Juristes et sociologues : Eviter les conflits identitaires
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Vendredi 10 Juillet 2020
Journal Electronique

La décision du président de la République d’élaborer un texte criminalisant toute forme de racisme, de régionalisme et de discours de haine a été saluée  par des juristes et politologues. Selon eux, une loi criminalisant ces dépassements est nécessaire pour protéger le pays contre d’éventuels passages à l’acte. 

Pour le sociologue Mohamed Taïbi, le recours d’Abdelmadjid Tebboune à cette décision prouve que la situation est devenue critique. «Les sociétés en crise ressemblent à des volcans, parfois elles vomissent tout ce qu’il y a de mauvais dans leur profondeur. Certainement, le chef de l’Etat a senti cette tendance agressive dans les mots et les discours. Souvent, ces derniers sont annonciateurs de violence et de tensions fratricides entre les structures du monde social algérien», souligne-t-il. Toutefois, Taïbi signale que l’élaboration de lois contre ce phénomène, même si elle est nécessaire, ne règlera pas tout. «Il faut légiférer tout en pensant à une stratégie globale, car le domaine symbolique et culturel est difficilement cernable par la loi. On n’est pas devant des conflits de subjectivité. Je pense que les réseaux sociaux sont la matrice de cette expression publique de la haine. Au sein de la société algérienne dans toute sa diversité, il n’y a pas un état de haine prononcé comme sur la Toile. D’où le besoin de diriger cette loi contre ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour cultiver l’animosité», soutient-il notant qu’aujourd’hui, des tendances veulent puiser dans ces subjectivités pour en faire justement des identités. Et d’affirmer : «Les réseaux sociaux sont manipulés par des écoles idéologiques occultes qui aiment faire de ces petites subjectivités une culture de tension permanente dans la société. C’est ce que le pays doit éviter à travers cette loi. Il ne doit pas tomber dans les dangereux conflits identitaires par les mots et les discours. Cette loi est nécessaire donc comme procédé légitime de lutte contre les déviances racistes et xénophobes».

Les élites devant leurs responsabilités
D’après lui, cette loi doit être murement réfléchie pour constituer le prélude à une double stratégie. «De plus, il faut mettre les élites du pays devant leurs responsabilités. Entre le négativisme amazigh et arabe, c’est le pays qui est perdant», juge-t-il. Dans ce sillage, le sociologue se dit convaincu que le ministère de la Culture a failli à sa mission. A ses dires, le vide culturel que nous vivons est la responsabilité de ceux qui ont géré ce domaine. Taïbi estime, de ce fait, que la situation est «alarmante, voire menaçante», car «beaucoup veulent préfabriquer des identités en puisant dans les discours de la haine». Le politologue Idriss Attia relève, lui aussi, que la diffusion de ce communiqué de la part de la Présidence est une preuve éloquente que la situation est dangereuse. La cause ? «Le hirak a engendré des rituels étranges et étrangers à notre société, à l’exemple du drapeau amazigh exhibé en remplacement de l’emblème national, avec une arrière-pensé hostile et violente. Ce qui n’est pas du tout toléré par la loi algérienne.» Attia n’a pas omis aussi d’évoquer la fête de Yennayer qui a remis au goût du jour «ces pratiques malsaines» n’ayant aucun lien avec les principes de notre religion. «Des tendances affichent clairement leur refus de la dimension amazigh de l’Algérie, alors que d’autres veulent se l’approprier pour en faire un fonds de discorde», affirme-t-il. Le Président, explique-t-il, «est intervenu pour cerner toutes les formes de violence symbolique ayant pour but d’empoisonner le corps de l’Algérie». Attia regrette le fait «que les résidus du colonialisme français soient toujours de mise. Preuve en est, la politique de diviser pour régner est largement usitée ces jours-ci».

Révision du code pénal
Du coté des juristes, Me Farouk Ksentini insiste sur la nécessité de légiférer par des textes spécifiques en vue de réprimer ce phénomène. Condition requise : «ces textes doivent être sévères afin de se prémunir contre ceux qui se livrent à ce discours dans le but de porter atteinte à l’unité nationale et au moral du citoyen». L’avocat a plaidé pour des sanctions pénales rigoureuses pour «neutraliser les réseaux sociaux», soulignant que des parties utilisent le hirak comme une couverture pour semer la fitna entre les Algériens. Ce qui est «inadmissible et éminemment dangereux». Amer Rekhila, spécialiste en droit constitutionnel, propose, à ce titre, de procéder à l’amendement du code pénal au lieu d’élaborer un nouveau texte, d’autant plus qu’il s’agit d’un phénomène difficilement maîtrisable, car il se produit sur une Toile maîtrisée par des centres internationaux. Selon lui, cette décision vise à moraliser les rapports ainsi qu’à mieux cerner le hirak. Pour l’avocat Nadjib Bitam, «le chef de L’Etat a joué la carte de l’anticipation avant le débordement de la situation». Rappelant que d’un point de vue légal, il n’existe pas de textes sanctionnant ces phénomènes nouveaux apparus sur les réseaux sociaux, Me Bitam a tenu à préciser cependant que la décision de Tebboune «est loin d’être une atteinte aux libertés individuelles», faisant savoir que ce genre de lois existe déjà dans d’autres pays tels que la France, le Canada et les Etats-Unis. Il suffirait cependant, selon lui, «d’intégrer trois ou quatre articles nouveaux dans le code pénal pour régir ces incitations au racisme et à la violence au lieu de procéder à la création d’une loi indépendante». Quant aux sanctions envisageables, il a parlé d’emprisonnement et d’amendes en fonction du délit.
 Karima Alloun Kordjani

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