la lenteur de l’intervention

Autre question, la Protection civile a-t-elle failli dans son intervention et l’organisation de l’opération de sauvetage de la victime ? «Le chef de l’unité de la PC de Béni Serrour, situé à 14 km du lieu de l’incident, accompagné de neuf agents d’intervention, une ambulance et un camion anti-incendie sont arrivés sur les lieux à 13h56, soit 16 minutes après la réception de l’appel de secours», affirme le colonel Lalaoui. Seulement les agents sont confrontés à un problème qu’ils n’ont jamais rencontré auparavant. Retirer un corps d’un puits traditionnel n’est pas compliqué, mais l’opération se corse quand il s’agit d’un boyau de 35 cm de diamètre. «C’est le premier incident du genre en Algérie», dira l’officier supérieur. Le DOCS, également directeur de cette opération, relève que sur les lieux, il a été procédé à un travail de reconnaissance en coordination avec des membres de la famille de la victime. En premier lieu, les secours ont lancé une corde pour repêcher la victime, toujours en vie. «Des agents de la Protection civile discutaient avec lui pour le rassurer», a indiqué le colonel. Mais l’opération n’a pas donné de résultats, à cause de la position de la victime, pratiquement collée au tube. «Avec les mains bloquées, il ne pouvait pas de tenir la corde. Il a tenté de le faire avec deux doigts libres mais il a échoué. Sa main droite était coincée sur le bassin et la gauche sur la poitrine», explique le DOCS. Le corps du jeune Ayache a pratiquement épousé la forme cylindrique du tube sans laisser le moindre vide, ce qui a également mis en échec la technique du repêchage par une gaffe marinière (manche munie d’un croc). La complexité de la situation a poussé les secours à recourir à d’autres moyens, notamment «creuser des paliers pour couper le cylindre». Mais là aussi, la démarche était risquée avec la remontée des eaux et la présence de la boue. Autre question : les moyens déployés étaient-ils suffisants ? «On a mobilisé les moyens nécessaires, à savoir des motopompes et des équipements pour creuser», indique l’officier supérieur, signalant que trois engins relevant de la Direction des travaux publics de la wilaya de M’sila ont été dépêchés sur le lieu vers 15h30. A cela s’ajoute une vingtaine d’engins dont certains ont été réquisitionnés par les services de la wilaya, a précisé le chef du cabinet du wali, Sofiane Guetloun.

«Ce n’est pas une question de moyens mais de techniques. C’est une opération très complexe», rétorque Lalaoui qui a également souligné que les agents des unités de la PC travaillaient par équipe. A une question sur les interventions des civils pour apporter aide et assistance, le DOCS est formel : «Aucune proposition ni sollicitation n’ont été rejetées. Nous nous sommes entretenus avec des techniciens spécialisés en hydraulique et ceux pratiquant ce genre de forage afin d’appréhender la nature du terrain. Nous avons également rencontré des connaisseurs en forage, d’autres ont proposé des solutions sans prendre en considération le volet sécuritaire et certains cherchaient seulement à se mettre en valeur. Nous avons présenté le schéma élaboré par la PC, et c’était le plus correct et le plus juste.» Selon lui, des ingénieurs de Cosider se sont déplacés et ont approuvé le plan de la Protection civile. Le DOCS a précisé que le recours au creusement manuel n’a pas été fait, faute de moyens. «Nous n’avons pas utilisé de marteau-piqueur pour éviter les vibrations et donc le risque d’effondrement.» La mort du jeune Ayache a été annoncée par le colonel Lalaoui sur le lieu de l’incident au 5e jour de l’opération, à savoir le dimanche 23 décembre, mais selon le rapport du médecin légiste, Ayache est décédé bien avant. «Nous avons perdu contact avec lui mercredi vers 12h. Nous avons constaté qu’il y avait une absence de chaleur dégagée d’un corps encore en vie par la caméra thermique qui avait permis auparavant la localisation de la position de la victime. Il ne parlait pas.

Les conditions n’étaient pas favorables. Il faisait très froid notamment avec le contact avec le métal. Nous avons tout d’abord alerté sa famille, son père et ses frères qui ont fait preuve de patience et étaient dignes dans leur douleur, mais ont exprimé leur vœu de retirer le corps en entier», souligne le colonel. Chose faite le dimanche, soit neuf jours après sa chute.

                           L’urgence de recenser les puits abandonnés

Le chef du bureau de l’information auprès la DGPC, le capitaine Nassim Bernaoui, a tenu à expliquer qu’il ne s’agit pas de «repêchage d’un corps mais de sauvetage d’une personne, et la priorité était de préserver la vie de la victime». Lors de cette opération, plusieurs agents de la PC ont été blessés dont deux hospitalisés. «Ils ont refusé la relève et travaillé sans relâche, de façon ininterrompue parce que notre devise est de sauver les vies humaines», relève-t-il.L’officier a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience après ce drame. «La priorité actuellement est d’éviter d’autres incidents mortels notamment chez les enfants et les bergers. Il est urgent de procéder au recensement des puits des particuliers notamment artésiens et anarchiques», a-t-il soutenu. Le jeune Ayache a été enterré sans incident. Le père avait appelé au calme le jour de l’enterrement de son fils.

Neïla Benrahal

Santé

Environnement

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Sciences et Technologies

L'agenda

Ministère de l’Energie

Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, procédera, le 08 décembre , à 8h30, au ministère, à l’ouverture des travaux de la rencontre entre la Creg et les opérateurs dans le domaine.

Ministère de l’Enseignement supérieur

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Tayeb Bouzid, présidera, le 07 décembre , à 8h30, au siège du ministère, les travaux de la conférence nationale des universités.

Ministère des Finances

Le ministre des Finances, présidera,  le 08 décembre , à 9h30, au siège du ministère,une rencontre portant sur le plan d’action de la Direction des impôts.

Sonelgaz

La Société nationale de l’électricité et du gaz organisera,  le 07 décembre, à 8h, au centre de formation de l’IFEG de Ben Aknoun (Alger), la 24e journée de l’énergie sous thème «la révolution électrique verte, un challenge pour Sonelgaz».

Ministère de la Solidarité

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia, présidera,  le 08 décembre, à 9h, au Centre national des études de l’information et de la documentation (Alger), l’ouverture d’une journée d’étude sur les conséquences des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur les relations familiales.

Commission pour l’éducation, la science et la culture

La Commission nationale algérienne pour l’Unesco organisera,  le 07 décembre, à 10h, en son siège, une conférence sur le thème des valeurs éthiques de l’intelligence artificielle, animée par Ahmed Benzelikha.

APRUE

L’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie organisera, le 9 décembre, à l’hôtel Radisson Blu (Hydra, Alger), un séminaire sur l’efficacité énergétique des équipements électroménagers.

Musée du moudjahid

Le Musée national du moudjahid organisera, le 9 décembre, à 10h, la 421e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération nationale.

Musée des beaux arts

A l’initiative de l’ambassade d’Espagne à Alger, de la Royale académie des beaux arts de San Fernando et de l’Institut Cervantès d’Alger, une exposition, intitulée «Goya physionomiste», en hommage au peintre et sculpteur espagnole Goya, se tiendra jusqu’au 15 décembre prochain au Musée des beaux arts d’Alger.

Ambassade de la RASD

L’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique organisera, du 19 au 23 décembre, les travaux du 15e congrès du Front Polisario.

Don de sang
La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

 

 

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